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Silvio Berlusconi veut connaître « la vérité » sur la fusillade de Bagdad

13 mars 2005, 00:00

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Le président du conseil italien, Silvio Berlusconi, qui intervenait mercredi devant le Sénat italien, a exigé une « reconnaissance franche d?une éventuelle responsabilité ». Mais il s?est bien gardé de se froisser avec Washington.

Berlusconi a répété que les États-Unis devaient assumer la responsabilité de la mort de Nicola Calipari, l?agent des services secrets italiens tombé sous des balles américaines après avoir obtenu la libération de l?ex-otage Giuliana Sgrena à Bagdad.

« Seule une reconnaissance franche d?une éventuelle responsabilité permettra de clore cet incident tellement irrationnel et qui a causé tant de chagrin », a déclaré M. Berlusconi devant le Sénat.

Le président du conseil a toutefois salué la proposition du président américain, George Bush, de mettre en place une commission d?enquête conjointe sur la mort de Nicola Cali-pari. « C?est une décision de la plus grande importance », a affirmé Silvio Berlusconi. Elle « démontre que nos alliés n?ont pas l?intention de se soustraire à la recherche de la vérité », a-t-il ajouté. « Notre amitié avec les États-Unis est solide et loyale, et nous avons le devoir de leur demander la vérité absolue », a souligné M. Berlusconi, ovationné par tous les membres de l?assemblée à la fin de son discours.

<B>Le rejet de tout chantage politique</B>

L?agent des services spéciaux italiens a été tué vendredi dernier par des « tirs amis » américains alors qu?il accompagnait la journaliste Giuliana Sgrena, qui venait d?être libérée après avoir été retenue un mois en otage en Irak. Il est « certain que tous les aspects de cette affaire seront clarifiés dans des délais très brefs, trois à quatre semaines au maximum », a indiqué le chef de gouvernement.

Alors que l?opposition et une majorité de l?opinion remettent en cause l?intervention des troupes italiennes en Irak, le chef de gouvernement a souligné qu?« il n?y a aucun lien entre la présence de troupes militaires en Irak

et la nationalité des personnes enlevées », citant comme exemple la France dont plusieurs ressortissants ont été séquestrés. M. Berlusconi a indiqué que « dans tous les cas où des citoyens italiens ont été victimes d?enlèvements », le gouvernement a « toujours rejeté le chantage politique », c?est-à-dire la demande de retrait immédiat des troupes italiennes en Irak. Il n?a rien dit sur l?éventuel paiement d?une rançon. Les ravisseurs présumés ont affirmé, dans une vidéo, qu?elle leur avait été proposée et qu?ils l?avaient rejetée.

Dans une allusion apparente à Giuliana Sgrena, qui travaille pour le quotidien de gauche Il Manifesto, M. Berlusconi a par ailleurs déclaré que son gouvernement ne pouvait assurer la sécurité de personnes qui « s?aventurent en Irak, même pour les plus nobles raisons ». Il a enfin jugé que l?opposition, qui est restée très modérée depuis le début de l?affaire, avait fait preuve d?une « attitude tout à fait responsable ».

<B> @ 2 005 Le Monde ? AFP Distribué par The New York Times Syndicate</B>

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