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La CCI : ?Favoriser l?investissement?

18 février 2005, 00:00

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Les conditions économiques pour attirer l?investissement étranger et encourager le développement des petites et moyennes entreprises sont aussi importantes que les conditions générales socioéconomiques. Les deux ont un impact sur la productivité, la stabilité, la sécurité et la crédibilité.

Ces considérations sont contenues dans le mémoire que la Chambre de commerce et d?industrie (CCI) a remis hier au gouvernement dans le cadre des consultations pré-budgétaires.

Dans ce document, la CCI fait état des problèmes d?ordre socio-économique, dont la congestion routière, la pollution, l?escalade de la criminalité. Elle demande leur amélioration, afin ?d?encourager une culture de qualité et d?excellence? et pour développer un environnement qui soit more business-friendly.

Selon la CCI, il est incontestable que durant les quatre dernières années, le gouvernement s?est lancé dans un vaste programme d?investissement pour soutenir le développement économique à long terme. Mais, dans le processus, il y a eu certains ?déséquilibres? qui méritent d?être corrigés.

Le ratio revenus/produit intérieur brut (PIB), considéré relativement élevé, doit être réduit. Cela implique que l?Etat devrait s?abstenir de créer de nouvelles taxes ou d?augmenter celles existantes. Mais, parallèlement, il doit poursuivre les efforts pour améliorer les méthodes de collecte de taxes et pour élargir la base de l?impôt sur le revenu (income tax).

Une meilleure collecte de taxes devrait permettre au gouvernement de réduire les droits de douane à l?importation, sans pour autant chercher d?autres sources pour équilibrer le budget.

Le ratio dépenses/PIB est également relativement élevé. Les gaspillages mentionnés dans le rapport du directeur de l?Audit doivent être réduits. En même temps, des moyens alternatifs pour le financement du développement des infrastructures doivent être explorés.

Le partenariat privé - public (PPP) n?a pas encore donné les résultats escomptés. Il faut que ce système soit révisé pour réduire les dépenses du budget de développement.

Endettement supérieur à la norme internationale

Le projet de cibler le Basic Retirement Pension a ses mérites et le gouvernement doit être encouragé dans cette voie. On peut appliquer ce principe dans d?autres domaines, telles la santé, l?éducation et les subventions sur les denrées de base.

Pour les années fiscales 2001-2002 à 2004-2005, les investissements dans les projets de développement ont atteint Rs 27 milliards. La conséquence directe des prêts contractés pour ces dépenses est l?augmentation substantielle de la dette publique. Celle-ci est passée de Rs 54 milliards en juin 2001 à Rs 94 milliards en juin 2004.

En pourcentage du PIB, l?augmentation est de 14 % (de 43 % à 57 %). Comparé à la norme internationale généralement acceptée de 30%, l?endettement est élevé, sans tenir compte des dettes des organismes parapublics et d?autres entreprises publiques.

Un autre indicateur de la situation critique de la dette publique est le remboursement (servicing) de la dette : il a augmenté pour atteindre Rs 9,6 milliards au budget actuel, contre Rs 6,3 milliards dans celui de 2001- 2002. Il est donc important que le gouvernement prenne des mesures : réduire (soft pedal) les dépenses du budget de développement, mieux examiner les projets de l?Etat, et effectuer des choix pour faire baisser le servicing de la dette publique.

S?il est vrai qu?il y a eu une bonne croissance (boost) dans l?investissement privé l?année dernière, il est urgent d?améliorer le cadre institutionnel et de rationaliser les procédures administratives. Plus important encore : en tant que ?facilitateur ?, le gouvernement doit instaurer davantage de confiance chez les opérateurs économiques et offrir aux Mauriciens plus de mesures incitatives et d?opportunités pour faire des investissements productifs.

La libéralisation du commerce, ainsi que le démantèlement des barrières tarifaires et non-tarifaires, implique que la différence traditionnelle entre les marchés locaux et ceux de l?exportation devient de moins en moins pertinente.

Mesures incitatives pour petits épargnants

Les producteurs pour le marché local doivent concourir avec les fournisseurs étrangers, tout comme ceux qui produisent pour l?exportation doivent affronter la compétition internationale. Sans compter que le commerce des services représente un potentiel de croissance.

Dans ce contexte, on ne peut plus retenir la distinction entre marchandises et services en ce qui concerne les fiscal incentives. Pour cette raison, la CCI soutient qu?il y a nécessité d?un single corporate tax rate. Elle suggère un taux de taxation uniforme de 15 % pour tous les secteurs.

Il est important d?encourager les petits investisseurs à rechercher des opportunités pour optimiser le retour sur leur épargne. Le gouvernement devrait introduire de nouvelles mesures incitatives pour petits épargnants pour les encourager à investir dans des actions, particulièrement à la Bourse (stock exchange). Cela donnera un coup de fouet (boost) à l?investissement, dynamisera davantage le marché de titres (stock market) et soutiendra le développement du marché financier. La privatisation de certaines entités publiques peut certainement aider dans cette démarche.

Concernant les motivations (incentives) existantes pour promouvoir l?investissement, il est « urgent de revoir tout le cadre afin de simplifier, harmoniser et rationaliser les conditions ». Il faudra trouver le best package pour attirer l?investissement étranger d?une manière plus efficace qu?actuellement.

La CCI met aussi en exergue la nécessité d?introduire une législation ?anti-dumping? pour protéger les producteurs locaux d?une compétition injuste et pour soutenir l?investissement dans de nouveaux projets.

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