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?Le sport mauricien est malade?
<B>Quel regard jetez-vous sur la saison sportive 2004 ? </B>
Nous avons vécu de grands moments grâce à la performance exceptionnelle de nos trois représentants aux JO d?Athènes, à savoir Stéphan Buckland, Jonathan Chimier et Eric Millazar . Il y a eu aussi l?excellente prestation de Fabrice Bauluck et Niven Ramasubbu aux Championnats du monde de kick boxing. Notre île avait également abrité les Championnats d?Afrique de badminton et de tennis de table. Là encore, les athlètes ont su défendre avec honneur notre quadricolore.
<B>Mais Buckland, Chimier ou encore Millazar, ne sont- ils pas l?arbre qui cache la forêt, car le sport mauricien n?est toujours pas sorti des sentiers battus ? </B>
Je l?ai dit lors de la soirée des Oscars et je le répète, le sport mauricien est malade. Cette situation perdure depuis pratiquement une décennie. Et c?est triste pour l?avenir de notre sport qui, il y a quelques années, se positionnait comme l?un des meilleurs en Afrique.
<B>Selon vous, qu?est-ce qui a causé la faillite du sport mauricien ? </B>
Qui en sont responsables ? Je laisse le soin aux dirigeants sportifs de juger s?ils ont assumé pleinement leurs responsabilités. C?est dommage que l?intérêt personnel ait toujours primé aux dépens du sport et du bien-être de nos athlètes. J?espère qu?en cette nouvelle année, ceux qui ont en main la destinée du sport local, se ressaisiront et mettront de côté leurs différends, pour sortir le sport mauricien du gouffre.
<B>Quelles ont été les réalisations du MSC pendant l?année écoulée ? </B>
En collaboration avec les fédérations, nous avons ouvert six écoles de sport à travers l?île, notamment en badminton, boxe française, karaté, lutte, tae kwon do et tennis de table. D?autres fédérations nous ont emboîté le pas et nous les avons soutenues financièrement. Nous avons poursuivi avec l?Athlete of the month award et le Young athlete of the month award. Nous avons également mis en place le central audit system qui fait du MSC le seul habilité à nommer les auditeurs pour vérifier les comptes des fédérations. Nous avons poursuivi avec les cours d?administration, et nous notons déjà des changements positifs dans la gestion des affaires courantes des fédérations.
<B>À votre arrivée au MSC, vous aviez annoncé une série d?activités dont « la Fête du Sport », qui avait connu beaucoup de succès. Subitement, plus rien? Est-ce par manque de moyens ou une absence de considération de la part du MJS ? </B>
En effet, faute de moyens nous avons été contraints de revoir nos activités. Vous pouvez avoir toute la volonté du monde, les plus belles idées mais, en fin de compte, vous êtes obligé de faire avec les moyens dont vous disposez !
<B>En parlant de moyens, qu?en est-il des finances du MSC ? Le budget alloué par le MJS a-t-il connu une hausse ? </B>
Le budget du MSC a été légèrement revu à la hausse. Mais en même temps, le personnel du MSC ainsi que le nombre d?infrastructures tombant sous notre responsabilité ont également augmenté. Parmi les nouvelles infrastructures que nous gérons figurent la piscine de Rivière-du-Rempart, le stade de Bambous, le centre de badminton, les complexes sportifs de Beau-Bassin et de Glen Park et le stade de Quartier-Millitaire entre autres.
<B>Avez-vous les moyens et les compétences nécessaires pour assurer l?entretien de ces infrastructures ? </B>
Comme je l?ai dit plus haut, vous pouvez avoir toute la volonté du monde, mais vous devez faire avec les moyens du bord.
<B>Au niveau du MJS, on parle de comités de gestion? Ne pensez-vous pas que c?est la meilleure solution ? </B>
C?est la prérogative du ministre. Je ne peux vous répondre.
<B>Pensez-vous que l?application de la loi sur la régionalisation est une solution aux maux qui rongent notre sport ? </B>
La philosophie de la régionalisation est une bonne chose mais les résultats ne sont pas motivants. La spécificité des disciplines et le manque d?infrastructures dans certaines région représentent un obstacle.
<B>Le mandat du board a expiré le 31 janvier. Selon des rumeurs, le contrat de certains membres ne seront pas renouvelés? </B>
Le choix des membres ne dépend pas du board du MSC. D?après le Sports Act, c?est la prérogative du ministre. Je ne peux, donc, vous répondre à ce sujet.
