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L?accès au jardin botanique devrait-il être payant ?
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L?accès au jardin botanique devrait-il être payant ?
OUI
Anne-Christine Herbst Marketing Manager Casela
Restreindre l?accès au jardin botanique ne frustrerait-il pas la population ?
Privatiser des opérations est une bonne chose quand elle donne la liberté aux gestionnaires de lever sainement des fonds, dans le seul but d?assurer l?indépendance financière au Jardin. Mais la privatisation ne devrait pas être un prétexte pour faire des bénéfices. Si l?accès devait être payant, le coût du ticket devrait être modéré. Il devrait être gratuit pour les écoliers et les étudiants dans le cadre de visites éducatives, et pour les personnes du troisième âge.
Comment faire accepter cela au public ?
En France, le droit de visite des châteaux gérés par l?État est payant. Cela existe déjà à Maurice. Exemple : la Tour Martello est inscrite sur la liste du patrimoine national et la visite est payante. Le jardin botanique est sur la liste prioritaire des sites visités par les touristes. Si le droit d?entrée est fixé à Rs 10, avec quelque 800 000 touristes par an, cela fera Rs 8 millions dans les caisses du jardin. S?il n?y a pas d?autre source de financement, le recours à des droits d?entrée payants peut contribuer au budget de fonctionnement. Les bénéfices réalisés doivent être réinvestis dans des projets de conservation et de protection, dans des mesures de sécurité, et dans des travaux de rénovation et d?innovation.
Quel serait le mode de gestion le plus approprié ?
L?idéal serait de ne pas confier la gestion du jardin à un opérateur privé, mais à un Trust comme le stipule le Sir Seewoosagur Ramgoolam Botanic Garden Trust Act de 1999. Cela peut rassurer ceux qui confèrent injustement des mobiles pas toujours nets à des opérateurs privés. Un Trust est plus à même d?établir et de s?imposer des règles de transparence dans le traitement de ses affaires. Ce qui est une garantie contre les risques de déviation des opérations vers le mercantilisme. Il faut peut-être revoir les dispositions de cette législation, afin que ce Trust ait une plus large marge de man?uvre en terme de gestion et de politique de recrutement.
Non
Georges Legallant
porte-parole du Muveman Proteksyon Patrimwan Istotik (MPPI)
Un droit d?accès payant n?est-il pas un excellent moyen, pour chaque Mauricien, de participer à la protection de son patrimoine ?
Le Sir Seewoosagur Ramgoolam Botanical Garden, c?est 270 ans d?histoire qui concernent tous les Mauriciens. Il a toujours été associé à la société mauricienne. Depuis son ouverture, il a toujours été accessible à tous et sans distinction. L?imposition d?un droit d?entrée va exclure le Mauricien qui n?en a pas les moyens, du droit d?accès à un patrimoine commun. C?est un des rares sites où le Mauricien peut se sentir vraiment en sécurité. C?est sain pour l?équilibre de la société.
Et s?il faut des fonds pour le garder en état ?
Le droit d?entrée n?est pas l?unique moyen de recueillir des fonds. On peut avoir recours à une ponction de Rs 100 sur la taxe d?entrée que paie tout passager, y compris le touriste. Une garantie de revenus et un bon système de gestion, voilà ce qu?il faut au jardin. Le recours au droit d?entrée payant est une arme à double tranchant. Si la gestion du jardin est confiée à un opérateur privé, le droit d?entrée payant pourrait se transformer en une unique source de revenus. L?opérateur peut invoquer diverses raisons pour justifier une révision du droit d?entrée. On ne sait pas jusqu?où cela peut aller. Le goût de la rentabilité peut amener un opérateur à oublier sa responsabilité sociale envers tous les Mauriciens. Faute de moyens, de nombreux Mauriciens risquent de se voir exclus du jardin.
Comment garantir une gestion financière saine au Jardin ?
Pourquoi ne pas mettre à la disposition des visiteurs un arsenal d?articles artisanaux, de souvenirs et des services de divertissement et de restauration. Cela les inciterait à dépenser leur argent de façon utile. La gestion par un Trust est la formule la mieux adaptée au Jardin.
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