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Enfin sur les rails ?

16 février 2005, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Pour les milliers de Mauriciens qui patientent pendant des heures dans les embouteillages de la capitale tous les jours, le métro léger représente un salut lointain. Malgré plusieurs obstacles qui se dressent sur le chemin de la concrétisation de ce projet, de récents développements indiquent qu?il est en bonne voie pour passer du concept à la réalité. Le métro léger permettra à plus de 93 000 habitants des Plaines-Wilhems de gagner Port-Louis chaque jour.

Le bailleur de fonds, la Banque mondiale, a ratifié le 27 janvier la Project Preparation Facility. ?C?est à partir de là que le projet ira vraiment de l?avant?, explique le transport planner du secrétariat du Light Rail Transport (LRT), Stéphane Atchia. Une mission de la Banque mondiale arrivera à Maurice fin février pour assister le secrétariat dans la finalisation de sa stratégie, la définition des rôles de chaque partenaire et la conception d?un Transport Action Plan Model (TAPM). Comme l?indique le Dr Kishore Baguant, président du secrétariat, le TAPM est ?un modèle informatique qui nous permettra d?envisager les différents scénarios possibles?, pour soulager les problèmes de congestion que connaissent les 8 000 véhicules qui transitent par la capitale chaque heure.

Le Dr Kishore Baguant prépare les conditions pour le recrutement d?un project manager. Celui-ci aidera à finaliser l?appel d?offres international pour une étude de faisabilité détaillée du métro léger.

La Banque mondiale jouera un rôle actif dans la conception et la mise en ?uvre du LRT. Il fera le trajet Curepipe?Port-Louis en 32 minutes, en passant au centre des villes des Plaines-Wilhems. Le métro desservira deux gares dans la capitale, dont une à proximité de la gare Victoria et une autre à l?Immigration Square. A partir de fin-février, les représentants du bailleur de fonds tiendront des réunions régulières pour conseiller le gouvernement sur les aspects techniques, comme l?ingénierie, ainsi que sur la coordination du métro léger avec les bus et ses implications sur le développement foncier. ?La Banque mondiale n?est pas seulement présente pour nous prêter l?argent. Elle voudra s?assurer que le projet tient la route sur le long terme. Elle regardera son impact sur l?économie, l?environnement et la société, entre autres. Elle a une vision globale de la question?, précise Stéphane Atchia.

Pour un projet dont le coût avait été estimé à plus de Rs 6 milliards en 2001, le côté financier reste néanmoins crucial. Maurice devra régler plus de la moitié de cette facture, chose que le gouvernement espère accomplir avec un partenariat entre les secteurs public et privé. Le prix du ticket sera également important si les Mauriciens choisissent d?utiliser le métro. Le secrétariat espère le vendre à 10 % de plus que le ticket d?autobus pour un même trajet.

Un écueil de taille a été surmonté lundi avec l?accord entre le secrétariat et le promoteur de la deuxième phase de développement du Caudan Waterfront. Le patron de Promotion & Development, René Leclézio, a accepté de changer les plans de construction de son futur bâtiment qui abritera des parkings, des bureaux et des magasins. Il pourra ainsi accommoder le tracé du métro léger, qui empiète sur cinq mètres de son terrain. L?Etat achètera ce site. La modification des plans, qui prendra environ trois mois, sera suivie d?une nouvelle demande pour un permis de construction auprès de la municipalité. Les autorités n?ont toujours pas accepté la demande initiale. Elles évoquaient le métro léger et le fait que les parkings augmenteront le trafic au rond-point du Caudan. René Leclézio a ainsi rendu la première justification obsolète.

Un accord sera peut-être plus difficile à trouver dans le cas de l?Aapravasi Ghat. Le tracé du LRT passe à une extrémité de ce site. Or, l?Etat veut l?inscrire au patrimoine mondial. La présidente du conseil d?administration de l?Aapravasi Ghat, Vijaya Teeluck, souligne que le Trust Fund n?a pas encore reçu les plans du tracé. Le fonds devra organiser des consultations avec tous les partenaires. Un expert de l?International Council on Monuments and Sites, une branche de l?Unesco, conseillera le Trust Fund qui évalue tous les projets de développement autour de l?Aapravasi Ghat. Il soumettra ses recommandations une fois toutes les consultations complétées. ?On espère trouver une solution positive pour tous ceux concernés?, explique Vijaya Teeluck. Stéphane Atchia est du même avis. ?Il faut que tous les projets soient en harmonie.?

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