Publicité

Elle est? bleue la vallée !

14 mars 2005, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Et l?enfer vert leur a souri? Dans ce Lansdowne Road au charme inimitable, l?équipe de France, qui n?avait plus vaincu à Dublin depuis 1999 et l?histoire d?un succès (10-9) peinturluré ? ah ce crâne de Keith Woods repeint en bleu ! ? a su profiter du moment et se remplir les mirettes de ce paysage désuet. Comme si ces Bleus avaient choisi, pour cette dernière historique, de jouer sur l?Eire des lampions plutôt que d?une marche funèbre inappropriée.

Resserrés autour d?un chêne nommé Pelous, les Tricolores ont éteint samedi tous les rêves d?Irlande. La perspective de disputer dans une semaine une véritable finale à Cardiff face aux cousins gallois s?est évanouie pour une équipe du Trèfle qui, face à son destin et à l?encombrant souvenir du Grand Chelem de 1948, s?est une nouvelle fois décomposée, confirmant au passage sa fébrilité dans les grandes occasions.

Dominici en grand frère

Ils l?avaient annoncé. Ces Bleus, désireux de cultiver les belles promesses de jeu affichées il y a deux semaines face aux Gallois, ont fait sauter le verrou vert d?une manière imparable. Dans ce Lansdowne Road baigné de soleil pour l?occasion, même invité à disputer la première période face à un vent plus que contraire, le XV de France déroulait la panoplie adéquate. Campés solidement sur leurs fondamentaux, conquête, possession, jeu au pied, les Tricolores répondaient du tac au tac aux pénalités abandonnées par Sébastien Bruno ou Yann Delaigue à la botte experte de Ronan O?Gara (7e, 17e, 25e). Un drop de Delaigue (3e) et deux coups de pied millimétrés de Dimitri Yachvili gardaient la maison bleue debout.

Un édifice fringant, aux fondations solides et où l?envie de jouer au soleil se faisait sentir avec de plus en plus d?insistance. Déjà, dès le coup d?envoi, Julien Laharrague avait pris la clé de ce pré verdoyant pour se faufiler jusqu?à l?aile droite et parvenir cette fois à servir Christophe Dominici (3e). L?arrière corrézien s?offrait même un débordement sur sa majesté O?Driscoll en personne, prélude à une attaque en première main de toute beauté au c?ur de cette première période. Laharrague trouvait à l?intérieur un Cédric Heymans astucieusement exilé de son aile gauche avant que l?ailier toulousain ne serve Dominici pour son 17e essai en bleu (9-11, 28e).

Une claque terrible pour un collectif irlandais incapable de profiter de l?avantage du vent et rejeté à la dérive par des Français intenables. Une touche captée par Yannick Nyanga, dont on aurait juré qu?il avait déjà une bonne dizaine d?Irlande-France au compteur, et la paire de centres toulousaine pouvait entrer en piste. Jauzion au service pour un Benoît Baby lancé dans une prise d?intervalle magistrale et dont la course de cinquante mètres s?achevait dans l?en-but irlandais (9-18, 32e).

Neuf points d?avance à la pause et la perspective d?une seconde période à disputer vent dans le dos : Bernard Laporte pouvait à la mi-temps s?estimer ?fier? d?avoir vu ses joueurs accomplir pareille performance dans un contexte réputé aussi difficile. Et si, au retour des vestiaires, O?Gara réduisait l?écart (12-18, 46e), ce XV de France en gardait encore sous le pied à l?image de Nyanga, lancé par un Pelous en position d?ouvreur et qui, juste avant sa sortie, régalait d?une course tranchante et d?un coup de pied à suivre qui n?échouait qu?à un mètre de la ligne irlandaise (54e).

Mais Lansdowne Road ne pouvait décemment pas fermer ses portes sans vivre sa traditionnelle révolte irlandaise. Elle s?organisait, d?abord repoussée par ce sauvetage in extremis de Dominici (67e) dans son en-but, puis concrétisée sur l?inévitable 27e essai de Brian O?Driscoll en sélection, profitant du placage raté de Frédéric Michalak tout juste entré en jeu (19-21, 73e). La pénalité préalable réussie par Yachvili (12-21, 60e) valait de l?or. Après la victoire à un point de Twickenham, les 9 000 supporters tricolores retenaient leur souffle avant d?être délivrés par ce doublé de Dominici, servi par Sylvain Marconnet suite à la rapine du siècle, mais on ne peut plus licite, perpétrée par Serge Betsen dans les bras d?O?Driscoll en personne. Du grand art !

■ L'Angleterre sauve l'honneur

Le XV de la Rose a enfin gagné une rencontre dans le Tournoi des six nations face à l?Italie (39-7) samedi à Twickenham. À noter les trois essais de l?ailier anglais Marc Cueto au cours d?un match où l?Angleterre aura alterné le moyen et le moins bon à l?image d?un Charlie Hodgson convaincant dans la conduite du jeu mais une fois encore défaillant au pied. L?Italie affrontera la France pour le dernier match alors que les Anglais accueilleront l?Écosse.

■ Le Pays de Galles facile

L?équipe de Galles a facilement disposé de l?Écosse, à Murrayfield (22-46). Flamboyants durant la première période, les Gallois ont géré tranquillement leur avance après la pause en inscrivant au total six essais. Sur la lancée de sa prestation face à la France, le Pays de Galles a ébloui le public de Murrayfield durant une première période de toute beauté. Aidés aussi par une défense écossaise inexistante, les Gallois marquaient cinq essais par Morgan (2), Shane Williams, Rhys Williams et Ryan Jones. Et après un nouvel essai de Rhys Williams en tout début de deuxième période, le public écossais voyait enfin ses protégés se réveiller alors qu?ils étaient menés 3-43. Craig, Lamont et Paterson franchissaient par trois fois la ligne d?en-but galloise pour rendre la défaite un peu moins cuisante (22-46).

Publicité