Publicité

Les moissonneuses

13 mars 2005, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Leur domaine : la natation. Diane, l?aînée, a acquis de la notoriété depuis les Jeux des îles en 2003 et les Jeux olympiques d?Athènes l?année dernière. Béatrice, la benjamine, est pour sa part en train de se bâtir une solide réputation en amassant médailles et records.

A eux deux, les soeurs Etienette ont remporté la bagatelle de?330 médailles ! Oui, rien que ça?« Ah les médailles ! Ben, j?en suis à 237 », confie Diane, 17 ans. « Moi j?accroche mes médailles dans ma chambre. J?en ai 93 », déclare Béatrice, 12 ans. Dix ans de natation pour la première, alors que sa benjamine en compte six.

Pour en arriver à une telle récolte, il a fallu d?innombrables heures de sacrifices, un overdose de sérieux et des années de travail. Dur, diriez-vous. Pas pour elles.

Car la natation est une affaire de famille chez les Etienette. « Notre seul hobby à la maison c?est la natation. Nous passons notre temps libre à la mer ou à la piscine », fait ressortir George, le chef de la famille.

Au fait, c?est un peu de sa faute si Diane et Béatrice ne jurent que par la piscine aujourd?hui. Il y a une dizaine d?années, c?est lui qui emmenait la petite Diane à la piscine.

« Papa allait nager le soir pour le plaisir et je l?accompagnais. Un jour il m?a demandé si la natation m?intéressait et c?est là que tout a commencé », raconte Diane.

Elle fait ses premières brasses aux écoles de natation de Beau-Bassin et de Quatre-Bornes. Et puis c?est les grands débuts à sept ans au sein du Club des Sauveteurs.

La première compétition en 1996 allait déterminer la suite de sa carrière. C?est en effet plus facile de poursuivre lorsqu?on débute avec panache. « Je me souviens encore de ma première compétition. J?ai remporté la course et lorsque j?ai eu ma première médaille, je me suis dit qu?il fallait poursuivre dans cette voie », souligne Diane.

Alors que Diane accumulait les succès, Béatrice suivait les performances de sa soeur de très près. « J?admirais tout ce que faisait Diane. Lorsque mon papa a remarqué que je m?intéressais aussi à la nage, il m?a encouragée à me jeter à l?eau », explique Béatrice.

A cinq ans et demi, la benjamine de la famille emprunte le même parcours. Entre-temps, la régionalisation oblige, elles posent leurs valises au sein du club Les Dauphins de Quatre-Bornes.

<B>Rencontre avec Popov</B>

Aujourd?hui, elles s?apprécient mutuellement. « Je suis en admiration devant Béatrice. Non seulement elle réalise des meilleurs temps que moi lorsque j?avais le même âge, mais elle est également plus motivée et agressive. Cela se voit dans sa façon de nager. Elle se donne à fond et je suis fière d?elle », dit Diane de sa soeur.

L?une comme l?autre s?est fixé des objectifs précis : les Jeux des îles de 2007 à Madagascar et les Jeux olympiques.

« J?espère participer aux Jeux des îles dans deux ans et représenter Maurice un jour aux Jeux olympiques comme ma soeur », songe Béatrice. « Moi, je vise une médaille d?or aux Jeux de Madagascar. Cela va être dur, mais je vais me donner à fond. Et puis je souhaite participer à nouveau aux Jeux olympiques », ajoute Diane.

C?est sa passion pour la natation, ses performances et sa régularité qui lui ont d?ailleurs valu une participation aux Jeux d?Athènes. Elle en garde de très bons souvenirs, dont cette fameuse rencontre avec Aleksandr Popov, le nageur le plus rapide au monde.

Elle avait remporté trois médailles lors des Jeux indianocéaniques à Maurice en 2003, soit le bronze aux 100 et 200m dos et l?argent au 4x100m 4-nages.

Spécialiste des longues distances et des épreuves de dos, Diane ambitionne de descendre sous les 10 minutes au 800m et faire mieux que 1?12 au 100m dos.

Quant à Béatrice, elle a marqué les esprits lors des Championnats d?été en améliorant six records de sa catégorie aux 50m, 100m, 200m, 400m, 800m et 50m dos. Elle s?entraîne du lundi au samedi à la piscine Le Pavillon avec pour seul objectif : améliorer ses perfs.

« La préparation c?est aussi le mental. Je me dis tout le temps que je peux faire mieux », fait-elle ressortir.

Faisant partie de la présélection pour la compétition South Africa Prestige Age Group à Johannesburg, Béatrice attend le feu vert du ministère de la Jeunesse et des Sports pour savoir si elle sera finalement de l?aventure.

Et qu?en pense papa du succès de ses filles ? George Etienette adopte une attitude « cool, cool ».

« Ma femme Gilberte et moi encourageons les filles. Nous sommes à la piscine lors des compétitions. C?est un grand honneur en tant que parents de les voir gagner. Nous ne pouvons leur demander mieux, car à Maurice le niveau n?a rien de comparable à ce qui se fait en Afrique ou en Europe. Donc les attentes sont mesurées, à moins que les filles ne décident d?aller étudier et s?entraîner à l?extérieur », concède George Etienette.

En attendant, elles font actuellement leurs études au Couvent de Lorette de Quatre-Bornes. Diane entame sa première année de Higher School Certificate et arrive à gérer la situation malgré tous les efforts que cela demande côté académique et sportif.

« Ma vie se résume à école, leçons, piscine, devoirs. Je passe de ce fait moins de temps avec la famille ou avec les copines. Je ne le regrette pas, car je fais un sport que j?aime beaucoup et j?en tire pleinement satisfaction », conclut Diane.

Ces deux jeunes filles vont sûrement régner pendant encore quelque temps sur la piscine. Le succès leur va si bien qu?on ne leur demande qu?une chose, de continuer à émerveiller les férus de la natation.

Publicité