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« Elles ont besoin qu?on les laisse souffler »

13 mars 2005, 00:00

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<B>Vous employez 800 ouvriers indiens et sri lankais. Pourquoi ce choix ? </B>

Effectivement, 800 des 2 500 employés du groupe viennent de ces pays. Je suis un ressortissant indien, alors quand j?ai dû recruter des ouvriers étrangers vers 1986, je me suis tourné vers ceux dont je me sens le plus proche.

<B>Pourquoi pas d?ouvrières chinoises ? </B>

C?est une question de proximité. Je pense que les Indiens s?intègrent plus facilement à Maurice. Ceux que nous employons à Rivière-du-Rempart ou à Centre-de-Flacq se sentent at home. Ils célèbrent les mêmes fêtes que nous ? Divali, Eid ou Maha Shivratree ? et cela contribue à leur intégration.

<B>Les événements de la semaine sont-ils attribuables à cette difficulté d?intégation ? </B>

Souvent ces situations naissent quand il y a absence de communication entre le top management et les ouvriers étrangers. C?est valable pour les Indiens comme pour les Chinois. C?est plus compliqué avec les Chinois, car la barrière de la langue ne permet pas une compréhension rapide entre les parties. J?ai l?impression que les directeurs d?usine considèrent parfois ces ouvrières comme des robots. On ne peut demander à une personne de travailler 16 heures par jour pendant presque toute la semaine. Elles ont besoin qu?on les laisse souffler. Et puis, il a y effectivement parfois des contrats qui sont interprétés d?une certaine manière en Chine et d?une autre ici. Ces zones d?ombre doivent être éclaircies par les autorités chinoises et mauriciennes.

<B>Mais l?avantage de l?ouvrière chinoise reste sa fameuse productivité?</B>

Si on compare la production horaire de 10 Indiens à celle de 10 Chinoises, on verra qu?il n?y a pas de différence. Ces dernières sont plus productives parce qu?elles font davantage d?heures supplémentaires que les travailleurs indiens ou sri lankais. Elles peuvent travailler tous les jours si on le leur demande. Elles n?ont rien d?autre à faire, alors elles travaillent.

<B>Quelles conséquences ces manifestations peuvent-elles avoir à Maurice ? </B>

J?ai l?impression que les usines qui recrutent des travailleurs étrangers se tournent volontiers ces derniers temps vers l?Inde et le Sri Lanka. Mais le vrai problème est celui de l?image que pourrait renvoyer le pays. Les Américains ont, à un certain moment, parlé d?exploitation d?ouvrières chinoises à Maurice. J?ai peur que cela ne recommence. Les journaux étrangers vont parler d?ouvrières chinoises gazées à Maurice sans parfois expliquer ce qui s?est vraiment passé. Or, certaines entreprises étrangères refusent de passer des contrats dans des pays sur lesquels pèsent des soupçons de conditions de travail inhumaines. Je crois que le gouvernement doit tout faire pour apaiser la situation et s?atteler à dissiper les doutes qui pourraient peser sur l?industrie textile.

<B>Propos recueillis par Rabin BHUJUN</B>

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