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Les ?facts? de Soodhun et l?alliance ?pac pac??
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Les ?facts? de Soodhun et l?alliance ?pac pac??
Un Premier ministre taquin qui s?emporte quelquefois, un vice-Premier ministre discret et pas très à l?aise, un leader de l?opposition calme et souriant, un ministre du Travail en pleine forme, des démissionnaires mal à l?aise et des membres du MSM qui essayent tant bien que mal de cacher leur gêne? la bonne humeur était au Parlement hier malgré quelques piques de part et d?autre.
Showkatully Soodhun a occupé la scène avec verve. Alignant humour et bonne humeur, Soodhun s?est défendu tant bien que mal face aux provocations de l?opposition. Le ministre du Travail a choisi l?humour. ?J?étais avec les directeurs de CMT, Beachwear (?) jusqu?à fort tard? ?, annonce-t-il fièrement. ?Ki restoran ?? veut savoir Ramgoolam. Et Soodhun s?arrête au beau milieu de sa phrase et saute sur l?occasion : ?Mo ti kone to ti pou demann mwa sa. Mo pa koumsa mwa !? se défend-il avant de reprendre son discours.
Discours qui ne passionne pas le Premier ministre, Paul Bérenger, qui voit sa concentration disparaître quand il aperçoit l?ex-ministre Choonee qui fait son entrée et se met avec les backbenchers de la majorité et le député Nancy de Rodrigues. ?Personn pa le Choonee, mil fwa Ramjuttun?, ricane Bérenger. Un membre de la majorité en profite pour demander à Mookhesswur Choonee si ?tonn retourne tou ?? Ce dernier, embarrassé, fait un petit sourire. Pravind Jugnauth détourne le regard.
Entre-temps, le ministre Soodhun a fort à faire pour convaincre l?opposition des points qu?il avance. ?This is a fact !? s?emporte-t-il face à l?incrédulité de l?opposition. Phrase reprise toutes les deux minutes. L?opposition donne du fil à retordre à Soodhun. ?Tu crois que je mens ? I give you fact!? reprend Soodhun de plus belle. ?Oui, it?s a fact?, reprend le Premier ministre, qui n?arrive plus à contrôler son fou rire.
Soodhun est sur le point de perdre patience. Ses chiffres sont contestés par l?opposition. ? This is a fact, man !? s?écrie-t-il. ?Zot tou pe riy twa ta?, se moque David. Finalement, le ministre n?en peut plus. ?Le leader de l?opposition peut continuer avec son bla blabla? mais moi je vous donne des? facts !? affirme Soodhun. Et il décide de démontrer à quel point il contrôle son sujet. ?Tu ne me crois pas ? C?est très simple. 40,000 divisés par 2 nous fait 20,000?, s?acharne-t-il à expliquer. Le ministre est applaudi pour ?son génie?. Bérenger va plus loin. ?Sithanen mem tom sek ar twa.?
Calme apparent
Ce dernier change de tactique après que son énième ?this is a fact? eut provoqué d?autres éclats de rire. A chaque question de Ramgoolam, Soodhun remercie le leader de l?opposition : ?Je vous remercie et vous félicite pour cette question?, dit-il avec un large sourire. Et à Bérenger de s?inquiéter : ?Pa akoz sa to bizin telefonn li, in, get Choonee pe trakase !? Et Soodhun reprend : ?J?outrepasse mon rôle de parlementaire? ? ?Pa mwa sa, li sa !? se moque Madun Dulloo. Soodhun n?est pas content. Il fronce les sourcils : ?Ress trankil twa, to pa konn nanien.? Et Dulloo rétorque :?tou dimoun pe riy twa ta !? ? But I am doing my best?, se défend le ministre.?Your best is not good enough!? rétorque Ramgoolam. ?Li limite?, s?écrie David.
