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La der de ?Black Jack?

22 janvier 2005, 00:00

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Sa notoriété a gagné les rives de l?île Maurice. D?ailleurs, lors de son passage en 2001 pour un match de gala, le handballeur français Jackson Richardson avait attiré la grande foule au gymnase Pandit Sahadeo à Vacoas.

A 35 ans, le Réunionnais vivra sa dernière compétition majeure, les championnats du monde de handball qui se dérouleront en Tunisie. Pas facile quand tout le monde, médias et supporteurs en tête, n'ont que « la der' de Jack » à la bouche, un évènement qui éclipserait presque à lui seul l'épreuve tunisienne. « Je prends cette compétition comme toutes les autres, sans me dire qu'il s'agit de la dernière. Je ne veux pas me dire ça mais il faut bien qu'un jour le cycle se referme », soupire Richardson.

« J'avais dit à Claude (Ndlr. Onesta, le sélectionneur français), lors de notre première entrevue après les JO, que je voulais continuer pour prendre ma revanche sur ce qui s'est passé à Athènes car il y a eu une grosse frustration collective », explique encore le Réunionnais.

De Grèce, « Black Jack » n'a donc pas gardé que le souvenir de ce long tour de piste effectué bannière tricolore en mains le jour de la cérémonie d'ouverture, lui qui avait été désigné porte-drapeau de son pays. Il part en Tunisie, comme tous ses équipiers, avec des sérieuses envies de mieux faire, sans nostalgie ni atermoiements.

« Après quinze ans en sélection, j'ai fait un peu le tour. Il faut bien laisser la place aux jeunes. Même si j'ai encore l'envie, je ne pense pas que le corps suivra de la même façon », juge sagement Richardson.

« On a toujours su surmonter des déceptions, note-t-il ensuite. Ce n'est pas la première. Après Sydney (6e place), on avait su rebondir en devenant champion du monde en 2001 en France. »

La médaille de bronze des JO-1992 à Barcelone garde une place toute particulière dans son coeur mais ce Championnat du monde, remporté à domicile il y a quatre ans, reste un de ses meilleurs souvenirs en sélection.

Un Mondial 2001 durant lequel les handballeurs français, vexés par leur échec des JO de Sydney, étaient « gonflés à bloc du premier au dernier match », se souvient Richardson, un scénario différent du Mondial-1995 où les Bleus d'alors avaient « fait un mauvais début avant de monter en puissance », jusqu'à la médaille d'or.

Eternel rigolard, Jackson Richardson s'imagine bien sortir de la scène internationale dans un halo de lumière, né des reflets d'une médaille espérée dans les rayons du soleil tunisien.

Après cette ultime campagne en bleu et à l'issue de sa dernière saison avec le club navarrais de Pampelune, il espère revenir en France. « Enfin, si je trouve un club... », sourit-il énigmatiquement, révélant seulement que des contacts étaient pris.

« Plus tard, raconte Richardson d'un air rêveur, j'aimerais retourner à la Réunion. J'aimerais trouver une formation qui me permettra de retourner là-bas dans trois, quatre ans, avec un poste qui me permettra de nourrir ma famille ».

En attendant le retour sur son île natale, Jackson Richardson va agiter une dernière fois ses célèbres dreadlocks au-dessus du maillot tricolore et nourrir de rêves les esprits de ses nombreux admirateurs.

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