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?Dénoncer le manque de discrétion?

18 février 2005, 00:00

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par Jean-Maurice LABOUR, Vicaire Général

Je souhaiterais réagir à l?éditorial de M. Meetarbhan intitulé ?Le droit de savoir? (l?express 17/02/05). Au nom du droit de réponse, je vous saurais gré de donner publication à ce qui suit dans votre édition du 18.02.05. :

L?essentiel de mon propos à la fin de mon homélie consistait à dénoncer le manque de discrétion sur le secret de l?instruction qui doit prévaloir pour ne pas causer de préjudice à l?enquête. Si la presse choisit de relayer ces informations qui n?ont pas le temps d?être vérifiées, elle est entièrement libre de le faire ; les propos tenus hier à ce sujet sont clairs : ?Dans le processus, les gens des medias risquent de se laisser aller à la tentation de la production de scoops, le démenti du scoop d?hier devenant lui-même un scoop pour aujourd?hui (?). Mon intervention a pour but d?aider la police ainsi que les grands acteurs de la société que sont les médias et non faire des critiques négatives.?

M. Meetarbhan se dit choqué que j?exerce mon esprit critique ?de façon sélective?. Je m?en tiendrai uniquement aux faits : le personnel de la MCB a formulé la demande pour une messe en mémoire de M. Lagesse. C?est dans ce contexte que j?ai saisi l?occasion pour porter sur la place publique ces interrogations que je porte depuis longtemps sur les autres affaires criminelles qui ont défrayé la chronique.

J?aurais, hier, ?menacé? la presse du gagging order. Je me permets de vous envoyer l?intégralité de mes propos d?hier ? texte qui a été remis à un membre de votre rédaction. Le public comprendra aisément que ce gagging order évoqué a pour but de préserver l?objectivité d?une enquête dans les cas criminels. Bâillonner la presse n?a jamais été mon intention et ce cap n?a jamais été franchi dans mes propos. Je rappelle à M. Meetarbhan que j?ai été ordonné prêtre par le cardinal Margéot, celui-là même qui avait cautionné un journal d?extrême gauche quand le pouvoir de l?époque avait tenté de bâillonner la presse. Je suis de cette école qui respecte entièrement la liberté de la presse. Les ?graves attaques contre le droit à l?information? et le ?black-out? dont parle M. Meetarbhan sont complètement hors de proportion. Qui se sent morveux, se mouche?

Au nom du ?droit de savoir?, est-il sain que la presse étale, par exemple, dans son intégralité la déposition d?une femme violée, déposition donnée dans les détails pour les besoins de l?enquête ? Je parle là d?un fait récent. Libre à certains journalistes de l?école de M. Meetarbhan de faire ce choix?

● Notre réponse :

Je n?ai pas la prétention de croire que les valeurs journalistiques que je défends font école. Dans la presse, chacun définit, selon ses principes, les lignes jaunes à ne pas franchir. Certains confrères peuvent décider de répercuter ?dans son intégralité la déposition d?une femme violée.? Cependant, l?éditorial d?hier n?avait, bien entendu, rien à voir avec cette liberté-là. Le vicaire général fait un insidieux amalgame quand il confond ce droit avec celui, que nous défendions hier, de publier des allégations faites dans une affaire d?intérêt national.

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