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Boodhoo continue sa lutte dans l?affaire Takun

26 février 2005, 00:00

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L?histoire, nous la connaissons grâce à Harish Boodhoo. C?est celle d?un couple persécuté pendant presque un quart de siècle pour être finalement déclaré victime d?une erreur judiciaire. Ce sont les Takun. Mais quand, en face de vous, un homme de 71 ans fond en larmes en répétant «mo bien malere, mo bien malere», cette souffrance devient subitement plus concrète. Son épouse, 65 ans, n?ose même pas vous regarder en face. Elle ne cesse de raconter à quel point «monn pass mizer». Tout cela parce que, comme l?affirme Harish Boodhoo, « dimounn inn telman kouyonn zot ».

Comment en est-on arrivé là ? Combien y a-t-il d?autres cas semblables ? Ce sont les questions que Harish Boodhoo demande à la population de se poser, hier lors d?une conférence de presse en présence de Vishnu et Sooneya Takun. «Eski zis kan ou ena kas ki ou ena droi a la zistis ?» s?interroge le journaliste politicien. Jusqu?à quand une telle situation perdurera-t-elle ? «Mo senti lakoler bann dimounn pe monte. Eski nou pou bizin ariv enn system de zistis a la Piou Piou ?» Boodhoo fait référence à cet homme qui avait décidé de prendre la justice entre ses mains.

<B>MAFIA DE LA TERRE</B>

Harish Boodhoo insiste: il ne rend pas le gouvernement responsable, encore moins le Premier ministre, il demande à l?Etat de faire son possible pour que «justice soit rétablie.» Sooneya Takun réclame «mo later. Monn ne lor la, monn grandi lor la ek mo le mor lor sa later la».

Se référant à la réponse parlementaire du Premier ministre au député indépendant Megduth Chumroo, Boodhoo précise que, contrairement à ce qu?affirme Paul Bérenger, la cour n?a jamais ordonné la démolition de la maison. Il distribue des copies du jugement. Des policiers et des huissiers de la cour étaient présents pendant que «bann la ti pe detrir lakaz la kout marto». Boodhoo demande au gouvernement de prendre charge des frais des démarches administratives des Takun. Il souhaite aussi qu?elles soient écourtées.

La colère de Boodhoo est grande. «Si mo ti enkor dan par-lman, mo ti va fer ziz demisione, parey kouma MSPCA ramas li-

sien», dit le journaliste hors de lui. «Kifer bann avoka ek avoue la pa rann kont ?» Il fait le procès d?un système judiciaire qui ne fonctionne que pour les riches et les «gro palto».

Harish Boodhoo deplore le «role ki sa Navin Ramgoolam la pe amene. Li na pa poz aukainn kestion, li pa interese ek soufrans ti dimounn, li osi li nek konn gro palto. MCB ek St Felix ki interes li. Li bien grav pou kikenn ki envi vinn ou fitir Premie minis». Le leader de l?opposition serait le complice de la «mafia de la terre» et de Harry Mungur (qui a été trouvé coupable de jurer de faux affidavits pour prescrire le terrain des Takun) de par son silence. Vishnu Takun partage le même avis. «Ramgoolam pann lev enn ledoi. Vo mie Bérenger.» Harish Boodhoo dit ne pas faire de politique, mais mener son combat parce qu?il croit dans la cause des petites gens.

«L?île Maurice a été secouée par ce drame. Il y en a d?autres. Le silence n?aide pas. Nous devons faire en sorte que la police et le judiciaire prennent leurs responsabilités. De même que les politiciens», conclut le bouillant journaliste. Son combat n?est pas terminé. A peine finit-il de rencontrer les journalistes qu?il accompagne le couple au bureau du commissaire de police. «Bizin gete sipa travay la pe fer.»

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