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Assassinat de Mir Mujeeb : Pas d?alibi pour les complices
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Assassinat de Mir Mujeeb : Pas d?alibi pour les complices
«Il ne supporte pas la vue du sang», «Il n?avait pas de problèmes d?argent», «li ti enn bon piti»? Les proches des présumés agresseurs de l?homme d?affaires indien Mir Mujeeb ne s?y résolvent pas : leur fils, mari ou frère ne peut avoir commis pareille atrocité. Dans leur regard se lit la même stupeur, le même désarroi émanant de doutes quant à leur éventuelle culpabilité. Chacun estime que son parent a subi l?influence des autres.
Mir Mujeeb, homme d?affaires indien dont le corps calciné a été retrouvé mardi, a été tué dans des circonstances atroces. Assommé chez lui, il a été placé dans le coffre de sa voiture de location. Il a été conduit dans un champ de cannes à La Salette, assommé à coups de pierres, avant d?être écrasé par sa propre voiture et avant que celle-ci ne soit incendiée.
C?est l?air encore un peu hébété que l?épouse de Digbeejaye Koonjul, dit Navin, nous reçoit à son domicile, à St-François. «Mo pa dakor ki mo mari inn fer enn zafer pareil. Mo sir linn zis fer enn kours pou lezot. Bannla inn piez li parski li pa kapav fer enn zafer pareil». Pour preuve, depuis qu?elle et Navin sont mariés, voilà 12 ans, il ne s?est jamais montré violent à son égard, ni envers leurs deux enfants encore en bas âge.
Cette employée d?hôtel, en congé pour quelques jours, répète qu?elle croit en l?innocence de son mari qui n?était, spécifie-t-elle, pas un ami de ses complices présumés, mais leur chauffeur de taxi attitré. «Zot pa ti frekante antan ki kamarad. Tousala bann dimounn dan landroi me zot ti plis so ban klian ki so bann kamarad.»
Lundi soir, dit-elle, alors qu?elle rentre de son travail vers 23 h 30, son mari l?informe qu?il a une course à faire à Grand-Baie et qu?il rentrera aussitôt celle-ci terminée. Elle ne s?en inquiète pas car il en effectue souvent pour des habitués du casino et des noctambules piliers de boîtes de nuit. Voyant qu?il n?était toujours pas rentré vers minuit et quart, elle l?appelle sur son cellulaire. «Linn dir ki li pa pou tarde. Pa ti ena aukenn tapaz par derier ler li ti pe koze.»
Rassérénée, elle se rendort, ne sachant pas à quelle heure Navin rentre et se met au lit. Le lendemain, il paraît normal. Elle qui fait la lessive, ne note rien d?anormal sur les vêtements qu?il portait lundi. Et rien ne cloche dans le comportement de son mari.
Ils sont réveillés aux aurores mercredi matin par les hommes de la Criminal Investigation Division de Grand-Baie. Ces derniers procèdent à l?arrestation de Navin sans fournir d?explications à sa femme. Au père de cette dernière, un policier qui est de leurs amis donne pour toute explication : «Kan ou frekant lisien ou gagn pis !». Sur le moment, elle pense qu?il s?agit peut-être d?une affaire de drogue dans laquelle son mari aurait peut-être malgré lui, joué le rôle de courrier. Jusqu?à ce qu?elle apprenne l?horrible assassinat de Mir Mujeeb.
Le fait que son mari n?ait jamais été inquiété par la police jusque-là et qu?il ne se soit jamais montré à court d?argent, parvenant à honorer les remboursements de l?emprunt contracté pour s?acheter son taxi, lui font penser qu?il n?a pu participer à cet odieux crime.
«Bann figir dan landroi»
C?est la même incompréhension à deux maisons de là, où vivent les Mungrah, dont le fils, Sanjeeve, alias Pouchoune, a été arrêté juste après Digbeejaye Koonjul. L?étage de la maison des Mungrah est occupé par le fils aîné, un chauffeur de taxi marié et père de deux enfants. M. et Mme Mungrah vivent au rez-de-chaussée avec Pouchoune et leur benjamine, âgée de huit ans.
La mère de Pouchoune raconte que celui-ci est un enfant tranquille qui a toujours eu la main verte. Si bien qu?après avoir quitté l?école, il s?est fait jardinier, travaillant dans des hôtels et pour des particuliers à Calodyne et à Mon-Choisy. Ses présumés complices, déclare la quinquagénaire, ne sont pas ses amis mais «bann figir dan landroi». Elle reconnaît toutefois qu?il sortait de temps à autre avec Navin dans la journée.
«So gran zafer se netoye lakaz, okip lakour ek zoue la mizik», affirme-t-elle, en précisant qu?il met toujours le volume à fond. C?est ce qu?il a d?ailleurs fait lundi soir. Vers 22 heures toutefois, elle a entendu une voiture s?arrêter devant la porte, a reconnu celle de Navin. Son fils est sorti, sans dire où ils se rendaient. Elle l?a entendu rentrer vers minuit. Le lendemain, il semblait dans un état normal.
Son fils, dit-elle, n?a jamais eu maille à partir avec la police. «Mo pa kroir ki mo garson inn fer enn travail komsa», déclare-t-elle. Et de préciser qu?il est incapable de supporter la vue du sang d?un animal. Il n?avait pas non plus un pressant besoin d?argent puisqu?il confiait pratiquement tout son salaire à sa mère, conservant Rs 500 pour l?achat de ses cigarettes. «Mo garson pa finn kapav fer enn zafer pareil. Li prie ek fer pooja. Pa kone ki demon inn mont lor latet lezot.»
Chez les Dookhee, à Anse-la-Raie, on se montre peu loquace. Hemraj, le père d?Ajay, autre complice présumé de l?assassinat, explique que ce dernier est le benjamin de trois enfants. Ce «bon piti» est décrit comme un jeune aimant son travail dans l?hôtellerie. «Linn fek pas so lexame kouma mett dotel et li ti pe aprann pou vinn supervisor.» Hemraj Dookhee précise qu?Ajay n?a pas l?habitude de fréquenter ses présumés complices. «Sofer la res dans landroi e li habitie fer nou kours. Samem tou.»
Selon lui, Ajay a l?habitude, en ces temps de canicule, de dormir à la belle étoile. De ce fait, personne n?a su qu?il sortait lundi soir. Grande a donc été leur surprise de le voir arrêté. «Depi komansman, nou pa pe dakor ar sa. Nou garson pa finn fer sa. Ler linn rann servis sirman ki sa inn arive. Li pa kouyon pou fer enn zafer koumsa ek met limem dan problem. Lezott inn bizin kouyonn li.»
Chez la famille Takah, dont Prabhakar est considéré par les policiers comme le présumé cerveau de l?assassinat, on joue aux abonnés absents. Une dame qui se présente comme la voisine de la famille déclare ignorer quand celle-ci sera de retour.
La police poursuit son enquête et reste persuadée que le vol est bel et bien le mobile de cet odieux crime?
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