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Beachomber défend le haut de gamme

16 février 2005, 00:00

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Le débat n?en finit pas sur la politique touristique du pays sur fond de performances médiocres ces dernières années. Le plus important groupe hôtelier du pays, Beachcomber (New Mauritius Hotels), entre dans la mêlée. Il défend la continuité du concept haut de gamme.

La quasi stagnation des arrivées touristiques ces dernières années a fait germer l?idée que Maurice devrait réviser son positionnement comme destination haut de gamme. Un récent rapport de la Netherlands Airport Consultants (Naco) a apporté de l?eau au moulin de cette école de pensée.

Le haut de gamme c?est fini, commente la Naco dans son rapport sur le transport aérien. Les plages de Maurice ne sont pas uniques et d?autres destinations moins chères en ont d?aussi jolies. Poussant son raisonnement plus loin, la Naco préconise une baisse des tarifs hôteliers.

?Maurice soigne-t-elle son image ??

Beachcomber rejette totalement cette logique dans la dernière édition de son journal d?entreprise, Beachnews. ?Avec d?autres, nous ne pensons pas que le haut de gamme ne fait plus recette. On devrait plutôt se demander pourquoi ce ne serait pas le cas actuellement. L?image de marque de Maurice a-t-elle été bien soignée ou prise pour acquise ?? interroge Malen Oodiah, conseiller du groupe hôtelier dans un éditorial publié dans Beachnews.

Il estime qu?une image de marque ne doit souffrir d?aucune ambiguïté dans son positionnement. Tandis que les autorités ne cessent de revendiquer un positionnement haut de gamme, on assiste depuis peu à l?émergence de nouveaux produits. Au niveau des tarifs, ces derniers se positionnent dans l?entrée de gamme des trois-étoiles, remarque Malen Oodiah. Un phénomène qui brouille les signaux pour les marchés.

Tant et si bien que Tourmag, une publication spécialisée, écrit : ?Maurice fait effectivement le grand écart entre la clientèle haut de gamme,sa cible préférée, et le développement hôtelier censé assurer le développement économique et la paix sociale.? Malen Oodiah ajoute, lui, que cela démontre que la politique touristique n?est pas cohérente.

Et le groupe hôtelier replace les choses dans leurs perspectives. Le tourisme long courrier a progressé de 12 % au niveau mondial en 2004 mais Maurice n?a enregistré qu?une croissance de 3 %, une contre-performance pour la troisième année consécutive.

En même temps, le parc hôtelier a augmenté de 12 % l?année dernière. En se basant sur le nombre de projets approuvés, il y aura d?ici fin 2006 près de 5 600 lits additionnels par rapport à fin 2004.

Pour accompagner ce développement, il faudrait une croissance de la même ampleur dans le nombre des arrivées. L?éditorial de Malen Oodiah dans Beachnews mentionne ainsi qu?il faudrait 781 000 touristes en 2005 et 950 000 en 2006.

Guerre des prix

?Mais au-delà de cet objectif de croissance, le vrai défi c?est d?éviter de tomber dans une guerre des prix avec comme inévitable conséquence, la banalisation de l?image de marque de la destination mauricienne?, écrit Malen Oodiah. Une telle banalisation ne favorisera pas le développement durable.

Pour Robert de Spéville, directeur commercial de Beachcomber, malgré une baisse des taux d?occupation, le défi en 2004 a justement été de maintenir le niveau de prix et de résister à la tentation de brader.

Pour y arriver, Beachcomber a du doublé le budget de marketing et multiplié les contacts auprès des professionnels du tourisme du voyage pour faire connaître Maurice et les hôtels Beachcomber.

Des efforts se sont avérés payants puisque Beachcomber a terminé 2004 avec un chiffre d?affaires en hausse de 15,7 %. Le groupe s?attend à une aussi bonne performance cette année.

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