Le Premier ministre veut aussi être de la partie : ?Get Arvin, li ena mem bataz ki Ramjuttun !? Xavier Duval en a assez. Il se lève et pose une question supplémentaire d?un ton grave qui ne plaît pas au Premier ministre. Il essaie tant bien que mal d?imiter le leader du PMXD : ?He knows everything? ale do arogan !? Mais Soodhun détend l?atmosphère. ?Je vous félicite pour votre question?, dit-il en éclatant de rire. Mais Bérenger ne compte pas lâcher prise. ?Li mem ti pli move minis lindistri. Clown !? Le député rouge s?y met aussi : ?Eta Soodhun, twa ki sanla to lider filozofik ? ?
Après la PNQ, les esprits se calment. Ahmad Jeewah et Rajesh Bhagwan s?endorment. Emmanuel Leung Shing converse avec Sushil Khushiram et Sylvio Michel bombarde le Premier ministre de questions. Les parlementaires se mettent à se disputer sur ce qui est le plus shocking ; que l?éthique n?ait pas été respectée pour la nomination de Sir Victor Glover pour présider la commission d?enquête sur la vente à la barre ou la suggestion de Megduth Chumroo d?ignorer les considérations de la commission. ?You are shocking?, dit Bérenger à Chumroo.
Souffre-douleur
Et la mauvaise humeur du Premier minister persiste. Il ne veut pas répondre à la question de Rajesh Jeetah sur les salaires et conditions d?emploi de ses conseillers. ?L?information est en train d?être compilée?, dit-il sèchement. ?C?est la cinquième fois que je pose cette question. Vous n?avez toujours pas l?information ? s?enquiert le député rouge. Cela ne reflète pas positivement sur le pays le mieux géré du monde ! ?
?Les informations seront compilées le mieux du monde?, rétorque Bérenger. ?Pourquoi ne sont-t-elles pas prêtes ? ? intervient David. ?Advisers come and go. The time will come when I will be ready?, declare Bérenger, impassible. ?In an age of computer?? commence David. ?Ça suffit. Plus de questions?, intervient le speaker quelque peu de parti pris?
Entre-temps, Soodhun et Xavier Duval ont fait la paix. Ils se lançent des piques et pouffent de rire. Mais le député Maudarbaccus décide qu?il est temps d?agacer les membres de l?opposition encore une fois : ?Ey monn tann dir ki Ramjuttun ti pe tire lafisel depi New York ? Li bouz difil zot danse ! ? dit-il dans un éclat de rire. Et Bérenger décide de donner un coup de main : ?Pac pac pac pac pac pac?, chantonne-t-il. Quelqu?un mentionne les noms de Jhurry et Bachoo. Le Premier ministre marmonne :?Al dan renion no 5, al gagn kout kalbass lor latet? ? et éclate de rire.
Sam Lauthan va répondre à une question. Burty David et Arvin Boolell tiennent une photocopie d?un journal chacun en main. ?Kot Goolfee?, demande David. ?Goolfee derier twa?, reprend Boolell en riant. Lauthan s?arrête, regarde ses collègues et lance : ?Al enkadre foto la, to met dan to lasam!?
La seconde tranche de la séance est plus calme. Fidèle à son habitude, Ramgoolam ne revient pas. Dinesh Ramjuttun est omniprésent par contre. ? Lalians pac pac?, lance Bérenger sans raison apparente. Les députés rouges Hookoom et Jeetah seront les souffre-douleur de la majorité. Le premier se met debout et pose des questions qu?il lit de son carnet. ?Si li perdi karne, li pa kapav poz kesyon?, lance Bérenger. Il ne reçoit pas de réponse. Il décide de provoquer davantage : ?Ayo pa kompren nanien sa, al get Choonee? Choonee papa, fouf ! bon debara !? dit-il, d?un air dégoûté.
David pose des questions au ministre Lauthan et demande que des documents soient déposés. Le Premier ministre intervient. David est mécontent. ? C?est quoi ton problème ? Bouffon !? et la majorité n?est pas contente : ?Fou sa dan so lagel.?
