Publicité

Mahébourg jubile !

14 mars 2005, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

La satisfaction se lit sur les visages exténués. Les célébrations nationals du 12 mars à Mahébourg prennent fin. A la cérémonie protocolaire, samedi, sur le front de mer, succède la fête populaire, pour le plaisir des milliers de personnes présentes. Un juste dosage de défilés, de feux d?artifice féeriques et d?un concert réussi.

En déplaçant ces festivités à Mahébourg, l?Etat a réussi son pari de régionaliser les célébrations. Le Conseil des ministres, hier, a pris note du succès enregistré. Dans cette optique, il se pourrait que le 12 mars 2006 soit célébré à Grand-Baie.

De 18 heures à 22 heures, samedi, Mahébourg est pris d?assaut par un vaste essaim de Mauriciens, venus du Sud en majeure partie : couples, familles et groupes. Pour assister à des spectacles inédits sur un front de mer transformé en estrade. Dès l?arrivée sur le Water- front, le spectateur est attiré par une scène, simple et symbolique : une quarantaine de pirogues, à la voile quadricolore, glissant sur l?eau calme de la baie. Un décor nouveau où se déroule la cérémonie officielle : parades, lever du drapeau à 18 heures, ballet harmonieux des hélicoptères et des ?Dorniers?, spectacle ayant la mer pour thème, et le bouquet final.

Des feux d?artifice féeriques, dix minutes de délice visuel, tiennent leur monde en haleine. Les étincelles, rouges, bleues, jaunes et vertes, filent vers le ciel gris. Elles se séparent. Les unes explosent, créant des cercles éphémères, d?autres retombent en forme de palmiers. Des pluies d?étoiles filantes, à la traîne orangée, tombent sur la surface calme de la mer. Aux crépitements et explosions s?ajoute une musique tout aussi exubérante: les ?Quatre saisons? de Vivaldi et ?Carmina Burana? de Carl Orff.

Une de pyrotechnie qui succède à un non moins saisissant spectacle où le peuplement de Maurice est conté. Texte en créole signé Carlo de Souza, avec les percussions de Menwar et Naden Veerapen, où les roulements de tambours fusionnent avec les battements de djembé et de tablas, accompagnant une chorégraphie de Patrick Athow, Indiren Mooneesamy et Sandhya Mungur.

Alors que les invités se retirent, dans leurs berlines rutilantes, l?attention se porte sur une autre estrade, à l?extrémité de l?esplanade, pour le concert populaire. Des artistes locaux et régionaux, tels que Claudio Veeraragoo, OSB, Ton Vié, Natir et Bhojpuri Boys maintiennent le rythme, incitant les clameurs.

Le spectacle n?est pas que sur l?esplanade. Pour alimenter une telle foule, les marchands, à la lumière de bougies, sont au four et au moulin proposant bryani, beignets, boulettes, grillades, faratas et confits de fruits. Une restauration rapide, à consommer sur place, dans les abribus de la gare routière, à même le gazon, proche de la scène.

Ils sont nombreux à s?installer sur les plates-bandes, sirotant une bière, mâchouillant un amuse-gueule. A l?instar de ce jeune, posant péniblement ses douzaines de cannettes de bière, qui dit à ses trois camarades : ?Oué, sa fet nasional !?.

Lui, vient de Saint-Paul. Ses amis sont de Curepipe et Bambous. Deepak Motee, à Mahébourg depuis 16 heures, est déjà dans l?ambiance. ?C?est super?, dit-il, sur la tenue des célébrations. Avis que partage son amie Rude Leroi, de Curepipe.

Seul, Mardemootoo Kanyapa Naiken, 66 ans, arpente la gare. Cet habitant du Sud est perdu dans la marée humaine. Mais il est content. De mémoire, dit-il, il n?a jamais vu tant de liesse populaire. En attendant Grand-Baie?

Publicité