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Non au blocage ethno-politique !

27 février 2005, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

C?est parti ! La campagne officieuse a commencé. Les blocs se précisent. À moins d?un revirement spectaculaire, éventualité qu?on ne peut exclure, l?Alliance MSM-MMM affrontera une Alliance sociale élargie aux Verts et au parti de Bachoo. Au-delà de savoir qui l?emportera ou quelle coalition post-électorale se formera pour diriger le pays et avec quel Premier ministre, ces élections comportent un enjeu sociétal vital. Parviendrons-nous à déjouer la dynamique mortifère qui risque d?aboutir à une explosion ?

Depuis 1995, la société mauricienne s?est retrouvée constamment sous la menace d?une dynamique sociale mortifère avec des poussées de fièvre plus ou moins fortes. Dans l?ensemble, la dynamique de la vie a toujours eu le dessus, même si, par moments, il a fallu de peu pour qu?on dégringole en enfer. Une chose est sûre : cette dynamique portée par les forces sectaires coupe à travers les communautés. L?histoire sociopolitique récente est venue aussi confirmer l?existence de pyromanes dans toutes les composantes et strates de notre société. Ils sont déjà trop nombreux.

La campagne électorale se jouera essentiellement sur trois axes bien imbriquées : ethnique, socioéconomique (la bread and butter issue) et la personnalité des deux aspirants PM. Chaque bloc va privilégier l?axe, ou plutôt l?articulation, qui lui semble la plus avantageuse. Et c?est précisément lors de cet exercice que pourrait apparaître l?espace dans lequel les forces mortifères vont s?engouffrer pour s?imposer. Il est vrai que la conjoncture actuelle constitue un terreau fertile pour leur agenda.

Le pays traverse une transition économique difficile avec son lot d?angoisses, de précarité, voire de paupérisation. L?absence d?un vrai diagnostic sur les causes réelles des aspects problématiques de notre développement n?est pas pour aider. Pour arriver à une vision commune de Maurice, lit-on dans le document de la NPCC, Competitiveness foresight, il est impérieux que chacun puisse être capable de dire sans crainte son opinion sur les problèmes et les perspectives du pays.

Cette culture de débat ouvert et constructif peut-elle coexister avec le modèle de compétition politique basé sur le « patronage et le clientélisme » qu?est le nôtre, se demande le document. « Or has such an open political culture, so essential for the conduct of a properly functioning democracy, been disminished by a climate of implicit fear that speaking ones mind will result in punitive sanctions of one sort or another » ? Si c?est le cas, quel genre de démocratie est l?État mauricien ? « The prevailing political atmosphere and culture involves the government, the private sector and the civil society : everyone is perhaps equally responsible in bringing it to the present impasse. How to deal with and reverse or eliminate the now established mentality of clientelism ? Has the political system become so dysfunctional that it focuses too much on itself? and not on the wider constituencies it is supposed to serve ? Is there a need for a new social contract ? », y lit-on. Ce sont là des interrogations vitales sur le devenir de notre société. Car, fondamentalement, il s?agit de paramètres qui balisent le champ politique, et les valeurs et les pratiques qui animent la vie politique ; valeurs et pratiques qui ont une incidence sur le processus du développement. Est-il besoin d?insister sur le fait qu?un système politique qui repose sur le clientélisme ethno-castéo-électoral est aux antipodes d?une gestion moderne nécessaire à l?efficacité, elle-même gage de compétitivité ?

Il serait dramatique si, avec les élections de 2005, on arrivait à la conclusion que la politique à Maurice a non seulement perdu sa raison d?être, qui est de tirer le meilleur du monde, du temps et de la vie, mais est devenue la principale source de blocage dans la stratégie de survie et de développement du pays. Pire, que nos hommes politiques l?ont pervertie en la transformant en champ de guerre ethnique.

Le devenir de Maurice passe par une démocratie vivante Et c?est aux citoyens de vaincre la peur qui s?est installée dans les esprits. Participons activement à la construction de notre avenir en disant non aux fossoyeurs de la République.

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