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La difficile libéralisation de l?économie seychelloise
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La difficile libéralisation de l?économie seychelloise
L?invité d?honneur pour la fête nationale, le président des Seychelles, James Michel, foule le sol mauricien cet après-midi. La visite durera trois jours. Ce chef d?État a pris le pari de libérer l?économie de son pays du socialisme.
Avant d?accéder aux plus hautes fonctions de l?État, James Michel occupait le poste de ministre des Finances dans un régime dirigé par France Albert René. En sa capacité de Grand argentier, il a été l?un des principaux architectes du projet de réforme économique (Macroeconomic Reform Programme ? MERP), initié en juin 2003.
La nouvelle politique engage le gouvernement seychellois dans la privatisation et la dérégulation du marché local. Les entreprises étatiques pèsent encore très lourd dans l?économie seychelloise. Le tout-puissant Seychelles Marketing Board (SMB), Air Seychelles et Seychelles Petroleum Company font figure de référence à ce chapitre.
Peu d?espace est alloué à la libre concurrence et à l?initiative privée. Dans les années 80, les Seychelles, s?alignant sur une politique de substitution à l?importation, ont institué une trentaine d?organismes parapublics couvrant pratiquement tous les secteurs d?activité. La situation a peu évolué depuis, malgré quelques privatisations dans les années 90, notamment dans la pêche et le tourisme.
Le secteur privé seychellois, de même que les partenaires internationaux, dont le Fonds monétaire international (FMI), souhaitent voir les changements promis le plus rapidement possible.
Toute une série d?entraves structurelles sont à revoir, en plus de l?influence (souvent antagonique) des agences gouvernementales dans l?activité économique. La Chambre de commerce et d?industrie seychelloise estime que la valeur de la monnaie locale est trop forte par rapport à la puissance économique du pays. Une dévaluation accompagnée d?une révision de la politique de contrôle des changes devrait contribuer à rendre la roupie seychelloise plus compétitive.
Une fois installé à la présidence en 2004, James Michel a décidé de constituer une équipe économique pour veiller à l?application des réformes. Outre les programmes de restructuration, le gouvernement Michel doit aussi galvaniser une économie plutôt morose en raison des difficultés dans deux grosses industries : des arrivées touristiques stagnantes, voire à la baisse, et une production de thon qui affiche une croissance terne.
Certaines réformes initiées sous le MERP portent déjà leurs fruits. Les finances publiques en sont une illustration, avec à la clé un surplus budgétaire représentant 7,3 % du produit intérieur brut en 2003. Le gouvernement de James Michel espère pouvoir doubler cet excédent durant l?année fiscale en cours, moyennant de meilleures recettes de la taxe sur la consommation et un contrôle plus rigoureux des dépenses.
Toujours est-il que le spectre socialiste du parti dirigeant, le Seychelles People?s Progressive Front (SPPF) plane sur les efforts de restructuration. Le rythme des réformes n?est pas au goût des acteurs économiques et des observateurs. L?Economic Intelligence Unit (EIU), dans son dernier Country Profile sur les Seychelles, trouve que le président est encore trop un homme de parti pour qu?il puisse envisager un éloignement radical des tendances gauchisantes du SPPF.
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