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Acteurs Secondaires
Il y a, entre autres, deux manières de voir les choses. Ou bien les groupes sociaux marginalisés mais légitimes et utiles à la société et des ensembles économiques clandestins commencent désormais à obtenir une reconnaissance qui leur était due grâce à leur persévérance ou bien ils ne font que profiter d?une situation de faiblesse du pouvoir. Récemment, on a eu des cas qui ont spectacularisé cet état des choses.
Belle est la victoire des enfants souffrant de handicaps physiques et mentaux. Ils obtiennent enfin une reconnaissance qui leur permet de se présenter comme des citoyens à part entière de l?Etat mauricien. En promettant d?instituer la parité dans le financement à l?éducation des enfants handicapés et non handicapés, le gouvernement octroie aux premiers un droit qui leur était nié. Ces enfants font partie de toute cette classe de citoyens qui n?ont jamais figuré parmi les préoccupations des différents gouvernements. Dans certains cas, ils ont même dû subir l?opprobre d?une population inconsciente à leur sort. Une bataille a été remportée mais la guerre n?est pas terminée. Et l?assiduité avec laquelle des ONG se sont battues doit être saluée. Le gouvernement, lui, a fait un pas. Que ce soit par faiblesse ou par conviction, il doit poursuivre dans la même direction. Tout n?est qu?une question de volonté politique.
Serait-ce une faiblesse de ce pouvoir qui a permis à un oasis d?apparaître dans le désert syndical ? Profitant d?un rapport de forces qui jouait en leur faveur, certains responsables syndicaux, petits bourgeois dans les faits et meneurs dans la forme, ont, en effet, recouvré une virginité qu?ils avaient perdue. Si c?est une faiblesse du pouvoir qui est à l?origine de ce retour en force des syndicats, il ne faut pas alors se faire d?illusion. Ce n?est qu?une démonstration de force temporaire. Par contre, il faudrait davantage souhaiter que cette vigueur puisse être mise au compte d?un renouvellement idéologique des syndicats. On connaîtra assez rapidement ce qu?il en est réellement. Dans tous les cas, il n?y a que le souhait que les syndicats puissent devenir un partenaire crédible dans le dialogue social.
Les membres de « l?association taxi malere » commencent, pour leur part, à devenir un interlocuteur de l?Etat. Répondant à un besoin, les taxis marron ont fonctionné, parmi d?autres agents, au niveau de l?économie parallèle. Tolérés par les autorités, réprimandés parfois, ces chauffeurs ne profiteront pas nécessairement d?une légalisation de leur activité. Mais ils savent aussi qu?ils ne pourront pas continuer à opérer indéfiniment. Ils sont dans la même logique que les marchands ambulants. A ce jour, on ne leur a proposé que des solutions ponctuelles. Pourtant plus qu?une régularisation, c?est une normalisation globale des choses qu?il faut espérer.
On peut rallonger cette liste d?acteurs sociaux et économiques qui doivent bénéficier d?une normalisation de leurs activités. Mais il est plus judicieux de voir comment le mécanisme a pu demeurer vicié tout ce temps. Du côté des autorités, il est quelque part compréhensible qu?elles aient toléré une situation qui autrement aurait pu leur attirer des ennuis qu?elles ont sciemment esquivé. Mais au niveau de la population, il y a une forme de narcissisme collectif qui a empiré les choses.
Dans cette logique, le citoyen privé a joué à merveille le ?Ni pour, ni contre?. Lorsqu?on ne prend pas position, on ne se met personne à dos. Une situation qui permet aux traditionnels pyromanes d??uvrer dans l?ombre pour tenter d?ébranler les édifices de la paix sociale. Avec des politiques qui pratiquent une démocratie bourgeoise et une opinion publique qui s?enferme dans l?égocentrisme, ce sont ces agents sociaux qui travaillent dans l?ombre et ces acteurs économiques clandestins qui sont en train, indirectement, de prévenir un déclin culturel. De pousser à une normalisation économique. Comme quoi, parfois, ce sont les acteurs de second plan qui méritent la palme de la meilleure interprétation.
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