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Damas prêt à coopérer avec l?Onu sur un retrait du Liban

26 février 2005, 00:00

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Damas s?est déclaré prêt à coopérer avec l?Onu en vue de l?application de la résolution 1559 du Conseil de sécurité réclamant le départ des troupes syriennes du Liban. A Beyrouth, le gouvernement a annoncé que les troupes syriennes seraient «dans un avenir proche» redéployées dans la plaine de la Bekaa, dans l?est du pays, mais, affirme dans une interview le Premier ministre libanais Omar Karamé, un retrait rapide de l?armée syrienne comme exigé par Washington et Paris déstabiliserait le Liban.

«Les autorités militaires libanaises et syriennes s?emploient actuellement à déterminer la date et les positions où seront déployées ces forces dans la Bekaa», a déclaré le ministre de la Défense libanais, Abdel Rahim Mrad, en précisant que ce redéploiement se ferait dans le cadre de l?accord de Taëf, conclu en 1989 pour mettre fin à la guerre civile libanaise. Mais, estime Karamé dans un entretien à Reuters, retirer tout de suite les 14 000 soldats syriens du Liban aurait un effet néfaste. «A nos yeux, cela ébranlerait la stabilité du pays».

«Faire partir les Syriens du Liban par des défis, des provocations et des imprécations va à l?encontre de la tranquillité, de la stabilité de notre pays. Un retrait syrien ne peut se produire que par consensus», a-t-il expliqué. L?annonce d?un redéploiement syrien vers la Bekaa est en-deça des attentes des Etats-Unis et de la France, mais aussi de la résolution 1559 adoptée en septembre, concernant un retrait total de l?armée et des services de renseignement syriens du Liban, où Damas a déployé ses troupes pour la première fois en 1976.

PRESSIONS

Mrad a souligné que les effectifs syriens en dehors de la Bekaa étaient d?ores et déjà réduits, après cinq phases de redéploiement. «Le nombre de militaires syriens qui restent en dehors de la Bekaa est très faible», a-t-il dit en soulignant que le nouveau redéploiement ne concernerait pas les services de renseignement syriens.

L?accord de Taëf préconisait un redéploiement des forces syriennes vers l?est du Liban, suivi d?un accord fixant un calendrier de retrait complet. Le redéploiement syrien aurait dû normalement avoir lieu au plus tard en 1992.

Damas souligne aujourd?hui que les futurs redéploiements syriens ne pourront avoir lieu qu?après un renforcement des forces de sécurité libanaises.

«La Syrie fait part de son vif intérêt dans une coopération avec l?émissaire du secrétaire général des Nations unies pour l?aider à accomplir sa mission du mieux possible», a déclaré le vice-ministre syrien des Affaires étrangères, Oualid al Moualem. «Les importants retraits déjà effectués et qui seront effectués par la suite le seront en accord avec le Liban dans le cadre des accords de Taëf et des dispositions qu?ils contiennent», a-t-il ajouté. Les pressions en faveur d?un retrait syrien se sont accentuées sur le gouvernement libanais pro-syrien et sur Damas après l?assassinat de l?ex-Premier ministre libanais Rafic Hariri dans un attentat imputé par l?opposition aux services libanais et syriens.

A ces pressions, Karamé objecte que l?influence de la Syrie au Liban n?est pas simplement la résultante d?une présence militaire, mais reflète les liens historiques et culturels entre Damas et Beyrouth.

«L?influence syrienne au Liban n?est pas arrivée dans les fourgons de l?armée syrienne et via les services de renseignement syriens. Il est illusoire de penser ça. Le nombre de soldats syriens au Liban ne dépasse pas les 14 000. Est-ce que la Syrie peut contrôler le Liban avec 14 000 soldats?».

Inal Ersan

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