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Observer la Terre, anticiper les catastrophes
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Observer la Terre, anticiper les catastrophes
Les bases d?un réseau d?observation du globe terrestre ont été adoptées, mercredi 16 février à Bruxelles, par une soixantaine de pays, dont ceux de l?Union européenne. Grâce à une meilleure communication entre satellites, il doit être possible de limiter les effets des cataclysmes naturels. Les terribles ravages causés par les catastrophes naturelles, et notamment ceux du tsunami de Sumatra, montrent combien les nations, surtout les plus pauvres, sont démunies devant elles.
Mais le problème vient du fait que la plupart de ces « observateurs » ne communiquent pas entre eux. C?est pour combler cette lacune que le troisième Sommet mondial de la Terre, a adopté une résolution visant à créer un « système des systèmes mondiaux d?observation de la Terre », le Geoss (Global Earth Observation System of Systems) ! Les représentants d?une soixantaine de pays ont à cette occasion rappelé que « l?observation et la compréhension plus complètes du système Terre amélioreront la capacité mondiale vers un développement durable ».
Déjà, en juillet 2003, lors du premier Sommet de la Terre tenu à Washington, les « docteurs » de la planète avaient évoqué l?idée d?un tel réseau. Puis, en avril 2004 à Tokyo, les grandes lignes d?un programme décennal visant à sa réalisation avaient été jetées. Pour ce troisième Sommet de la Terre, présidé par Achilleas Mitsos, directeur général de la recherche à la Commission européenne, un nouveau pas a été franchi avec l?adoption d?un plan d?action décennal posant les bases d?une coopération internationale en matière d?observation de la Terre.
Une structure intergouvernementale, le Group on Earth Observations (GEO), coordonnera ce Geoss, dont la gestion a été confiée à un secrétariat installé à Genève dans les locaux de l?Organisation météorologique mondiale.
<B>Réduire les dommages matériels</B>
Quatre coresponsables dirigeront ce GEO : Achilleas Mitsos, Conrad Lautenbacher, sous-secrétaire d?État américain au commerce pour l?atmosphère et l?océan, et également administrateur de la NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration), Akio Yuki, ministre de l?éducation, de la science et de la technologie du Japon, et Rob Adam, directeur général de la science et de la technologie d?Afrique du Sud. Ce dernier a été chargé de représenter les pays en voie de développement, qui constituent une des cibles privilégiées du réseau Geoss.
À l?occasion de ce sommet, Achilleas Mitsos a précisé que Geoss « est un système ouvert à tous », où il n?existe pas d?obligations établies juridiquement, et destiné à coordonner et à améliorer ce qui existe. Le financement sera léger, car une grande partie sera fournie par les programmes d?observation de la Terre déjà existants. La gestion du GEO ne devrait pas coûter plus de 2,5 millions d?euros par an.
Mais le projet Geoss est très ambitieux, et on peut craindre qu?il ne s?enlise. M. Mitsos reste cependant optimiste.
« En raison du nombre des pays participants, dont les États-Unis, mais aussi à cause de la présence de quarante institutions internationales qui ont déjà leurs propres programmes. Or, elles ont décidé de collaborer entre elles. Il reste néanmoins à préciser qui sera l?élément moteur de la gouvernance de Geoss. »
Les scientifiques, de leur côté, attendent beaucoup de ce réseau, car, disent-ils, « nous avons besoin de plus de synergie pour obtenir des informations plus efficaces ». « Cette synergie est le noyau dur de ce qu?on doit construire dans les dix prochaines années. Ce sera difficile. Il faudra du temps. Mais l?important est qu?il y ait un engagement politique, ce qu?on n?avait pas réussi à faire jusqu?à présent», souligne Jean-François Minster, chef de la délégation française au Sommet de la Terre.
Dans un premier temps, Geoss sera centré sur des projets régionaux ne réclamant pas la mise en réseau totale des banques de données disponibles. On avancera pas à pas. Mais rien n?est possible sans que le traitement des données et leur transmission, mais aussi les modèles qui les utilisent, aient été améliorés pour être accessibles au plus grand nombre. Une tâche immense qui devrait conduire à l?adoption de standards, actuels ou nouveaux. Les systèmes d?observation de la Terre eux-mêmes devront être perfectionnés.
Les bénéfices attendus de ce réseau mondial d?observation de la Terre sont considérables. À elle seule, l?installation du réseau européen GMES devrait permettre de réduire les dommages matériels, d?un montant estimé à 74 millions d?euros. Un gain qui pourrait s?élever jusqu?à 370 millions d?euros avec l?apport d?une meilleure compréhension des phénomènes terrestres, voire à un milliard d?euros lorsque tout le système sera opérationnel. Une véritable solution-miracle contre les catastrophes.
<B>@ 2005 Le Monde ?
Christiane GALUS
Distribué par The New York
Times Syndicate</B>
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