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Droit de réponse
<I>15 février 2005 Au Rédacteur en chef L?Express</I>
<B>Cher Monsieur</B>
Suite à l?article de Monsieur Didier Pragassa dans votre livraison en date du 15 février 2005, veuillez, je vous prie, avoir l?obligeance de publier notre Droit de Réponse en espérant que cela apaisera les sentiments obscurs éprouvés à l?égard de Savanne SC de la part de votre journaliste de qui on dirait, tit for tat, ?dévoué? certes? par contre pas assez ?consciencieux?? et pas du tout ?juste?. </B>
<B>Honneur et Horreur</B>
Monsieur Pragassa, le Mot ?horreur? est déplacé. Dans le seul souci du ?rimage facile? vous causez là un dommage irréparable au moral de nos fidèles supporters répartis dans toute la largeur du district le plus large et le plus pauvre. Ces supporters qui donnent sang et sueur pour Savanne SC et qui les lundis matin se font un devoir de s?acheter une copie de l?express pour suivre le progrès de leur équipe préférée au sein de la division ?d?honneur?. Ce sont ces mêmes supporters qui sont allés défiler spontanément en grand nombre dans les coins et recoins du district de Savanne avant et après le match international que nous avons remporté 2 buts à 0 avec honneur? sur notre sol et porté par notre public.
C?est injuste de vitrioler sa critique et de débiter du ?n?importe quoi unlimited et sans retenue? quand vous avez choisi de rester loin de ce chaudron qu?était le Stade de l?Unité en ce samedi du 12 février et quand surtout vous n?avez vu que quelques phases du match (mais pas le match dans son intégralité) ou que vous avez tout repris de votre confrère du Nation aux Seychelles. N?importe quel journaliste consciencieux dirait : ?It?s not fair !? Une opinion pour qu?elle soit juste doit être basée sur les faits. On ne compte pas vous apprendre votre métier. Il y a le score certes, mais il y a aussi le match, il y a les circonstances autour du match et il y a surtout le facteur chance.
Notre stratégie était de marquer rien qu?un petit but et de se cantonner en défense après. Cela aurait servi à saboter le moral de fer des Red Stars, car, avec une tactique défensive ?à la bigorneau? sur deux buts seulement n?aurait pas suffi, tellement la rage de gagner des Red Stars était palpable dans toute l?atmosphère de Mahé. On était tous d?accord sur la stratégie à être adoptée et on l?est toujours. Croyez-nous, on n?a jamais été aussi solidaires envers notre entraîneur et nos joueurs.
On a eu 5 à 6 bonnes chances de se qualifier mais les dieux du stade (car ils existent bien) n?étaient pas de notre côté, ce samedi 12 février. Des fois on se demandait si ce n?était pas un vendredi 13.
La stratégie mise en place était la bonne. On en est certain. Les raisons de la défaite sont tout autre.
La chaleur équatoriale intense, humide et suffocante en ce début de mousson a diminué le rendement de nos joueurs.
Mais ce qui a le plus probablement causé le tsunami c?est ce public seychellois extraordinaire qui, dans le passé avait arraché les plumes du grand Zamalek à Mahé. Ce public n?a pas son second dans tout l?océan Indien. Un grand nombre de femmes vociférant dans les gradins et dansant de joie. C?était du jamais vu. Tous les entraîneurs et joueurs le reconnaissent : Le Public, c?est plus qu?important !
Savanne SC est une équipe régionale par excellence, équipe avec l?un des plus petits budgets du championnat local (contrairement aux grosses pointures telles que l?ASPL, USBBRH, AS Vacoas-Phoenix et même Pamplemousses SC, qui ont leur municipalités et plusieurs gros bonnets derrière eux, nous, n?avons qu?un seul sponsor : Bioculture - La Vanille Réserve des Mascareignes. Nous avons quand même marqué l?histoire en tant que première équipe issue de la régionalisation à se qualifier pour ce premier tour de coupe d?Afrique en deux fois.
