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Le nouveau modèle économique du JEC
La croissance stagne. Aucun secteur ne domine l?économie. La Chine et l?Inde émergent. Dans ce nouvel environnement compétitif, le Joint Economic Council (JEC) propose un plan d?action (road map) pour la création d?un nouveau modèle économique, axé sur les services.
Le document, rendu public hier, a été présenté au gouvernement lors de la réunion Etat-secteur privé. Il énumère les stratégies, à mettre en pratique immédiatement, pour passer rapidement dans le secteur des services et de l?entrepreneuriat.
?La croissance annuelle moyenne ces dernières années a été de 4,2 %. Il faudrait qu?elle soit entre 7 et 8 % pour générer de l?emploi et soutenir les charges de l?Etat-providence?, a indiqué hier le président du JEC, Ariff Currimjee.
Cette plate-forme ?efficiente, propre et intégrée? repose sur deux séries de stratégies. D?abord, la bonne gouvernance, un climat propice à l?investissement, une politique aérienne compétitive, l?optimisation des ressources dans l?éducation supérieure et la rationalisation des mesures incitatives. Puis, pour le moyen terme, les relations industrielles, les réformes des finances et un accès rapide à la capitale doivent être considérés.
Selon Ariff Currimjee, le pays ne peut plus attendre. Bien que 2005, soit une année électorale, elle est une année critique pour passer au nouveau modèle économique. ?Ces mesures proposées ont le consensus?, a-t-il précisé.
La Technologie de l?information et de la communication (Tic) est l?un des piliers en devenir. Cependant, le JEC estime que ce secteur ne peut capitaliser sur ses atouts car le prix d?accès au haut débit est trop élevé. Il vise du coup le monopole de Mauritius Telecom sur le câble SAFE. Le prix mensuel de connexion par mégabit entre Maurice et la France est presque le quadruple du prix entre la Réunion et Paris. A ce prix, selon le JEC, les investisseurs dans le secteur des Tics seront réticents à s?installer à Maurice. ?Toutes les options peuvent être envisagées pour que l?accès à l?internet à haut débit, à des prix compétitifs, devienne une réalité?, a précisé Raj Makoond, directeur du JEC.
La politique d?accès aérien demande à être revue, à la lumière des récentes recommandations des consultants néerlandais. La compétition et la pression sur Air Mauritius pour la réciprocité avec les autres compagnies d?aviation augmentent graduellement. Il y a urgence pour une nouvelle stratégie d?échanges bilatéraux et d?une ouverture sélective aux charters.
Attirer les investisseurs exige une action précise et concertée. Avec les récents textes de loi adoptés à l?Assemblée nationale (par exemple Local Government Act et Planning & Development Act), chaque ministère concerné est appelé à expliciter, sur son site web, les nouvelles lignes directrices. Toutefois, ce faisant, ces ministères ne devraient nullement entraver les activités du Board of Investment, l?interface privilégiée entre le futur investisseur étranger et l?Etat.
Au-delà des réajustements à divers niveaux, le JEC estime qu?une attitude nouvelle des fonctionnaires est nécessaire. ?Les investisseurs opteront pour d?autres pays, à l?instar de Singapour, où l?interaction est plus dynamique?, a indiqué Ariff Currimjee.
La bonne gouvernance, selon le JEC, c?est aussi une législation adéquate pour le financement des partis politiques. L?Electoral Supervisory Commission (ESC) est appelée à jouer un rôle plus important. Chez les partis politiques, les dépenses par candidat devraient être augmentées à Rs 1 million, mais pour la campagne seulement. ?The recommendations will be necessary for establishing a transparent and clear framework for the funding of political parties and should be implemented urgently?, explique le JEC.
En ligne avec la politique de l?Etat qui veut transformer le pays en un knowledge hub¸ le JEC estime que le secteur privé a un rôle prépondérant à jouer. Or, l?investissement dans l?éducation supérieure est inférieur à celui d?autres pays. Maurice injecte Rs 600 millions, Singapour dépense Rs 1,5 milliard environ. Le JEC sollicite la création d?espaces afin que le secteur privé puisse entrer dans ce créneau.
Avec la mise en pratique de ces stratégies, les heures de travail seront flexibles. Déjà, le présent système routier ne peut supporter le trafic. Chaque seconde perdue dans l?embouteillage est une perte d?argent. Une problématique de plus à résoudre. Parmi tant d?autres.
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