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bernard soustrot les notes du sourire
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bernard soustrot les notes du sourire
Présentons l'artiste. Un large sourire surplombé de deux grands yeux bleus ciel, qui nous rendent nostalgiques en ces humides jours de pluie. Mais les trombes d'eau tropicales, n'altèrent heureusement pas la bonne humeur du trompettiste.
Le musicien raconte son histoire, son parcours, les débuts au conservatoire de Lyon, de Paris. Ses débuts à Stuttgart, puis les tournées, sa carrière de soliste, les Croisières de Musique. Que des essais transformés.
Il ne se souvient toutefois pas avoir appris la musique. "Pour moi, c'était comme l'alphabet, c'était la vie de tous les jours". Soustrot pratique sans trop de peine.
Alors qu'il raconte, son sourire semble ne pas l'avoir quitté depuis ses débuts, sur lesquels il revient, à coups d'anecdotes et d'humour.
Sa première tournée, par exemple, avec l'orchestre radiophonique de Stuttgart, qui l'emmène en Asie, à Hong Kong, la ville de ses rêves. A défaut de latin, il en perd sa valise, qu'il ne retrouve que trop tard, sans avoir eu le temps de faire une petite visite.
"Mais en sortant de la salle de concert, je me suis posé avec ma valise et j'ai dit aux copains, laissez-moi regarder". Des histoires comme celle-là, il n'en manque pas.
Ce Lyonnais d'origine fait de la musique avec autant d'aisance que le commun des mortels respire. Dans la famille Soustrot, on est musicien de père en fils de puis cinq générations. Il apprend la trompette parce que son père, ce professeur de musique qu'il admire tant, en jouait aussi. "S'il avait joué de la cornemuse à pédale, j'en aurais fait autant", plaisante-t-il.
A ses côtés, aujourd'hui, son fils Yohann Soustrot, 14 ans, a hérité des bonnes joues et des yeux bleus du papa. Re-nostalgie. Mais oubliée la trompette, le jeune homme a choisi le violon à l'âge de trois ans, devant les yeux ébahis de ses parents. "Et puis je préfère mon père comme père que comme professeur", qui déserre les lèvres un instant.
S?il est aussi talentueux que sérieux, l'ado aux mèches rebelles impressionnera ce soir son premier public pour son premier concert solo au violon, en interprétant la Méditation de Thaïs.
Entouré de musique depuis qu'il est né, sa carrière musicale est gravée dans ses gènes. Tu seras un musicien, mon fils ! Difficile d'échapper à son destin.
Après le couple père et fils, le couple cher et tendre, Maurice Benterfa et Emilie de Souza, complices à la ville comme à la scène, partageant une même passion pour la musique et un accent qui fleure bon la Méditerranée.
Leur histoire est intimement liée à celle des Soustrot, puisque le père de Maurice a été le maître de Bernard et qu?aujourd'hui, tous deux sont les professeurs de trompette au Conservatoire de Perpignan. Maurice enseigne aux débutants, Bernard aux masterclass. Pour compléter le tableau de famille, c?est Emilie de Souza, pianiste, qui les accompagne pendant les classes.
Maurice Benterfa, chevelure rock and roll et chemise à fleur, n'aurait pu imaginer sa vie autrement. "Mon père m'a mis au piano à l'âge de cinq ans, mais ça ne me plaisait pas; je voulais faire de la trompette, comme mon père. Mon but était d'être prof au Conservatoire de Perpignan". Emile a eu plus de doute quant à sa carrière musicale. Aussi studieuse à l'école qu'au Conservatoire (de Perpignan bien sûr), elle a hésité à se lancer dans la musique jusqu'à ce qu'on lui propose de jouer un concerto de Schumann.
"Cette expérience m'a vraiment plu. J'ai poursuivi des études et obtenu mon diplôme de professeur de piano et j'ai obtenu un poste au Conservatoire de Perpignan", raconte-t-elle.
Réunis autour de Bernard, ils se retrouveront donc tout naturellement sur la scène ce soir, dans l'Eglise Saint Augustin de Rivière Noire, pour un concert de charité, au profit de la reconstruction de Camp Lacolle. L?entrée est à Rs 275.
LA TROMPETTE CLASSIQUE
Lorsque l'on dit trompette, on pense à Louis Armstrong, Miles Davis. On pense au jazz avant de penser au classique. Et pourtant.
Bernard Soustrot nous explique que la trompette est restée un instrument populaire, un instrument de foire, de combat, alors que "la trompette a une palette sonore énorme qui peut transcrire tout un tas de sentiments. L'approche du jazz a été bénéfique et c'est aujourd'hui un bonheur que les compositeurs écrivent pour nous, trompettistes. Mais ce n'est pas facile car il faut pouvoir bien mettre l'instrument en avant, il faut que les gens puissent le supporter et certains compositeurs oublient cela".
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