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L?hymne national en version créole

16 mars 2005, 00:00

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Les moins jeunes d?entre nous n?ont pas oublié la tempête dans un verre d?eau, de mars 1982, concernant la politisation à haute dose d?une version créole de l?hymne national programmé pour être rendue publique en pleine célébration du 12 mars, tempête suffisamment décisive pour provoquer une scission au sein du MMM, après avoir mesuré la largeur du fossé séparant irréductiblement l?idéologie progressiste mais quelque peu aventuriste de l?aile pure et dure du MMM et l?opportunisme et le pragmatisme inspirant par à-coups le PSM d?Harish Boodhoo, dans un premier temps, puis le MSM d?Anerood Jugnauth, ensuite. L?on se souvient moins d?une version créole antérieure de notre glorieux Motherland. Cette version est chantée par un éminent religieux dans une de nos écoles montagneuses n?ayant pas encore ?marché vers le large?. Elle est plutôt approximative et fort incomplète mais compréhensible par tous. Elle possède par conséquent ce qu?il faut pour troubler au plus haut point les légalistes, conservateurs, réactionnaires et autres empêcheurs de danser en rond. Où allons-nous si n?importe qui est capable de comprendre les moindres paroles de notre hymne national, fragrance comprise ? Voici cette version en créole phonétique de l?époque;-?Morisiyê Morisiyên/ Nu bizé mars lamé dâ lamé/ Pu prospérité/Pu boner lepep/ Pu batir ên nasiô/ Nu korpere/ Nu travay dir/ Dâ lazistis ek liberté/ Moris nu pei/ Nu zoli ti pei/ Nu fier nu viv isi?.

Cette version prophétique de notre hymne national en créole nous renvoie aussi à un Seewoosagur Ramgoolam qu?on ne savait pas prophétique au point de prévoir la fin des difficultés économique nationales d?ici à 1982. Dans son avant-dernier discours à la nation en tant que Premier ministre, il promet à son peuple ?Nous en aurons terminé avec nos difficultés d?ici à 1982.? Entre-temps, il faut de la patience, une réorientation des affaires économiques et sociales et assurer la stabilité sociale. Il est vrai qu?il suffit parfois d?un changement de locataires à l?Hôtel du gouvernement pour que les choses changent du tout au tout. C?est d?ailleurs ce qui nous permet d?espérer de voir plus clair d?ici la fin de l?année.

Un autre docteur en politique, Krishnalall Coonjan, se laisse aussi aller à de virulentes critiques, non contre la presse (il est trop fin pour se laisser aller à un tel aveu de faiblesse) mais contre son ancien parti, le MMM (ce qui est moins glorieux). Il est d?avis que les hindous ne peuvent travailler avec lui. Ils doivent s?en méfier. Il prédit à ses coreligionnaires demeurés dans l?antre du militantisme qu?ils subiront tôt ou tard son sort. Ils feraient preuve d?un plus grand courage en démissionnant sur le champ plutôt que de devoir se comporter en béni-oui-oui impotents. Ses problèmes avec la hiérarchie mauve commencent le jour où il lui propose la nationalisation des banques. Il parvient, en dépit de manigances innombrables, les unes plus hostiles que les autres, à se faire élire au comité central. On l?accuse de communalisme pour avoir négocié l?apport électoral de dirigeants de sociétés religieuses. Ses interventions au Parlement gênent également le politburo mauve. Le whip du MMM obtient alors le pouvoir de décider qui peut intervenir sur un projet de loi donné, pouvoir contrôlé bien sûr par la direction mauve. Les colonnes de l?organe du parti lui sont bien sûr refusées, sans égard pour sa fonction de vice-président du MMM.

Il devient encore plus indésirable quand il se met à poser des questions impertinentes concernant les dépenses financées par un don de Rs 1,4 million, provenant d?un pays étranger. Sur ce, survient l?épisode d?une conférence à Madagascar des partis progressistes de l?océan Indien. Il doit y représenter le MMM avec Paul Bérenger. Ses questions concernant la non participation d?aucun parti indien ou sri lankais dérangent. Il apprend alors qu?il n?est plus partant pour Madagascar. Il sait alors que ses jours au sein du MMM sont comptés et il préfère s?en aller avant d?être bouté hors du parti.

Il conclut que le MMM n?est pas un parti mais un ramassis d?agents de l?étranger et d?assoiffés du pouvoir. Il se fait fort de préparer des dossiers qu?il promet accablants contre les militants à la solde de pays étrangers. L?absence ultérieure de toute publication dénonçant la présence d?espions au service de pays étrangers au sein du MMM nous contraint à conclure que le Dr Coonjan n?a jamais trouvé de matière suffisante pour publier, ne serait-ce qu?un chapitre de son entreprise de dénonciation publique et que, jusqu?à nouvel ordre, son entreprise reste au stade des pieuses intentions sans lendemain.

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