Et c?est au tour de Jeetah. Ashock Jugnauth décide de lui faire la leçon : ?Eta Jeetah, depi 2 semenn Bachoo la, li pankor explik twa kouma fer travay la ? ? Le ministre Leung Shing s?est entretenu avec Sushil Khushiram et Motee Ramdass. Pas un seul mot, pas un seul regard échangé avec son leader. Quant aux démissionnaires, ils se sont fait très discrets. Face à l?hostilité de la majorité, les blagues pas très gentils du Premier ministre et la sévérité du speaker à l?égard de l?opposition, il ne fait pas trop bon être minoritaire au Parlement?
PRIVATE NOTICE QUESTION
<B>Kentex rachetée et les licenciés de Sinotex redéployés</B>
■ Une lueur pointe à l?horizon pour les 1 456 licenciés de Sinotex Ltd et de Kentex Ltd du groupe honkongais Crystal. Ce groupe, qui va délocaliser ses activités au Vietnam à partir du 31 mars pour manque de commandes, est en présence d?un heureux dénouement. Plusieurs usines, dont Beachwear, Dallas Garments, Star Knitwear, Denim de l?île, Textile Industries, sont intéressées à embaucher les licenciés de Sinotex Ltd. Un acquéreur voudrait aussi reprendre les activités de Kentex Ltd et embaucher tous ses employés. Une réunion est prévue à cet effet aujourd?hui. Le ministre du Travail et des Relations industrielles, Showkutally Soodhun, qui répondait à la ?Private Notice Question? du leader de l?opposition, Navin Ramgoolam, a annoncé la nouvelle. Par rapport à la ?vague? de licenciements dans la zone franche, le ministre affirme que la situation dans la zone franche n?a rien d?anormal. La fermeture d?entreprises est inévitable, tout comme la réouverture d?usines. Mais le pire, dit-il, est passé comme tous les rapports l?indiquent. Il affirme que le leader de l?opposition aurait dû le savoir car il a été Premier ministre. Ce dernier rétorque que, lorsqu?il a quitté le gouvernement en septembre 2000, il y avait 90 000 salariés, alors que 23 000 ont perdu leur emploi depuis. Le ministre du Travail insiste que la situation dans le textile local n?est pas unique. Elle est la même que dans d?autres pays en développement. Il signale au passage que 40 385 salariés ont perdu leur emploi dans la zone franche dans les quatre ans et demi au pouvoir de l?ancien régime. Showkutally Soodhun souligne, qu?entre 2003 et 2004, 16 000 salariés ont perdu leur emploi. Par ailleurs, 15 728 étrangers travaillent dans la zone franche, du fait que certains préfèrent travailler dans le secteur informel. Selon une étude de DCDM, le nombre d?employés dans le secteur informel s?élève à environ 227 800. La situation dans l?EPZ, devrait s?améliorer cette année, a-t-il insisté. La Compagnie mauricienne du Textile (CMT) va recruter 2 000 ouvriers à Curepipe. De son côté, Textiles Industries, du groupe hongkongais Esquel, va créer 300 postes à Grand-Bois. D?autres usines, comme Firemount et Thon des Mascareignes, vont recruter 500 et 1 500 salariés. Répondant à une question supplémentaire de Xavier-Luc Duval sur la nécessité d?un ?redundancy fund? pour les licenciés de la ZF, le ministre affirme que le gouvernement pense à l?introduction d?une pension portable pour cette catégorie de salariés. Plusieurs usines proposent des mesures incitatives pour que les salariés reviennent travailler dans la zone franche. La CMT, par exemple, a introduit un fonds de bien-être et un fonds d?assurance de Rs 30 millions pour ses employés. Le ministère a, de son côté, mis sur pied un comité de redéploiement qui a donné d?excellents résultats. Environ 73 % des licenciés de la zone franche ont pu être redéployés dans d?autres usines.
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