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Israël affiche sa bonne volonté avant le sommet de mardi

4 février 2005, 20:00

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Quelques heures plus tôt, Israéliens et Palestiniens avaient exprimé l'espoir que ce sommet, organisé en Egypte sous l'égide du président Hosni Moubarak, leur permettrait de proclamer officiellement l'arrêt des violences et de relancer la «feuille de route», plan de paix international qui prévoit la création d'un Etat palestinien.

Le Premier ministre Ariel Sharon et ses «ministres de souveraineté» ont approuvé le retrait partiel de Cisjordanie et la libération de détenus lors d'une réunion de plus de quatre heures à Tel Aviv, a-t-on appris de sources ministérielles.

Après le sommet de Charm el Cheikh, les troupes israéliennes se retireront d'abord de Jéricho puis, dans un délai de deux semaines, des abords de Toulkarem, Bethléem, Kalkilia et Ramallah, ville qui abrite le siège de l'Autorité palestinienne.

Quelque 900 prisonniers palestiniens devraient bénéficier de la mesure d'amnistie. Cinq cents détenus seront relâchés la semaine prochaine et 400 autres dans une période de trois mois. Ces mesures font partie intégrante d'un ensemble de décisions visant à rétablir la confiance avec la nouvelle direction palestinienne et qui seront dévoilées mardi à Charm el Cheikh, a-t-on précisé de mêmes sources.

Signe des difficultés que devront surmonter les deux dirigeants, des négociations préalables à cette vague de libérations menée jeudi à Tel Aviv par le ministre palestinien Saëb Erekat et le conseiller de Sharon, Dov Weisglass, se sont soldées par un désaccord lié au refus d'Israël d'en faire bénéficier des détenus impliqués dans des actes anti-israéliens. La libération des 8 000 prisonniers palestiniens est une question cruciale pour permettre au nouveau président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, d'asseoir son autorité auprès des activistes avec lesquels il a déjà négocié une trêve de facto.

PAS DE SANG SUR LES MAINS

En réponse à Erekat qui l'exhortait à libérer des détenus condamnés pour des attaques commises avant 1993, Weisglass a affirmé qu'Israël n'avait pas l'intention de revenir sur son refus d'élargir «des terroristes ayant du sang sur les mains» et la réunion a tourné court, a-t-on appris de sources politiques. Aux yeux d'Hassan Abou Liddeh, chef de cabinet du Premier ministre palestinien Ahmed Koreï, le sujet est suffisamment grave pour mettre en péril le sommet de Charm el Cheikh et, a-t-il ajouté, Israël serait responsable d'un éventuel échec. Au terme de deux semaines de calme dans les territoires palestiniens, deux attaques distinctes menées par des activistes palestiniens ont fait six blessés dans les rangs de l'armée israélienne, selon une source militaire.

Radio Israël a précisé qu'un des assaillants avait été tué par des tirs de riposte après l'attaque, qui a fait deux blessés parmi les soldats au carrefour d'Orchan, dans le sud de la bande de Gaza. Les quatre autres, dont l'un a été gravement touché, ont été pris pour cible à proximité d'une colonie du sud d'Hébron, en Cisjordanie, précise l'armée. Enfin, un jeune Palestinien en possession d'un sac contenant une ceinture d'explosifs a été arrêté a un point de contrôle de Cisjordanie, ajoute Tsahal.

Des mesures préconisées

«Israël a clairement signifié aux Palestiniens qu'il ne pourrait y avoir de progrès (vers la paix) sans un arrêt complet des actes terroristes et un démantèlement des infrastructures terroristes», a fait savoir le cabinet de Sharon, en annonçant l'approbation des mesures préconisées par le ministère de la Défense. A l'issue du sommet de mardi, un comité israélo-palestinien sera également formé pour définir une liste d'activistes palestiniens, actuellement recherchés par Israël, qui ne seront alors plus traqués par Tsahal.

Enfin, l'Etat juif devrait rouvrir tous les points de passage en bordure de la bande de Gaza qu'il avait fermés après des tirs de roquettes des activistes. L'annonce mercredi de la tenue du sommet, le premier depuis le début de la seconde intifada en septembre 2000, a suscité beaucoup d'espoir de part et d'autre. «J'espère qu'il y aura une déclaration officielle d'armistice, un arrêt de tous les actes de violence», a déclaré au micro de la radio militaire israélienne le vice-Premier ministre israélien, le travailliste Shimon Peres.

Jeffrey HELLER

La rencontre Sharon-Abbas devrait consolider la trêve

La rencontre attendue entre le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, et le premier ministre israélien, Ariel Sharon, se tiendra le 8 février à Charm el-Cheikh, en Egypte, à l'invitation du président égyptien, Hosni Moubarak. Le roi de Jordanie, Abdallah II, sera également présent. Il s'agira pour Sharon de sa première rencontre avec Abbas depuis l'élection de ce dernier, le 9 janvier, mais également de sa première invitation en Egypte depuis son accession au poste de premier ministre, en février 2001. La Maison Blanche a réagi à cette annonce faite mercredi 2 février en estimant qu'il s'agissait d'une «étape encourageante». L'administration américaine n'a pas précisé si la secrétaire d'Etat Condoleezza Rice, qui doit effectuer une tournée dans la région au même moment, pourrait s'y joindre. L'annonce de la rencontre a été faite mercredi à la suite d'un entretien à Jérusalem entre Sharon et le responsable égyptien des services de sécurité, Omar Souleiman, qui multiplie les missions de bons offices entre Israéliens et Palestiniens depuis près d'un an. Elle intervient également après les entretiens, ces derniers jours, du ministre israélien de la défense, Shaul Mofaz, avec Mohammed Dahlan, l'ancien responsable de la Sécurité préventive pour la bande de Gaza et qui est appelé à de hautes responsabilités dans l'équipe de Abbas. La présence symbolique de Moubarak et du roi de Jordanie aux côtés de Abbas et de Sharon devrait donner à leur rencontre un faux air de sommet d'Akaba, lorsque les deux hommes s'étaient retrouvés avec le président des Etats-Unis, George Bush, en juin 2003, pour lancer officiellement la "feuille de route", un plan de paix international qui prévoit la création d'un Etat palestinien en 2005. L'expérience avait tourné rapidement court.

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