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Un système d?alerte aux raz de marée devra être créé

22 janvier 2005, 00:00

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La conférence de Kobé sur la prévention des désastres naturels se devait de manifester une volonté commune prolongeant l?élan de solidarité qui a suivi le raz de marée du 26 décembre, tout en débouchant sur des actions concrètes et un calendrier. Au départ réunion d?experts, elle avait été élevée au rang ministériel à la suite du désastre dans l?océan Indien. La conférence a atteint ses objectifs avec l?annonce, jeudi 20 janvier, de la création sous l?égide des Nations unies d?un système global d?alerte précoce multidésastre (inondations, typhons, éruptions volcaniques, etc.) dont la première pièce sera un système d?alerte aux tsunamis dans l?océan Indien.

«Un premier pas important a été franchi», a estimé Salvano Briceno, directeur de l?Agence des Nations unies pour l?élaboration d?une stratégie de réduction des catastrophes, à la clôture de la conférence. «Ce désastre -du 26 décembre- a sonné une alarme en rappelant qu?en dépit de leur diversité de leurs effets et de leur localisation géographique, les désastres naturels ont un effet global», a considéré Jan Egeland, secrétaire général adjoint des Nations unies pour les affaires humanitaires et la coordination de l?aide d?urgence.

L?AIDE D?URGENCE

Les enjeux politiques n?étaient pas absents de cette réunion où chacun, tout en mettant «son expérience à la disposition des autres», poussait des coudes en coulisse pour apparaître le pivot d?une politique commune. Mais la création du système d?alerte est une avancée concrète. Un accord s?est, en outre, dégagé sur la nécessité d?agir en amont de l?urgence par une prévention intégrée à l?aide au développement.

«L?impact des catastrophes est un obstacle aux politiques de développement durable : elles font faire un pas en arrière à chaque fois», dit Jan Egeland qui demande que, au cours des dix prochaines années, 10 % de l?aide d?urgence aux désastres soient affectés à la prévention de ceux-ci.

Selon Michel Jarreau, secrétaire général de l?Organisation mondiale météorologique, «il ne faut pas penser à l?assistance à la prévention des risques en termes de coût mais d?investissement sur lequel il y a un «retour». Un euro dépensé en prévention signifie sept ou huit épargnés en assistance d?urgence. Le coût est dérisoire par rapport au bénéfice».

Le Bangladesh est un cas d?école. Après les catastrophes naturelles des trois dernières décennies, il a réussi à réduire le nombre des victimes par la mise en place d?un système d?alerte et d?information afin de sensibiliser les populations à réagir au danger.

«On ne peut pas éviter les désastres naturels mais on peut rompre le cercle vicieux de la pauvreté qui entraîne la vulnérabilité, une aide d?urgence et le retour à la pauvreté», nous dit Chowdhury Kamal Ibne Yusuf, ministre de la gestion des questions alimentaires et des désastres du Bangladesh.

Les Etats-Unis ont insisté sur la nécessité d?une «bonne gouvernance»dans les pays sinistrés mais il faut aussi, souligne Jan Egeland, de «bons donateurs». Pour être efficace, un système de prévention des désastres nécessite d?assembler les maillons d?une chaîne : le rassemblement des données, leur interprétation, l?émission du message d?alerte mais surtout un effort pédagogique local.

LES PAYS DONATEURS

Il suppose aussi que la prévention des risques, moins spectaculaire que l?aide d?urgence, devienne une priorité des pays donateurs. «La prévention des catastrophes impose une nouvelle manière de penser», estime Klaus Tijepfer, directeur du programme environnemental des Nations unies.

Dans le cas des tsunamis, le système envisagé pour l?océan Indien a comme modèle celui existant dans le Pacifique : un réseau international formé de sous-systèmes locaux de détection des séismes et d?interprétation des données transmettant leurs données au centre de coordination de Hawaï, qui les rediffuse dans la région. Dans un premier temps, le centre d?Hawaï et l?Agence météorologique japonaise seront les chevilles ouvrières du projet pour l?océan Indien.

La localisation du centre de prévention pour cette région du monde devra être décidée au cours d?un sommet régional organisé en mars sous les auspices de l?Unesco qui, entre-temps, établira un centre d?études du projet à l?Institut de recherches météorologiques de Tsukuba au Japon. Le système d?un coût de 30 à 50 millions de dollars pourrait être mis en place d?ici un an.

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