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Pravind Jugnauth mis en cause
Le ministre démissionnaire Anil Bachoo est très sévère envers son ex-leader du Mouvement socialiste militant (MSM), Pravind Jugnauth, vice-Premier ministre et ministre des Finances. C?était lors de sa rencontre avec la presse hier après-midi, quelque temps après sa démission. Les qualificatifs ne manquent pas pour démontrer que son leadership est ?sans vision, sans idéologie, comme un bateau sans gouvernail et sans direction?, même s?il ne le nomme pas.
Il insiste à plusieurs reprises sur le fait qu?il a démissionné de son propre gré et sans ?aucune pression et ultimatum?. C?est une action réfléchie et pas ?précipitée?, dit-il.
Il laisse planer le flou sur son avenir politique, mais précise qu?il n?y a pas eu de ?négociations? avec les travaillistes.
Anil Bachoo compare avec le leadership de Sir Anerood Jugnauth, pour bien faire ressortir que l?actuel leader ne ?peut tenir les rênes du parti?.
Il avance qu?il n?a pas manqué de bonne volonté pour s?adapter au style de Pravind Jugnauth. ?Malgre tou efor ki monn fer, li ti bien bien difisil pou adapte dan sa nouvo condision apre tou sa lane an politik.? En revanche, Sir Anerood Jugnauth, était le ?leader d?un parti structuré?. Celui-ci avait une ?vision, un projet de société?. Avec nostalgie, il lance que ?kan li la, kapav dormi trankil?.
Pour bien faire comprendre son exaspération envers Pravind Jugnauth, Anil Bachoo, soutient que ?tiena desordre dan parti. Li ti kouma dir enn club avek bann group de presion, bann clik et le kou ba. Pa tiena solidarite e li ti difisil travay dan sa bann situasion la?.
Vieux routier de la politique
S?il reste dans les généralités sur les incidents précis qui l?ont mis en colère, il évoque toutefois l?approche adoptée par le MSM après les résultats de la partielle à Piton-Rivière-du-Rempart. Pourtant, ?le message était clair et net?. ?Notre électorat a condamné et n?a pas accepté cette politique de déphasage. Mais nous n?avons pas tiré de leçons, nous sommes restés statiques.?
Vieux routier de la politique, il dit avoir une autre analyse de la situation : ?Certains ont cru que quand deux partis sont ensemble, c?est facile de gagner les élections. Mais le n° 7 a prouvé que ce n?est pas vrai. Certains ont alors avancé qu?une partielle et les élections générales sont différentes. Je ne suis pas de cet avis.?
En restant toujours dans les subtilités, il lance : ?C?est bien important d?avoir l?ambition quand vous faites de la politique. Mais il ne faudrait pas être ?overreaching?, et ?overleaping?.? Pour lui, quand tel est le cas, ?ou vine inpe move?. Il ajoute : ?qu?importe votre ambition, il ne faut pas que, coûte que coûte, vous l?atteigniez. Il ne faut pas courir derrière un but jusqu?à oublier ce qu?il vous faut faire pour votre électorat.?
Il rappelle que le vice-Premier ministre avait rencontré les forces vives et les associations socioculturelles en début d?année. Les critiques avaient alors fusé de la part de celles-ci, note Anil Bachoo. ?Me malgre nou kone ki aspirasion electora ete, nou pane fer narien.?
Il dit donc tirer sa révérence avec ?la conscience claire et without fear and favour?, mais surtout avec le sentiment d?avoir fait le maximum.
A l?heure des questions, il a précisé ne pas avoir rencontré le leader du Parti travailliste, Navin Ramgoolam. La dernière fois qu?il l?a vu, c?était au Kalayson à Port-Louis. Il insiste sur le fait qu?il n?y a pas eu de pourparlers avec les travaillistes.
Anil Bachoo reviendra devant la presse dans une semaine, pour donner plus de clarifications sur son avenir politique.
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