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Shirin Joomun, féministe engagée
L?islam, la politique, une femme musulmane. Trouvez l?intrus.
C?est ?une femme musulmane qui fait de la politique active à Plaine-Verte.? C?est ainsi qu?elle se définit elle-même. ?Je suis femme, je suis musulmane et je fais de la politique active.? Avouons que l?entreprise est de taille pour passer à côté. Non pas parce qu?on traverse une époque où il fait bon à tous les partis politiques d?ouvrir leurs bras pour accueillir les femmes, mais parce que la femme est censée actuellement recevoir toute la gloire méritée d?une célébration mondiale. Et le courage exemplaire de cette femme militante qui a su, par son courage et détermination briser la glace mérite, d?être saluée indépendamment de sa couleur politique.
Shirin Joomun, née Munglah, aujourd?hui ?la miss? pour tout le monde, est une habitante de Plaine-Verte dès sa naissance. Après ses études secondaires, elle accepte en 1976 un poste d?enseignante au collège Madad-Ul-Islam qu?elle occupe depuis. Attirée, dès le début de sa carrière professionnelle par le social, elle commence réellement à s?engager en tant que travailleuse sociale en acceptant de travailler, en 1976, comme secrétaire pour la Young Sisters Association avant d?occuper le poste de présidente du Mouvement Féminin de la Plaine-Verte. Aujourd?hui, elle est présidente de la Sunnee Ladies Association et vice-présidente de la In-Celebration of Woman ? Mauritius.
L?objectif de Shirin, à travers son engagement politique, est de briser cette tendance à croire qu?une femme musulmane est définitivement bannie de la politique active. Selon elle, ?certains mouvements religieux qui ont une conception traditionnelle de la femme s?oppose à l?idée que celle-ci fasse de la politique.? Sa lutte est, de ce fait, un engagement en faveur de la séparation nécessaire de la religion et de la politique. Il existerait un rapport triangulaire entre la femme, la politique et la religion, qui redéfinit maladroitement la place de cette dernière dans la société des hommes. C?est ce rapport, faussé dès le départ, qu?il faut à présent briser. ?Si la politique s?intéresse à la femme, celle-ci doit faire et doit pouvoir faire de la politique, indépendamment de ses origines, de sa couleur, de sa religion. D?ailleurs, de nos jours, beaucoup de femmes travaillent. Elles sont forcément politisées?, affrme-t-elle.
Membre exécutif d?un important parti politique, Shirin consacre beaucoup de son temps à des réunions, souvent nocturnes. Elle se souvient encore de ce jour où sa première apparition à une réunion politique avait poussé certains hommes musulmans à se lever et à quitter le lieu en protestant que ce n?était pas l?endroit prévu pour une vraie femme musulmane. Aujourd?hui, les m?urs ont quelque peu évoluer, même si l?on sent encore l?influence d?une école de pensée qui n?accepte toujours pas cette modernité. Shirin n?est cependant pas une révoltée de sa propre religion. Bien au contraire, elle avoue être venue à la politique seulement après avoir reçu le consentement de son guide spirituel pakistanais, feu le Maulanah Noorani. Ce dernier lui avait fait comprendre qu?il faut bien une femme musulmane pour défendre la communauté musulmane.
Encouragée par ses proches et amis, par toute sa famille (ses trois enfants et son mari), Shirin incarne aujoud?hui l?image de la femme active et responsable que toutes les organisations féministes auraient aimé avoir en leur sein.
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