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Les jeux ne sont pas faits

27 février 2005, 00:00

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La débandade au MSM, les propos arrogants de Paul Bérenger, la distance de plus en plus marquée des membres du gouvernement avec l?électorat, une certaine lassitude ambiante nous avaient préparés à une bruyante dégringolade. Il n?en est rien. La dégringolade se poursuit, mais insidieusement. S?il est un message - indiscutable - qui ressort du choc de ces deux sondages aux conclusions contradictoires en apparence, c?est bien celui-là : la frontière entre les alliances est désormais si fine que la course n?est pas courue, qu?elle peut être demain à l?avantage de l?un comme de l?autre, que tout peut basculer.

Rien n?est joué en effet. Il faut regarder au-delà du score du jour, de l?avantage que donnent à l?alliance gouvernementale les intentions de vote qu?elle engrange. Selon Synthèses, l?opposition est sortie de 17 % à mi-mandat pour atteindre 31 % des préférences aujourd?hui. Près du double en deux ans. Du côté de l?alliance gouvernementale, malgré l?immense travail abattu qu?elle s?apprête à porter en étendard, elle n?a pas amélioré sa cote. Celle-ci passe, dans le même laps de temps, de 42 % en avril 2003 à 44 %. Aucun progrès. L?opposition a toutes les chances de faire la différence.

Si en deux ans, en effet, elle a doublé son score, en six mois avec un électeur réveillé et un gouvernement qui n?avance pas, elle peut rattraper l?alliance gouvernementale. Car tout ce temps, l?opposition aura pris du galon en ne profitant que des déclarations maladroites et autres gaffes du gouvernement, en grapillant ici et là les voix des frustrés. Mais quand la campagne sera bien là, quand l?électeur, boosté par l?événement, sera plus vigilant, plus critique envers les dirigeants, on peut s?attendre que l?opposition fasse le plein de voix. L?électeur sort déjà de sa réserve : il y a trois mois, ils étaient 20 % à hésiter sur leurs intentions de vote, ils ne sont plus que 11%, selon Synthèses.

Rien n?est joué quand on observe également les chiffres de DCDM. Les 15,9 % de personnes ne se prononçant pas sur leurs intentions de vote ouvrent la porte à toutes les spéculations. Imaginons que de ces « non-répondants » se répartissent demain ainsi : 4 % décident qu?ils ne choisissent aucune des deux alliances, 8 % optent pour l?alliance gouvernementale, 4 % pour l?opposition. Cela amènerait les intentions de vote en faveur de l?alliance gouvernementale ? que DCDM fixe à 31,5 % ? à 39,5 % et celles en faveur de l?opposition à 39,9 %. Au coude à coude.

Il est clair que les jeux ne sont pas faits. Que doit faire le gouvernement pour maintenir l?écart ? Et l?opposition pour accélérer ce grignotage en sa faveur dans le peu de temps qui reste ? La menace qui guette Paul Bérenger, c?est le charisme de Navin Ramgoolam. Le leader du MMM doit se méfier de la personnalité du leader du PTr. Si ce n?est de la sienne, car il suffit que Bérenger dérape pour que Ramgoolam enregistre des points. La faiblesse de Ramgoolam, en revanche, ce sont les idées et les aptitudes à les réaliser. Il lui faut produire un programme costaud et démontrer qu?il parviendra à le respecter. Dans les délais. Certains antécédents le handicapent. Les deux leaders ont en somme chacun du pain sur la planche.

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