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« La competition est le vrai problème »
Qui êtes-vous ?
Je suis canadien d?origine française. J?ai quitté la France il y a trente ans. J?y suis retourné pendant quelque temps pour diriger un Relais et Château en Provence. Mon aventure dans l?hôtellerie a démarré au Canada anglophone. Depuis, j?ai pratiquement fait le tour du monde, travaillant essentiellement pour des hôtels de luxe. J?ai dirigé, entre autres, l?Aman Resorts de Singapour, l?Amanjena à Marrakech et le Paraiso de La Bonita, au Mexique.
Comment vous êtes-vous retrouvé à Maurice ?
Je suis arrivé au One & Only Le Touessrok il y a seulement une semaine ! J?ai été repéré par Paul Jones, qui a longtemps dirigé Sun Resorts (Mauritius) Ltd, avant d?être muté au siège de Kerzner International, à Londres. Il m?a trouvé au beau milieu de la jungle du Yucatan, au Mexique, où je dirigeais le Paraiso de La Bonita, un Beach Resort de 100 chambres. Tout comme le One & Only Le Touessrok, cet établissement est membre du club très sélect des Leading Hotels of the World. Il vient d?ouvrir dans cette région, connue pour être la Riviera mexicaine. Que saviez-vous de l?île Maurice avant de venir ?
Pas grand-chose, je dois l?admettre. Mais comme beaucoup d?autres avant moi, j?en suis tombé amoureux. C?est une belle île et la réputation de ses habitants, connus pour leur sens de l?accueil, n?est pas surfaite. Ce n?est pas un hasard si Maurice compte parmi les grandes destinations de luxe du monde. Du reste, le One & Only Le Touessrok est un très bel hôtel et la qualité de ses prestations est reconnue partout.
Quel est votre style de management ?
Décontracté mais sophistiqué, à l?image de l?hôtel. J?aime être très pro-che de mon équipe et aussi très ouvert vis-à-vis du client. Le One & Only Le Touessrok est déjà une référence en matière de qualité de prestations, ce qui lui vaut d?être régulièrement primé. C?est dire la qualité de l?équipe en place. J?ai dit à cette dernière que mon rôle sera de veiller à ce qu?elle continue sur le chemin de l?excellence. En même temps, je lui apporte du sang neuf.
Comment s?annonce la transition du « Paraiso de La Bonita » au « One & Only Le Touessrok ? »
Très bien. Les deux hôtels ont un peu le même style branché. L?hôtel du Yucatan est fréquenté par une clientèle issue essentiellement de la côte est américaine qui aime sortir, voyage beaucoup, aime se montrer tout en chérissant son intimité.
Le débat est actuellement ouvert sur l?orientation à donner au tourisme mauricien. Qu?avez -vous à dire à ce sujet ?
Je viens d?arriver et je dois encore me familiariser avec le contexte d?ici. Mais à mon sens, l?industrie n?a pas à rougir de ses hôtels de luxe. Ce ne sont pas eux qui ont du mal à rester rentables. Le vrai problème, c?est que la compétition a nettement augmenté. Il y a aujourd?hui plus d?hôtels et plus de destinations offerts au voyageur. Ce dernier regarde les critères comme le temps, le prix, la distance, le décalage horaire et le type de vacances qu?il désire, pour faire son choix. Maurice, par exemple, est très populaire parmi les Européens à cause de sa composition culturelle et du léger décalage horaire par rapport au continent. Pourtant, les Caraïbes sont bien moins chères et plus près. Mais ces îles ont sept heures de décalage avec le Vieux Continent?
Les Mauriciens se disent aussi que la qualité de leur accueil commence à souffrir. Qu?en pensez-vous ?
Je pense qu?on s?inquiète pour rien. Les Mauriciens sont naturels et ont un accueil franc et cordial. Jusqu?ici, il ne m?a pas semblé qu?ils jouent la comédie.
Après le festival de musique classique du One & Only Le Saint-Géran, vous lancez un festival de jazz. Doit-on y voir la confirmation que la musique est un instrument efficace de marketing ?
Nous devons, en qualité d?hôteliers, trouver sans cesse de nouvelles formules pour conserver, mais aussi pour renouveler notre clientèle. La compétition ne laisse pas d?autre choix. Et de plus en plus d?hôtels dans le monde s?appuient sur la musique. Le jazz sied à l?esprit du One & Only Le Touessrok tout comme la musique classique convient au Saint-Géran. Nous voulons seulement offrir aux amateurs, l?opportunité de se régaler et, par la même occasion, promouvoir la destination.
Le festival est-il donc destiné aux seuls touristes ? </B>
Bien sûr, les Mauriciens sont les bienvenus. Ce n?est pas tous les jours qu?on a l?occasion d?apprécier des artistes de la qualité d?un Didier Lockwood, célèbre violoniste français de jazz. Une trentaine d?autres artistes français, ainsi que des musiciens mauriciens se produiront pendant les cinq jours que durera le festival (du 15 au 20 mars). Outre un récital d?une heure à l?hôtel, le mélomane aura droit à un cocktail de bienvenue.
Propos recueillis par S. S
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