Publicité

Produits alimentaires : Quelles normes à respecter ?

10 mars 2005, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Un examen des emballages des produits alimentaires Made in Mauritius révèle qu?ils sont très peu à porter la marque Mauritius Standard Bureau (MSB). Afin de mieux comprendre ce manque d?intérêt de la part des fabricants, nous avons interrogé Rashida Nanhuck, analyste au MSB. Aucun des fabricants contactés n?a trouvé nécessaire de nous répondre.

Faut-il rendre les normes du MSB contraignantes ? La question a plusieurs fois été posée sans qu?il y ait eu de réponse précise. Dans les milieux du MSB, on précise que l?organisme est responsable de développer des normes et non de les imposer, encore moins de surveiller la conformité aux normes. Au MSB, on fait bien ressortir que cet organisme n?est pas autorisé à interdire un produit donné. ?Nous sommes un laboratoire avant tout?, indique un haut cadre.

<B>Critères basés sur les réalités locales</B>

Certes, les produits dont les fabricants ont opté pour détenir la marque du MSB sont soumis à un contrôle régulier afin de vérifier si le produit se conforme toujours aux normes. Au bureau de normalisation, on souligne que seulement une trentaine de produits sont soumis à ses tests : un chiffre éloquent qui donne une idée du nombre de producteurs conscients de leurs responsabilités vis-à-vis des consommateurs. ?Parmi, on peut compter des marques de peinture, de poulet, du lait, de l?huile, des détergents, entre autres?, fait ressortir Rachida Nanhuck.

Il faut savoir que, pour établir ses propres normes, le MSB cherche un équilibre entre les normes existant dans des pays spécialisés dans la production d?un article particulier et celles qu?elle a fixées. ?Dans le domaine de l?alimentation, certaines normes internationales ne sont pas forcément applicables à Maurice en raison de conditions climatiques, entre autres?, fait ressortir un haut cadre du ministère du Commerce.

?Pour le poulet surgelé, explique Rachida Nanhuck, nous avons examiné les normes qui existent en Inde et au Singapour notamment, puis nous avons déterminé nos propres critères selon les réalités mauriciennes, dont le climat. Actuellement, seulement trois producteurs de poulets mauriciens ont reçu leur certification du MSB .?

Si certains producteurs choisissent de soumettre des échantillons de leurs produits aux analyses du MSB, d?autres préfèrent les laboratoires du ministère du Commerce ou de la Santé. De nombreux producteurs sont convaincus qu?un permis délivré par le ministère de la Santé, et qui aura donc passé les obstacles du Food Act, leur suffit pour vendre leur produit.

C?est là où règne la confusion car il n?existe aucune coordination officielle entre ces trois laboratoires. Nous ne sommes pas au courant des produits qui ont été validés par d?autres laboratoires , explique Rachida Nanhuck. Cet avis est partagé par l?ICP, qui dans sa mémoire en vue du budget, a demandé au gouvernement de mettre sur pied une agence de coordination pour la sécurité alimentaire.

<B>Se mettre aux normes européennes</B>

Néanmoins, seulement des dizaines de produits locaux comportent peu ou prou d?indications essentielles. Même si l?État impose aux fabricants de produits alimentaires de soumettre un échantillon de leurs produits à différentes analyses, il reste qu?une multitude de produits échappent à des tests supplémentaires et qu?une fois mis dans le commerce, le ministère dispose de peu de moyens pour les retracer.

De son côté, Danesswar Sarjua, directeur des Conserveries Sarjua international, a bien voulu apporter son point de vue au débat. ?Aujourd?hui, on ne peut pas se contenter d?une seule analyse, explique Danesswar Sarjua. Nous allons devoir nous mettre aux normes européennes qui interdisent l?utilisation des colorants dans des produits alimentaires.?

Si le consommateur se rassure à la lecture de l?emballage d?un paquet de biscuits fabriqués à Maurice, il ne pourra jamais comprendre le fameux code bar, lequel comporte certaines informations qui lui sont utiles. ?Ce sont des informations de nature scientifique que cachent certaines de ces barres. Les fabricants devraient les indiquer clairement,? fait ressortir Danesswar Sarjua.

En fait, certains fabricants se contentent d?indiquer seulement les intrants de leurs produits et ne s?embarrassent pas d?informations nutritives qui sont aujourd?hui devenues parties intégrantes des emballages.

Un fait mérite d?être signalé : peu de consommateurs savent qu?un fabricant mauricien commet un délit en omettant d?indiquer sur l?emballage de son produit l?autorisation de commercialisation obtenue des laboratoires autorisés.

Au MSB, on n?hésite pas à indiquer que la problématique de la certification ne risque pas d?être résolue aussi longtemps que les attributions des différents laboratoires d?analyses ne seraient pas résolues. Je ne crois qu?il faut légiférer à tout prix et exiger des fabricants qu?ils viennent au MSB. Il faut que ce soit un acte volontaire. C?est à nous de mieux nous faire connaître, estime Rashida Nanhuck. Qui ajoute que le MSB possède suffisamment de moyens pour mener à bien ses activités.

Publicité