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40 ans d?archives à la MBC

27 février 2005, 00:00

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Des traces par milliers. Du son et surtout des images. Des traces d?une jeune nation qui se cherche encore. Ce besoin de connaître de quoi hier était fait, pour mieux comprendre le présent et anticiper l?avenir. Les archives de la MBC, c?est le trésor de notre nation, couché sur des bandes « béta », disposé sur d?immenses étagères, que des mains habiles et consciencieuses, placent et replacent sans cesse chaque jour.

L?Histoire, c?est l?accumulation de petites histoires, de visages, un recueil de témoignages que Ginette Fabre a appris à disposer sur des étagères. Gardienne des lieux depuis quarante ans, elle a placé chaque jalon, sans sourciller. Head of documentation and Archives unit à la MBC, elle décrypte ce travail ordinare de l?archivage, routinier souvent, trivial parfois et très sacralisé. Rituel des fiches à remplir, celui également du classement à noter sur de grands registres, le stock à contrôler. Les archives de la MBC abritent à la fois les archives d?images, de productions locales, de films et séries télévisées déjà diffusés, ainsi que la discothèque.

Hormis les 65 000 CD qui côtoient d?anciens 78-tours et les incontournables 33-tours, les archives de la rue Pasteur préservent une banque d?images couchée sur pas moins de 15 000 cassettes «bétacam », quelques centaines de DVD, le nouveau support d?images et d?anciennes bobines qui faisaient tourner les films d?époque diffusés sur des appareils de 16 mm et de 35 mm. « Nous émettons de 5 heures à 23 heures sur bandes uniquement, avant que les programmes de BBC World, de TV5 et de Doordarshan ne prennent le relais par satellite. Il est presque impossible de compter le nombre de bandes utilisées par jour. Et nous, nous conservons ces bandes, » explique Ginette Fabre.

<B>Mettre bon ordre</B>

Indispensables archives, fragiles archives. « C?est toute l?histoire de notre pays qui se trouve là. C?est à la fois la mémoire collective et la mémoire individuelle. Mais le fait que nous ne sommes pas encore totalement informatisés et que nous ne sommes pas équipés de la dernière technologie en matière d?archivage, je dirais que ce fond sonore et cette banque d?images ne sont pas exploités comme ils devraient l?être, » explique Ginette Fabre. Que faire du passé ? C?est la question que cette femme déterminée et rigoureuse s?est posée à l?époque où on lui a confié la petite salle d?archives. « Il y régnait un désordre indescriptible. Je me suis alors demandée comment j?allais faire pour y mettre bon ordre. »

Avec ses neurones et son sens aigu de l?organisation, elle s?est mise à tout classer. Tout se fait alors manuellement. C?est le classement « In & Out », comme elle l?appelle, pour permettre un « easy retrieval ». Les registres sont entretenus à la main. Chaque étagère est numéroté et indexé.

Ginette Fabre a le souci du détail et prône la politique du « chaque chose à sa place et une place pour chaque chose. » « Il faut tout mettre en ?uvre pour qu?à la seconde où l?on nous confie quelque chose ou à la seconde où l?on nous demande quelque chose, on arrive à retrouver ce que l?on recherche. Pas question de perdre son temps à chercher et à fouiller, » précise-t-elle.

Elle mesure à sa juste valeur, les trésors particuliers qu?abritent les archives de la rue Pasteur. « En tant que documentaliste, mon rôle c?est d?informer. Je ne pensais pas qu?un jour l?informatique allégerait autant notre travail. Auparavant je faisais principalement confiance à ma mémoire. Je rêvais d?informatique. Aujourd?hui, l?informatique commence à s?installer. Je ne désespère pas. Je sais que bientôt, le projet Aimé prôné par le Cirtef et qui promet des merveilles quant à l?archivage dans son ensemble, sera appliqué à la MBC. Nous sommes le premier pays du Cirtef à adopter ce projet sur une base pilote et ça se présente bien. Notre directeur qui est également le président du Cirtef, mesure les bienfaits que ce projet feraient à nos archives. Il faut trouver les moyens pour le mener à bout. »

Ginette Fabre qui mettra fin à sa carrière aux archives de la MBC en décembre prochain, quittera ce lieu avec nostalgie. « Je m?y suis attachée, mais il faut également savoir s?arrêter, » explique-t-elle en souriant. Comme il est courant d?aller aux archives pour chercher, rechercher et surtout comprendre, Ginette Fabre s?en ira rechercher d?autres moments de bonheur et écrira une nouvelle page de son histoire.

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