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Coup de foudre à Bollywood
Mme Bakshi n?a qu?une seule idée en tête : marier les aînées de ses quatre filles - Jaya et Lalita. Mais pas n?importe comment ! Comme toute bonne mère, Mme Bakshi est exigeante : son futur gendre se doit d?être indien et surtout... riche.
Mr. Balraj, leur nouveau voisin fraîchement revenu de Londres, ferait à ce titre un prétendant parfait pour Jaya, l?aînée. Sa soeur Lalita, quant à elle, tient tête à sa mère : elle ne se mariera que par amour.
Lors d?une des nombreuses fêtes extravagantes offertes par les Bakshi et leur voisin, Lalita rencontre Darcy, le meilleur ami de Balraj. Il a tout pour plaire ou presque... Ce bel hôtelier n?a que deux défauts : il est américain et fiancé.
Si Darcy tombe immédiatement sous le charme de la belle Lalita, les sentiments de celle-ci sont plus mitigés...
Coup de foudre à Bollywood est adapté de Orgueil et préjugés de Jane Austen , le livre favori de Gurinder Chadha durant ses années de jeunesse. La réalisatrice eut envie de faire d?Elizabeth Bennet, l?héroïne du roman, l?explosive Lalita Bakshi, une jeune femme intelligente au caractère bien trempé, fermement décidée à échapper au sort traditionnel des jeunes Indiennes.
La cinéaste explique le travail de transposition de l?oeuvre à l?écran : ?Jane Austen nous entretenait des rapports de classes dans l?Angleterre du XVIIIème siècle. Pour ma part, je souhaitais évoquer le choc des cultures dans le monde d?aujourd?hui. Les Bennet deviendraient les Bakshi d?Amritsar (quintessence de la ville de province indienne). Darcy serait un riche hôtelier de Los Angeles, et son meilleur ami Bingley, un Anglo-Indien. Au lieu de se rencontrer lors de bals mondains, les personnages se croiseraient à l?occasion de mariages ayant lieu sur trois continents différents.?
C?est au Festival de Cannes, en 2001, à quelques jours du tournage de Joue-la comme Beckham, que le producteur Cameron McCracken, de Pathé Films, a proposé à Gurinder Chadha de réaliser une comédie musicale. En 1997, celle-ci avait tenté de faire une fantaisie anglo-bollywoodienne inspirée de son amour pour Bollywood et les comédies musicales américaines.
Pour des raisons financières, elle n?avait pu terminer le film.?Avais-je envie de revisiter ce monde de stars glamour qui changent de costume à chaque scène, ces numéros flamboyants où des centaines de danseurs évoluent au milieu de jets d?eau d?un puissant érotisme ? Évidemment!? raconte la cinéaste.
Gurinder Chadha s?entoura de collaborateurs emblématiques de l?univers ?Bollywood? : Anu Malik, le plus grand compositeur bollywoodien de chansons pop aux mélodies irrésistiblement entraînantes et joyeuses, Saroj Khan, reine de la danse indienne qui a chorégraphié depuis l?âge de treize ans des centaines de chansons, Santosh Sivan, un grand directeur de la photographie ayant obtenu de nombreux prix en Inde, et l?actrice Aishwarya Rai, star ensorceleuse en qui Julia Roberts voit ?la plus belle femme du monde?.
Comédie américaine réalisée par Gurinder Chadha (2004) Avec Aishwarya Rai, Martin Henderson, Daniel Gillies Durée : 1h 52 min
GURINDER CHADHA : CINÉASTE ENGAGÉE
Lorsque les premières dissensions politiques se firent ressentir au début des années 1950, les parents de Gurinder Chadha (qui n?est alors qu?un bébé) quittent un Kenya en marche vers l?indépendance.
D?origine indienne mais citoyens anglais, les membres de la petite famille partent donc s?installer dans l?Ouest de Londres. Quelques années plus tard, débutant une carrière de journaliste d?actualités pour la radio BBC, Gurinder Chadha réalise ses premiers documentaires dans le cadre du British Film Institute, la BBC et Channel 4, dont I?m English But... en 1989, axé sur la vie de jeunes Indiens vivant en Angleterre. Dès l?année suivante, la jeune femme crée sa propre société de production, Umbi Films, et réalise un premier court métrage de fiction de onze minutes, Nice Arrangement, sur un mariage anglo-indien.
Déjà, une constante dans la thématique de la minorité culturelle s?intégrant tant bien que mal dans un pays d?accueil. En 1993, la réalisatrice tourne son tout premier film de fiction, Bhaji, une comédie féministe sur lit de thèmes culturels et politiques, retraçant l?histoire et les aventures de trois générations de femmes anglo-indiennes. Cet essai lui vaut déjà quelques prix internationaux (à Locarno notamment), ainsi que d?être citée au BAFTA Award du Meilleur film britannique et de remporter l?Evening Standard British Film Award de la meilleure jeune réalisatrice.
Tout en enchaînant sur Rich Deceiver, un téléfilm dramatique en deux parties pour la BBC, et en poursuivant son travail documentaire, elle tourne ensuite; aux Etats-Unis la comédie culinaire What?s cooking ?, chroniques croisées autour de quatre familles d?origines diverses, préparant chacune à sa manière le traditionnel repas de Thanksgiving. Le film se retrouve en ouverture du Festival de Sundance 2000 et reçoit un chaleureux accueil aussi bien publique que critique. Une nouvelle fois nommée au titre de Meilleure réalisatrice par ses compatriotes,
Gurinder Chadha fait mouche une troisième fois avec ce Joue-la comme Beckham à la fois féministe, indien et footballistique ! Un film désormais érigé, comme Le journal de Birdget Jones l?année précédente, au rang de comédie culte outre-Manche.
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