Voyez-vous, Monsieur Pragassa, Savanne SC n?est encore qu?une petite équipe de village, victime de son propre succès dans le championnat local et dans les compétitions de coupe. Nous avons gravi trop vite les échelons. Imaginez-vous un peu, une équipe de village, régionale à part entière qui se forme il y a 4 ans. À la fin de notre première saison, passée en deuxième division, en 2001, nous nous catapultons dans la cour des grands, car, nous retrouvant à la deuxième place du tableau à la fin du championnat, nous sommes promus en première division.
En 2002, à la fin de notre premier mandat chez les ténors, nous sommes 5e au classement.
À la fin de la deuxième année nous gagnons la MFA Cup et nous nous retrouvons à la deuxième place derrière l?ASPL 2000 avec sa pléiade de stars et d?internationaux. La saison dernière, nous nous retrouvons troisième derrière cette même ASPL 2000 et Pamplemousses SC ,qui, nous l?avons appris tout récemment a un budget qui équivaut 3 fois le nôtre, mais nous gagnons néanmoins et à nouveau la prestigieuse MFA Cup.
Comparaison n?est pas raison, nous dit le proverbe. Toutefois si comparaison il devait y avoir, vous êtes d?accord, on ne peut comparer que le comparable? puisque toute la structure de l?article est basée sur la comparaison.
Voyez-vous Monsieur Pragassa, Savanne SC, le petit Poucet de ce championnat mauricien est fier des résultats obtenus jusqu?ici face aux géants. Notre heure n?a pas encore sonné au niveau africain, chaque chose en son temps. Nous avons perdu une bataille mais pas la guerre. Nous ne pouvons que tirer des leçons de cette déconvenue subie aux mains de cette équipe des Dallons qui était je vous l?assure une équipe totalement transformée à côté de cette formation que nous avons vu évoluer au stade George V le 30 janvier dernier.
Tout cela fait partie du football. Il faut savoir accepter la défaite, tourner la page et sortir aguerris de cette expérience. Nous, dirigeants du Savanne SC, qui avons encadré nos joueurs au mieux de nos capacités pendant ce week-end d?enfer, avons eu toutes les peines du monde pour leur remonter le moral, eux qui ont voulu tant donner, mais ils sont tombés sur plus forts qu?eux ce jour-là, oui mais l?épée à la main. En rentrant au pays après tout ce travail psychologique effectué, pour tamponner la douleur de nos guerriers, voilà que nous prenons lecture de votre article où vous traitez notre prestation d?exécrable, perte de crédibilité au football local et patati et patata.
Non Monsieur Pragassa, on n?a pas l?intention de polémiquer avec vous, on a tellement envie de vous laisser entendre que c?est votre contribution au journalisme sportif qui est exécrable? mais on ne vous le dira pas. La Plume c?est votre métier, le nôtre c?est le ballon. ?Boule rond, la plaine carré?, ça vous dit quelque chose. C?est un dicton mauricien. Même les géants du football au niveau mondial vivent, un jour ou l?autre, leur ?Black Day?.
M. Pragassa lisez ce message que nous avons pour nos joueurs : Dragons Savannais, vous qui donnez tant de vous-mêmes à ce club que vous aimez, nous vous saluons bien bas pour votre parcours ô combien héroïque pendant ces 4 ans. Vous qui n?auriez pas de terrain pour vous entraîner si ce n?était par la bienveillance de la propriété de Britannia. Vous les mal chaussés de cette ligue nationale qui ne bénéficiez même pas d?un terrain éclairé pour vos entraînements, chose acquise par chaque autre club de l?élite.
Pour cette deuxième participation au niveau africain, bravo. Nous savons que vous saurez tirer profit de cette expérience pour faire encore mieux cette saison et serez toujours prêts à relever les défis. Tombés, lévés nous pou ensame !! C?est là le secret de cet esprit savannais qui nous anime tous, joueurs, dirigeants, supporters.
