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De bonnes et de mauvaises saisons
On ne parle pas de Rodrigues sans parler de ses fruits les plus populaires : les limons, avec lesquels d?autres produits sont fabriqués. Les limons sont, pour beaucoup de Rodriguais, une source de revenus non négligeables. C?est pour cette raison qu?ils sont nombreux à cultiver des limoniers dans leur cour.
Hardouin Boncoeur est l?un d?eux. C?est en 1957 qu?il est venu habiter à Grand-Baie et quelques mois plus tard, il a mis une centaine de limoniers en terre. Sa petite famille gagne honorablement sa vie en vendant les limons.
Trois récoltes
?Auparavant, les plants rapportaient beaucoup de limons, mais, au fil des ans, il y en a de moins en moins?. Il explique cela par le fait que les fruitiers sont attaqués par des insectes. Il se laisse gagner par le découragement et son jardin de limoniers s?en ressent.
Hardouin a dû chercher un autre boulot pour subvenir aux besoins de sa famille. Toutefois, comme la vente des limons est une source de revenus appréciable, il n?abandonne pas pour autant ses limoniers.
?Kuma pa bizin tro depans avek ban pie limons mo prefer les zot en plas et gagn enn ti kas?, dit Hardouin.
De la centaine des limoniers, qu?il avait mis en terre, il n?en reste aujourd?hui qu?une cinquantaine. Beaucoup ont été détruits par les cyclones. Hardouin n?a jamais songé à en remettre d?autres en terre.
Un limonier peut rapporter 200 à 300 limons et il faut compter trois récoltes par an. Pendant les bonnes saisons, les limons peuvent être vendus 25-30 sous l?unité, mais les prix peuvent atteindre jusqu?à Rs 1.00 ou Rs 1.50. Au marché, on peut acheter ces agrumes jusqu?à Rs 2.00, l?unité.
Il estime que la concurrence est très rude à Rodrigues. ?Auparavant, des Mauriciens surtout, venaient acheter des limons chez nous, mais maintenant il y a des gens qui vont les leur vendre directement. Ils passent devant les logements des Mauriciens et les touristes pour aller vendre leurs fruits?, explique Hardouin. Il regrette qu?il n?y ait jamais eu une politique des prix pour la commercialisation des limons et de ses sous-produits. Parce que beaucoup de Rodriguais auraient pu se fier uniquement à la vente des limons pour subvenir aux besoins de leurs familles.
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