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Julich, de retour de nulle part
L?histoire de Bobby Julich, vainqueur dimanche de Paris-Nice, est exemplaire. Près de sept ans après avoir atteint le podium du Tour de France, le coureur américain a remporté à 33 ans la plus belle victoire de sa carrière. Il peut aussi se vanter d?être le premier de son pays à s?imposer sur la Promenade des Anglais.
Même s?il n?a jamais disparu de la circulation, il faut parler à son propos d?une résurrection. Son parcours depuis sa troisième place dans le Tour de France a ressemblé à une traversée du désert et cela lui parut tellement long qu?il a imaginé mettre un terme à sa carrière.
Sur cette période de doute, Bobby Julich se montre lucide et honnête. ?J?ai fini troisième d?un Tour de France mais aujourd?hui je dois dire que je n?étais pas prêt à cela. Je n?étais pas encore un coureur stable et je ne méritais pas un tel résultat rendu possible par l?abandon, en pleine affaire Festina, de quelques favoris.?
?Evidemment, en 1999, je voulais confirmer, démontrer que j?étais capable de faire la même chose. Il y a eu une très grande attente de la part de mon équipe Cofidis mais elle s?y est mal prise?, continue-t-il.
?Elle me traitait comme un néo-pro mais je méritais bien plus d?attention. C?était difficile parce que l?équipe ne fonctionnait pas seulement pour moi. Puis je suis tombé dans le contre la montre de Metz, j?ai abandonné. C?était le début des ennuis??
Bobby Julich n?est pas resté chez Cofidis et a rejoint le Crédit Agricole de Roger Legeay. Où il n?a rien fait de génial même s?il a su y laisser de bons souvenirs.
?Il n?y a pas grand chose à dire?, assure Roger Legeay, ?mais je dois reconnaître que dans notre victoire dans le contre-la-montre par équipes du Tour de France 2001 à Bar le Duc, lui revient une grande part. Il avait été fabuleux. Puis il a fini dix-huitième à Paris. Ce n?était pas mal mais ce n?est pas non plus ce que nous attendions de lui.?
Roger Legeay a donc fait l?économie d?un gros salaire et Bobby Julich a rejoint la Deutsche Telecom, pour deux ans, et il a sombré. Aucun résultat pendant deux saisons.
?J?ai reçu fin 2003 l?offre de CSC et je savais que c?était la dernière chance que j?avais de relancer ma carrière, la dernière chance qui m?était donnée de pouvoir regarder au fond de moi-même?, se souvient-il.
?J?avais besoin de ce challenge et c?est tout bête, j?ai simplement retrouvé le moral et la confiance. Je ne fais pas ce sport pour collectionner des victoires mais pour le plaisir.?
Chez CSC, il semble avoir trouvé avec le manager Bjarne Riis le discours dont il avait besoin.
?Je ne veux pas parler de ceux qui n?ont pas su obtenir de Bobby Julich les résultats qu?il obtient chez nous, mais je peux dire qu?il est un gros travailleur. Pour moi, avant le prologue, Bobby était le leader de l?équipe. Il m?a donné raison?, note le Danois.
Sans gagner une seule étape, l?Américain succède donc au palmarès à son ancien équipier Jorg Jaksche, et signe la paix avec lui-même.
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