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Quatre nouveaux suspects recherchés
Le 4x2 blanc recherché par la police dans le cadre de l?enquête sur l?assassinat de Gérald Lagesse et du hold-up à la Mauritius Commercial Bank (MCB) a été saisi, hier matin, à Stanley. Mais le propriétaire, un chauffeur d?autobus, est toujours introuvable.
Les démarches pour le retrouver pendant toute la journée d?hier sont restées vaines. Trois autres suspects qui se trouvaient dans le véhicule sont également recherchés.
L?un des quatre suspects est apparenté à un policier. Sa mère aurait téléphoné à la police vers 8 heures, vendredi, pour l?informer qu?un hold-up allait être perpétré dans une succursale de la MCB.
Les enquêteurs pensent que l?interrogatoire du propriétaire du 4x2 peut aider à éclaircir le mystère de la mort de Gérald Lagesse dans la salle des coffres et des Rs 51 millions emportées. Cette somme a été dérobée en coupures de Rs 1 000 et Rs 2 000. La police était en mesure, hier soir, de confirmer que ce montant a été volé dans la matinée de vendredi et non sur une période étalée dans le temps.
Accusation provisoire de complot
Le véhicule utilitaire en question avait quitté le parking de la MCB dans les minutes suivant le drame. Les proches du propriétaire ont été interrogés hier et ont été autorisés à rentrer chez eux.
Une fois ces quatre suspects arrêtés, les enquêteurs sauront si les trois plantons de la MCB placés en garde à vue depuis vendredi sont de mèche ou non dans ce hold-up.
Parmi les trois plantons, il y a Faizal Asraf Boodhoo, qui avait découvert le corps du service customer supervisor dans la chambre forte. Il est l?un des sept employés autorisés à avoir accès à cette salle. Les deux autres plantons sont Teddy Soobraydoo et Pooveden Subbarayan. Une accusation provisoire de ?conspiracy? pourrait très probablement être déposée contre eux.
Pooveden Subbarayan a retenu les services de Me Rama Valayden. Ce dernier proposera une motion pour la libération sous caution de son client.
Plusieurs attaquants
Gérald Lagesse a été assassiné vendredi vers 9 h 30 dans la chambre forte de la banque. A la suite de cette agression, la banque a fait un relevé des fonds qui se trouvent dans les coffres.
Cela a permis d?établir qu?une somme d?environ Rs 51 millions a disparu de la chambre forte. La MCB a porté plainte à la police samedi matin à ce sujet. La Banque de Maurice attend un rapport de la MCB d?ici vendredi sur ce problème.
Gérald Lagesse remplaçait depuis trois jours une des ses collègues, partie en vacances à Rodrigues. Il a été retrouvé pieds et mains ligotés avec du ruban adhésif. Il avait du papier dans la bouche. Sa chemise et un poignard, qui se trouvait sur une étagère près du corps, portaient des traces de sang. Il a été recouvert avec des sacs contenant des pièces de monnaie et assommé avec l?un d?eux. L?autopsie a révélé que Gérald Lagesse est mort asphyxié.
Les enquêteurs essaient de mettre en place les pièces du puzzle pour résoudre l?énigme de ce crime crapuleux. Car tout laisse penser qu?ils ont été plusieurs à avoir attaqué Gérald Lagesse, homme de forte corpulence.
L?enquête de la police permettra de conclure s?il y a eu compli-cité interne. Cette hypothèse n?est pas écartée. Mais il appartiendra aux enquêteurs de trouver des indices la soutenant. D?autant plus que la salle des coffres, appelée ?le caveau? par le personnel de la banque, est dotée de portes blindées codées et d?un important dispositif de sécurité. Le nombre de personnes qui peuvent y avoir accès est très limité.
La peine d?une famille face à l?impensable
Il est souvent dit que l?argent est mère de tous les vices. La découverte, vendredi dernier, du corps inerte et ensanglanté de Gérald Lagesse dans la salle des coffres de la Mauritius Commercial Bank (MCB) est la triste illustration que ce proverbe s?applique désormais parfaitement à notre société. ?La vie d?un être humain ne vaut plus grand-chose?, déplore la mère de la victime, Annie.
Plus de Rs 50 millions ont peut-être disparu du coffre, mais pour la famille Lagesse ce crime crapuleux représente une perte bien plus importante.
La disparition d?un père, d?un mari et d?un fils exemplaire ne pourra jamais leur être remboursée. ?Nous vivons un grand chagrin. C?était un homme modeste et casanier. Tout ce qu?il aimait c?était son travail et d?aller à la mer les week-ends avec sa femme et sa fille?, soupire Annie Lagesse.
Le Customer Service Supervisor de la MCB aimait se détendre en famille et profiter des plaisirs simples de la vie, tels la pêche et le bricolage, sur la côte est, à Roches-Noires.
La souffrance insondable que ressent cette famille est exacerbée par la crainte que justice ne soit jamais faite, que les assassins de Gérald Lagesse ne soient pas punis. ?On ne pourra pas faire notre deuil avant de savoir qui est derrière tout ça.?
Annie Lagesse raconte d?ailleurs avoir été ?extrêmement touchée par le coup de téléphone d?une dame qui m?a dit : ?Madame je ne vous connais pas mais que je compatis avec votre souffrance car ma nièce a été assassinée et les coupables n?ont jamais été retrouvés.?
Cette femme, qui reste digne malgré la douleur déchirante, se console ?des témoignages de sympathie venus du monde entier?. Elle sait que ?seul le temps guérira cette blessure?.
Affligée par ce drame impen-sable, cette famille se serre les coudes. Une fille installée en Afrique du Sud et un fils en Nouvelle-Zélande téléphonent régulièrement pour prendre des nouvelles et offrir leur soutien malgré les centaines de kilomètres qui les séparent. ?Heureusement, mes enfants m?entourent?, reconnaît Annie Lagesse.
La fille unique de Gérald Lagesse, Bénédicte, ?tient le coup?. ?Elle va mieux?, dit Annie de sa petite-fille de 22 ans. Par contre, l?épouse du défunt, Frédérique, est complètement bouleversée par le crime odieux qui lui a enlevé pour toujours son mari adoré.
D?origine française, Frédérique s?était établie à Maurice pour faire sa vie avec Gérald. La tragédie de vendredi a mis une fin cruelle et prématurée à cette union, avant que le couple n?ait pu célébrer ses noces d?argent. ?On doit avant tout entourer ma belle-fille?, explique la mère de la victime.
Annie sait que cela prendra énormément de temps avant qu?elle ne redécouvre ?l?envie de vivre?. En attendant, la fâcheuse tendance aux crimes irrésolus doit, coûte que coûte, être renversée. Les coupables doivent être punis pour avoir succombé, aussi viscéralement, à la mère de tous les vices.
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