Publicité
Propositions de Sithanen pour plus de femmes au Parlement
Par
Partager cet article
Propositions de Sithanen pour plus de femmes au Parlement
Toutes les recherches internationales ont démontré que la représentation proportionnelle (RP), ou un système électoral mixte, permet d?élire un plus grand nombre de femmes. Mais Maurice n?ayant pas encore réformé son système électoral reposant sur le First Past the Post (FPP - système uninominal), alors qu?il faudrait une masse critique de 30 % de représentation féminine pour influer sur l?agenda politique, une mesure intérimaire serait d?amender la loi électorale et y définir un certain nombre de sièges de RP. C?est l?avis de Rama Sithanen qui intervenait hier, en tant que chercheur académique, lors d?un atelier de travail des organisations non gouvernementales Gender Links et Media Watch Organisation. La réunion s?est tenue au Media Trust.
Si les facteurs socioéconomiques et culturels freinent assurément l?entrée des femmes en politiques active, l?organisation des partis politique et la domination masculine qui y règne, de même que certains systèmes électoraux, selon les chercheurs, portent davantage préjudice aux femmes.
A l?aide d?une profusion de statistiques, il a démontré que les systèmes de RP et mixtes favorisent l?accession des femmes à la députation. Le cas le plus flagrant est celui de la Nouvelle Zélande. Quand ce pays a réformé son système électoral, abandonnant le FPP pour le système mixte, la proportion de femmes élues à la députation est passée de 16 % à 30 %. En Allemagne, où le système est mixte (FPP et RP), 80 % de femmes sont élues par le biais de la liste RP alors que seules 20% accèdent à la députation à travers le FPP.
Les études ont aussi montré qu?une représentation trop minime de femmes au parlement ne peut avoir d?incidence sur l?agenda politique. Dans de tels cas, les femmes représentent leurs partis d?abord, leurs électeurs ensuite et finalement leur genre. Ce qui fait la différence, c?est la masse critique d?élues.
Avec une représentation de 30 % et plus d?élues, elles ont une influence significative sur l?agenda politique en soutenant des législations en faveur de la santé, des femmes, de la famille, mais aussi en termes de perspectives. ?Par exemple, sur une question concernant l?emploi, les parlementaires hommes se concentreront sur la carrière, le salaire, les bénéfices généraux, alors que les parlementaires femmes mettront l?accent sur la vie de famille.? Et puis, souligne Rama Sithanen, une masse critique de femmes élues modifie l?ambiance des sessions parlementaires : leur présence décourage les écarts de langage.
Transition souple sur trois elections
Par conséquent, il est clair que la Party List de la RP est le moyen le plus efficace pour augmenter la présence de femmes au Parlement, mais sans un quota précis entre hommes et femmes sur cette liste, la sous-représentation des femmes perdurera. Analysant les propositions des deux comités d?élite sur la représentation proportionnelle, Rama Sithanen estime que celle d?Emmanuel Leung Shing n?apporte rien alors que celle d?Ivan Collendavelloo ? six femmes sur douze candidats alignés sur la liste de RP ? n?entraînera l?élection que de 6 % d?élues, soit un pourcentage insuffisant pour un impact sur l?agenda politique.
Rama Sithanen déclare qu?il y a une rumeur persistante à l?effet que le système de Best Loser (BL) soit étendu de 8 à 18, pour accommoder les femmes. En sus d?être complexe ? car il faudra alors tenir compte des femmes, des hommes et de l?ethnie ? un tel système constitue une discrimination basée sur le sexe, ce qui est a l?encontre de la Constitution. Celle-ci est la loi suprême du pays, comme le juge Albie Sachs et Ivan Collendavelloo l?ont amplement souligné. Il estime que c?est un danger pour l?unité nationale et que c?est humiliant pour les femmes, qui auront perdu les élections, de faire ainsi leur entrée au Parlement. Instaurer un tel système occasionnera également des guerres intestines entre candidats du même parti.
Ce qu?il faudrait peut-être, c?est une transition souple. Rama Sithanen pense qu?on pourrait étendre les 30 % de représentation féminine sur trois élections, soit 2005, 2010 et 2015. Mais même si l?avenir paraît sombre pour les femmes en politique, il considère que c?est à elles de prendre le taureau par les cornes et faire pression sur leurs partis respectifs.
Malgré l?absence des parlementaires de l?alliance MSM-MMM qui ont boycotté cette activité de Gender Links et de la Media Watch Organisation, l?atelier de travail a attiré bon nombre de participantes : adhérentes du Parti travailliste, de Lalit, du Mouvement militant socialiste mauricien et même Dulari Jugnarain, la candidate indépendante battue à la partielle de Piton-Rivière-du-Rempart.
Publicité
Publicité
Les plus récents