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Bilan : vendre ou défendre

27 février 2005, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Le gouvernement, il faut s?y attendre, abordera la campagne électorale en vantant son bilan. C?est classique. Et tentant. Car quel gouvernement, justifieront les pundits de l?alliance, aura construit en cinq ans autant d?écoles, fait pousser une cybertour, oser des réformes comme celles de l?industrie sucrière, de la douane, des finances publiques? Sauf que les choses ne se passent pas de cette manière.

Les superbilans quels qu?ils soient ne se vendent pas. Les chiffres le signalent déjà. Avec 46 % d?opinion négative sur ce bilan qu?elle espère vendre comme exceptionnel, 8 % seulement d?opinions très positives, l?alliance doit déjà se mettre à penser à une autre stratégie. Elle n?échappera pas à une tendance.

Le gouvernement ne devrait pas échapper à la logique qui veut que les citoyens, lors de toute élection, ont tendance à voir ce qui n?a pas été réalisé ou encore ce qui reste à faire plutôt que le contraire. À ce chapitre, le passif, quel que soit le gouvernement en place, est toujours plus conséquent que les réalisations.

L?avance que conserve l?alliance n?est pas exclusivement liée à ce bilan, ni à la situation dans le pays. Elle serait imprudente de faire cette équation et d?éviter de se renouveler. L?électeur reste demandeur de changement. C?est en cela que les stratèges politiques, lorsqu?ils réfléchissent pour un gouvernement sortant, proposent un habillage, des idées et une plateforme qui riment avec changement. Ils créent les conditions nécessaires pour que l?équipe sortante se présente comme une nouvelle équipe et pour que le bilan se métamorphose en un nouveau projet.

L?électeur fondamentalement a besoin de rêver. « Poursuivre le travail entamé », n?est pas la chanson qu?il espère entendre. Il aspire un projet qui lui ouvre la porte de nouveaux espoirs. L?alliance est loin du compte.

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