Finalement, M. Pragassa, on ne vous demande pas d?être gentil avec nous. On serait amplement satisfait si vous restez juste envers nous et surtout à la noble profession que vous exercez.
Au nom des dirigeants de Savanne SC
<B>Mary-Ann Griffiths et Jay Bhunjun</B>
<B>Notre réponse</B>
Comme l?express est une plateforme qui privilégie la liberté d?expression, nous accordons un droit de réponse à l?état-major de Savanne SC au sujet du texte d?opinion paru dans notre édition du mardi 15 février qui a trait à l?élimination de cette équipe en Coupe d?Afrique par le Red Star des Seychelles. Loin de nous l?intention de venir polémiquer avec Mary-Ann Griffiths et Jay Bhunjun, qui se font passer pour les porte-parole des dirigeants du club sudiste, mais leurs propos contiennent trop d?inepties? pour ne pas dire autre chose et que nous ne pouvons passer sous silence.
Pour commencer, nous tenons à dire aux deux signataires de la mise au point aussi bien qu?à leurs amis du comité de direction du club que nous nous tenons à ce qui a été écrit par notre collègue, Didier Pragassa. Une défaite de quatre buts à zéro face à une équipe moyenne des Seychelles relève d?une humiliation pure et simple. C?est du jamais vu puisque dans une confrontation directe entre club mauriciano-seychellois, le football local n?a jamais été ridiculisé à ce point par les Dallons.
Libre à vous ? pour juger les écrits de notre journaliste et de sa contribution à la chose sportive ? de penser et d?abuser des qualificatifs comme ?pas juste?, pas ?assez consciencieux? et d??exécrable?, mais cette élimination aux Seychelles s?avère honteuse. ?Horreur? et n?ayons pas peur de ce mot qui semble vous déranger, mais, c?est quand même vous qui venez confirmer que ça a été l?enfer à Mahé et que vous avez eu toutes les peines du monde pour remonter le moral de vos joueurs. Ils ont vraiment vécu l?horreur alors !
Perdre par quatre buts contre les Seychellois, c?est inexplicable. Votre coach a raison. Cependant, Taleb Fatehmamode doit savoir pourquoi son équipe, qu?il a fait évoluer offensivement plutôt que défensivement, a pris une telle raclée, au cas contraire, il n?est pas digne d?être à sa place, surtout après avoir rejeté, sans retenue, les responsabilités sur ses joueurs. C?est facile de trouver des excuses comme la chaleur, l?humidité ou encore les cris des supporters, mais nous ne pensons pas qu?il neige dans le Sud et que se passerait-il si les Dragons avaient eu à jouer devant les 15 000 à 20 000 spectateurs du stade George V au temps des Fire Brigade, Sunrise SC, Cadets Club et Scouts Club ?
Pour un ?Black Day?, ça a été vraiment un ?Black Day? pour Savanne SC et, par ricochet, pour le football mauricien. ?Tombés, lévés nous pou ensam ! !?, toute la famille du ballon rond local est contrainte de l?être dans une pareille situation eu égard à une telle déculottée. ?Boule rond, la plaine carré?, c?est forcément le cas de par la réalité actuelle du football moderne et ce n?est pas la faute à un club d?avoir un peu plus de moyens que d?autres.
Pour conclure, nous disons tout simplement à Mary-Ann Griffiths, Jay Bhunjun et consorts qu?il faut savoir accepter les critiques autant que les louanges, comme nous l?avions fait, en vantant légitimement les coups d?éclat de leur équipe pour toutes les raisons avancées dans leur mise au point. Bref, à l?express, nous disons les choses comme elles sont, même si ça fait mal ? c?est ce qu?a fait notre journaliste, Didier Pragassa, ? quitte à ce que cela déplaise à certains !
<B>La Rédaction</B>
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