<B>Il semble que les controverses autour de la nomination des athlètes pour le Sports Award 2004 aient irrité le ministère de la Jeunesse et des Sports, d?où l?idée de revoir la composition du board?</B>
Vous m?apprenez une nouvelle... (rires). À ma connaissance, à aucun moment le MJS n?a exprimé de mécontentement sur le choix des nomminés. Mais si certaines personnes n?étaient pas satisfaites, libre à eux d?exprimer leurs opinions. Après tout, nous vivons dans une démocratie.
<B>Quels sont les critères qui avaient été retenus dans la sélection des nominés ? </B>
Le panel du MSC a pris en considération la régularité de l?athlète tant sur le plan local qu?international, et aussi les prestations exceptionnelles comme ce fut le cas pour Fabrice Bauluck, Jonathan Chimier, Stéphan Buckland et Eric Millazar. Les fédérations sont invitées à soumettre la liste de leurs meilleurs candidats. Nous contrevérifions ensuite les informations et nous établissons une première liste de sélectionnés. Nous pouvons user de notre pouvoir pour ajouter à la liste les noms des athlètes qui n?ont pas été retenus par leur fédération et qui ont produit de bons résultats. Nous procédons ensuite à la nomination des cinq meilleurs prétendants aux différents titres.
<B>Toujours est-il qu?un champion d?Afrique reste un champion d?Afrique. Nous parlons ici de la championne d?Afrique juniors, la judokate Priscilla Hire Piew Nian? </B>
Il faut savoir que dans la catégorie dans laquelle Priscilla Hire Piew Nian avait combattu, il n?y avait que deux concurrentes. Nous ne mettons pas en doute l?authenticité de sa performance mais toujours est-il que, dans un championnat d?Afrique où il n?y a que deux pays participants dans une catégorie, on peut deviner le niveau de la compétition. Néanmoins, Priscilla figurait dans la première liste des sélections mais elle n?a pas obtenu suffisamment de points pour intégrer la liste des cinq nominés. Un autre exemple : le cas de la championne de tir à l?arc Sabila Edoo. Deux pays seulement avaient participé à ces championnats, à savoir Maurice et la Réunion. Vu que la Réunion participait hors concours, la Mauricienne qui avait pris la troisième place derrière deux Réunionnaises s?est vu décerner le titre de championne d?Afrique. Et là, je tiens à préciser que la fédération de tir à l?arc n?avait pas soumis le nom de sa protégée pour le Sports Award.
<B> 2004 a été la pire année pour notre badminton, qui a frôlé une suspension des instances internationales?</B>
C?est dommage que le badminton local, qui jouissait d?une solide réputation en Afrique il y a quelques années, en soit arrivé là. On a dû avoir recours à la fédération internationale pour tenter de redresser la situation. Mais ce qui a fait encore plus de mal à cette discipline et à l?honneur du pays est que les dirigeants n?ont pas hésité à laver leur linge sale en public alors que se déroulaient les Internationaux de Maurice. Le président de la FIB, Korn Thaparansi, et son vice-président, Punch Gunalan, étaient également à Maurice à cette époque. Souhaitons que la nouvelle équipe qui sera élue prochainement saura tirer des leçons du passé pour rendre à notre badminton ses moments de gloire.
<B>Pensez-vous sincèrement que le badminton sortira du gouffre avec les nouvelles élections ? </B>
J?espère que les personnes qui seront appelées à diriger la fédération oeuvreront dans l?intérêt de la dicsipline et celui des joueurs.
<B>Lors d?une visite en Malaisie en décembre dernier, vous aviez établi des contacts avec le président de la fédération indonésienne pour l?embauche d?un DTN. Où en sont les démarches ? </B>
Les autorités indonésiennes sont disposées à nous aider mais elles veulent connaître les conditions de travail proposées par l?État mauricien. Cela devrait les aider à trouver la personne qui correspond aux exigences des autorités mauriciennes. Nous attendons donc que le MJS fasse le nécessaire à ce sujet.
<B>Le président de la FIB avait annoncé l?ouverture d?un bureau en Afrique, plus précisément à Maurice. Est-il déjà fonctionnel ? </B>
Pas encore. La FIB a ouvert deux nouveaux bureaux en Asie et en Europe. Nous espérons qu?elle en fera autant en Afrique prochainement.
<B>Vous avez été un membre actif du MSM avant les élections de septembre 2000. La politique vous tente-t-elle toujours ? </B>
J?assume pour l?instant les fonctions de président du MSC et en tant que membre du conseil exécutif de la fédération internationale de badminton, j?ai énormément de responsabilités. Mais on ne sait jamais !
<I>« Les dirigeants n?ont pas hésité à laver leur linge sale en public alors que se déroulaient les Internationaux de Maurice »
<B>Interview réalisée par
Neeta PERSAND</B>
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