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Enlevée pour avoir refusé de se marier

12 mars 2005, 00:00

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Aimer à perdre la raison? La chanson aurait pu s?inspirer du cas de Yanish Lucknauth, de Forest-Side, âgé de 20 ans. Il aurait enlevé puis agressé son ex-petite amie de 17 ans avec un canif après que celle-ci eut, il y a quelque temps, refusé sa demande en mariage. Le refus, il l?aurait sans doute mal accepté. Et selon les dires des parents de la victime, cela aurait entraîné une série d?incidents similaires à celui auquel a dû faire face leur fille, mercredi. Ce harcèlement a vite fait de transformer la vie de l?adolescente en véritable cauchemar.

plusieurs agressions

Le suspect a comparu au tribunal de Rose-Hill hier devant la magistrate Gobin sous une accusation provisoire de séquestration. Il a été libéré après avoir fourni une caution de Rs 3 000 et payé une reconnaissance de dettes de Rs 8 000.

Auparavant, le suspect a quitté, jeudi, l?hôpital Victoria où il a été admis après avoir absorbé une certaine quantité de comprimés, après l?agression. Il a été longuement interrogé par les hommes de l?inspecteur Clifford Frichot, de la police de Quatre-Bornes.

Vers 14 heures mercredi, la jeune fille, élève d?un collège confessionnel, rentre chez elle, à Palma. Elle marche le long de l?avenue Bernardin de St-Pierre lorsqu?une fourgonnette, conduite par un inconnu, s?arrête à sa hauteur. Elle est embarquée de force dans le véhicule après que son ex-petit ami l?a giflée.

L?adolescente pousse des cris et tente de résister aux deux hommes. Des membres du public, qui assistent à la scène, alertent la police. Le véhicule se dirige vers St-Jean, Quatre-Bornes. Durant le trajet, la jeune fille est blessée à la main droite et aux lèvres. Profitant du fait que la fourgonnette s?arrête, à l?avenue des Azalées, à morcellement Sodnac Quatre-Bornes, elle s?échappe.

Entre-temps, la mère de la victime, alertée par un proche, se précipite au poste de police de Quatre-Bornes afin de rapporter le kidnapping. Elle se rend, en compagnie de policiers, au domicile du suspect, à Forest-Side. Aucune trace de sa fille. Son mari, chauffeur dans un ministère, ne parvient pas à se libérer pour rentrer chez lui.

«mo pou fini toi»

Et c?est l?angoisse chez la famille de la victime même après que celle-ci a regagné leur domicile. Car, explique le père, âgé d?une cinquantaine d?années, le suspect a déjà eu maille à partir avec la police. En 2004, dit-il, sa fille a été agressée. Le jeune homme a, après sa comparution au tribunal de Rose-Hill, écopé d?une amende en février dernier. Ce qui n?a apparemment pas changé son comportement.

Six plaintes ont été déposées contre lui à la police. En vain. Pas moyen de le convaincre d?oublier la jeune fille. Les coups de téléphone se multiplient. Tant et si bien que le père de la victime se voit contraint de se rendre au bureau de Mauritius Telecom pour changer de numéro. Six fois.

L?agresseur présumé n?en aurait pas été découragé pour autant. «Mo pou touy toi, mo pou fini toi», aurait-il lancé à la jeune fille au téléphone, la veille de l?agression. Il aurait également menacé de l?enlever.

Selon les parents de la fille, une étudiante en première année du Higher School Certificate, celle-ci repoussait le suspect, rencontré lors de leçons particulières alors que ce dernier était encore élève d?un collège d?élite de la capitale. Un beau jour, la mère du jeune homme débarque au domicile de l?adolescente pour demander sa main. Mais la jeune fille n?aurait pas été séduite par l?idée et aurait expliqué : «Mo pa envi marie, mo envi termin mo letid.» Depuis, les relations se sont, disent-ils, détériorées. Le suspect ne la lâche plus d?une semelle et fait de sa vie un enfer.

La victime est la benjamine d?une famille de trois enfants. Son frère et sa s?ur sont mariés. «Mo tifi pa enn fardo pou moi. Si li pale marie, mo pa capav fors li», fait ressortir son père. «Mo senti mo pena aukenn sekirite pou mo tifi ek mo fami.» Il demande une rencontre avec le ministre des Droits de la femme et du bien-être de la famille, Arianne Navarre-Marie, afin de trouver une solution. Pour que l?avenir de sa fille ne soit pas gâché car «li sitan per ki li pale al lekol».

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