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Les banques en toute sécurité ?

25 février 2005, 20:00

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Rien n?est laissé au hasard dans les sièges sociaux des banques. Chaque mouvement est enregistré. Et quand ce ne sont pas les caméras, ce sont les employés qui s?en chargent. Ces lieux ne sont pas aussi exposés et vulnérables qu?on pourrait le croire après le «braquage» à la Mauritius Commercial Bank ayant entraîné la mort du Customer Service Supervisor Gérald Lagesse.

Imaginez les mille et une vérifications à la Banque de Maurice. Là où se situe la plus grande réserve d?argent du pays. Sans compter les lingots d?or. Que l?on s?appelle Rameshwurlall Basant Roi, qu?on soit gouverneur de la Banque centrale, les procédures restent les mêmes et elles sont strictes.

Dans son cas, indique-t-on à la BoM, Rameshwurlall Basant Roi ne peut descendre directement au niveau des coffres sans un préavis minimal de trente minutes et sans expliquer sa présence dans ces lieux. Il doit être accompagné. De même, toute autre personne faisant partie de sa délégation suit les mêmes étapes. Chaque personne signe un registre à l?entrée et à la sortie. A ces longues procédures, il faut ajouter une surveillance physique et électronique.

Ces procédures strictes, la BoM ne les impose pas aux banques commerciales. Car il revient à chaque institution de mettre en place son propre système de sécurité. Et la législation mauricienne régissant les banques ne comporte aucune clause sur la sécurité. «La surveillance est interne à la banque. La Banque de Maurice n?est nullement concernée», affirme Me Siv Potayya, spécialiste en droit bancaire.

La Banque de Maurice doit cependant s?assurer que les banquiers respectent les dispositions du Banking Act. Elle régit les relations entre le banquier et son client de même que les liens entre l?institution et la BoM. Sa surveillance se concentre également sur le respect des normes de gestion.

Cela est illogique, estime Me Siv Potayya, de promulguer une loi pour définir les paramètres de sécurité dans le périmètre d?une banque commerciale. Car en ce faisant, ajoute l?homme de loi, ce serait une duplication du travail de la police.

De fait, à chaque banque son système de sécurité. Alors que la Mauritius Commercial Bank recrute en interne pour constituer son équipe, la State Bank of Mauritius s?offre les services de la compagnie Securicor alors que les banques commerciales étrangères appliquent les consignes venant de la maison mère. «Ces mécanismes ont été définis au fil des événements auxquels la maison mère a été confrontée dans ses succursales à travers le monde», explique le directeur d?une banque étrangère.

Dans les milieux bancaires, l?on explique que, selon les pratiques internationales de sécurité, l?accès à des endroits tels que le coffre est établi en plusieurs étapes. A titre d?exemple, il existe trois portes menant au main vault. Une première personne n?a le code que pour «sa porte». Elle l?ouvre et reste tout près. La deuxième personne répète les mêmes gestes pour ouvrir la voie au troisième. Ce n?est qu?à la fin de ces man?uvres qu?un quatrième pénètre l?enceinte sécurisée pour effectuer ses transactions nécessaires, tout en remplissant les formulaires nécessaires et s?arrêtant pour les contrôles d?identité.

Le contrôle d?accès est visible, comme à la SBM ou alors indécelable. A première vue du moins. Par exemple, dans le Banking Hall de la SBM Tower, des agents de Securicor officient en permanence, tout près de la lourde porte d?entrée sur le côté. Ils veillent sur tout. Allant même jusqu?à diriger les clients vers les préposés désirés.

<B>Entre le louche et le net</B>

Accéder à un niveau supérieur de la banque entraîne aussi une procédure soutenue : dévoiler son identité et le nom du cadre avec lequel le rendez-vous a été pris, entre autres. Et inutile de songer à tromper la vigilance en sautant dans le premier ascenseur qui s?ouvre. Car il ne fonctionne qu?à l?aide d?une carte personnalisée.

Petite différence qui n?est cependant pas anodine : la SBM s?est installée dans un bâtiment flambant neuf. A la SBM Tower, il existe un cloisonnement entre les opérations journalières et l?administration. Pour y accéder, les portes sont à l?opposé. Ce qui n?est pas le cas à la MCB où les entrées mènent à tous les départements.

En guise de comparaison, l?on pourrait déduire que les clients ont plus de liberté de mouvement à la MCB. Or, il s?avère que la sécurité est omniprésente. Sans qu?on ne le sache. D?une part, il existe des dispositifs sophistiqués, dans des endroits stratégiques et dans certaines zones autour.

L?avantage de la MCB : son équipe de sécurité est constituée d?employés de la banque, habitués aux clients et plus habiles à distinguer entre le louche et le net. Si la MCB a été victime d?un hold-up ayant entraîné mort d?homme, on pourrait l?imputer au fait que certains, au sein du personnel, auraient abusé de la confiance que cette banque avait placée en eux.

Ceux connaissant les rouages de la banque indiquent que le recrutement des agents de sécurité se fait à l?interne, parmi des employés affectés à des menues tâches. Et puisque que cet emploi est synonyme de meilleurs salaires, ils sont nombreux à postuler.

Les candidats sont soumis à plusieurs examens, physiques et psychologiques. D?abord, des examens à l?oral pour cerner la personnalité. En parallèle, l?on se penche sur son parcours au sein de la banque, ses antécédents et ses penchants. Du moment que son intégrité est prouvée, le postulant est soumis à un entraînement poussé, tant sur le plan physique que dans le maniement des armes. Ce n?est qu?à l?issue de tous ces tests qu?il intègre l?équipe d?agents de sécurité.

A la SBM, une fois l?étape des vérifications au rez-de-chaussée franchie, la surveillance physique diminue quand l?on accède aux niveaux supérieurs. Or, à la MCB, les plantons affectés à chaque niveau pour canaliser les visiteurs vers les départements concernés sont sur le qui-vive, souligne-t-on. En sus de cela, des agents de sécurité effectuent de discrètes patrouilles, à l?insu des clients.

<B>Convoi protégé</B>

Le transfert d?argent est également une étape nécessitant une surveillance accrue. D?un côté, la SBM s?assure les services de Securicor. L?entreprise prend en charge la somme à transporter. Et les risques de fraudes ou autres détournements sont couverts par une police d?assurance. A la MCB, ce sont ses agents de sécurité, de surcroît armés, qui protègent le convoi jusqu?à sa destination.

Un ancien agent de sécurité ayant travaillé dans ce secteur pendant de longues années affirme que braquer une banque principale de nos jours et s?en sortir sans difficulté ne peut se faire que s?il y a une connivence interne. Du coup, les Rs 51,8 millions emportées du main vault de la MCB représentent une somme faramineuse pour les Mauriciens.

Pour la petite histoire, le plus grand vol jamais enregistré remonte à la Deuxième Guerre mondiale. Entre avril et mai 1945, à la banque d?Etat allemande, des esprits malins ont fait main basse sur des lingots d?or valant £ 2,5 milliards, soit Rs 130 milliards. Presque le produit intérieur brut du pays?

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