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Parker à la baguette

19 janvier 2005, 00:00

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Le faux-pas face aux Rockets digéré, San Antonio a renoué avec ses bonnes habitudes. Profitant de la visite de Wizards diminués par l’absence de Larry Hugues, les Spurs se sont en effet fendus d’une correction 101-73, Tony Parker montrant le meilleur exemple avec 23 points, 8 passes et 7 rebonds en plus d’une bonne défense sur son vis-à-vis Gilbert Arenas. La soirée de lundi soir a été d’autant plus faste pour les Texans que les Suns ont subi, eux, une quatrième défaite consécutive, cette fois 94-80 chez des Pistons de plus en plus convaincants.

En effet, Tony Parker en avait fait cet été un repère, limite une fixation. Alors que les négociations battaient leur plein quant à son futur contrat, les deux parties pinaillant pour un ou deux millions, les 66 millions de dollars exigés par le Français n’étaient pas le fruit du hasard. Le pactole décroché la saison précédente par son confrère Gilbert Arenas faisait office de valeur étalon et TP refusait de signer un contrat inférieur à celui du joueur des Wizards. Question de principe...

Pour leur premier duel de la saison, Parker a donc mis un point d’honneur à justifier, a posteriori, ces prétentions salariales. La confrontation entre les deux meneurs a ainsi confiné à la démonstration, le Tricolore récitant une partition sans faille tandis que son adversaire direct sombrait dans les grandes largeurs pour terminer notamment avec un zéro pointé aux tirs. Orphelin de Larry Hugues, blessé au pouce ce week-end face aux Suns et sur le flanc pour les six prochaines semaines, Arenas touchait le fond avec 3 points à 0 sur 12, 2 rebonds et 2 passes. Des chiffres à comparer à ses 23 points et 6 passes de moyenne depuis le début de la saison.

Beau-joueur, l’ancien Warrior ne manquait pas d’en accorder le mérite aux hôtes de la soirée. “Après un tel match, on ne peut que féliciter l’adversaire. Ils ont une rotation impressionnante et quels qu’aient été les joueurs présents sur le parquet, on n’a jamais pu mettre notre jeu en place. J’ai été obligé de forcer et rien n’a fonctionné. Pour eux, c’était tout le contraire...” expliquait l’intéressé. La réussite de Parker en a été, à cet effet, l’un des exemples les plus probants.

Confirmant une fois encore sa verve actuelle, TP en a même livré l’un de ses meilleurs matches de la saison avec 23 points à 10 sur 15 aux tirs, 8 passes et 7 rebonds et évidemment marqué quelques points supplémentaires dans la course aux étoiles. D’autant qu’il ne s’est pas contenté de ses habituelles pénétrations conclues en layups. Le Français s’est montré tout aussi consistant à l’extérieur. Seule sa maladresse aux lancer-francs – 2 sur 6 sur la ligne – a finalement entaché sa prestation. Parker savourait évidemment sa soirée : “En défense, j’ai juste essayé de rester en face de lui et offensivement, c’est toute l’équipe qui a été dans le bon rythme, ce qui aide à être performant individuellement.”

<B>Plié en cinq minutes</B>

Le chef d’orchestre en verve, ses coéquipiers se sont mis au diapason. Tim Duncan est certes resté discret avec seulement 11 points à 3 sur 9 et 11 rebonds au compteur, mais même Rasho Nesterovica a été vu à son avantage avec 8 points, 12 rebonds et 5 contres! C’est dire... Quant aux artilleurs texans, ils s’en sont donnés à cœur joie. Devin Brown a même égalé son meilleur total en carrière avec 24 points à 8 sur 13 et Brent Barry a été reçu 5 sur 5 derrière l’arc pour 17 points inscrits. De quoi expliquer le remarquable 12 sur 16 des hommes de Gregg Popovich à longue distance et leur 52% de réussite collective. De quoi expliquer également un scénario à sens unique.

Le ton de la rencontre a été donné dès les premières minutes puisque les Texans ont ouvert la soirée par un 21-2 déjà rédhibitoire. Les Spurs ont alors pu se contenter de gérer tant les hommes de la capitale fédérale ont bien été incapables de se montrer menaçant, l’écart ne redescendant ainsi jamais sous la barre des dix points. Dominés au rebond, dépassés par les évènements en défense, l’attaque de Washington s’est en effet enrayée à son tour. Alors que les hommes d’Eddie Jordan restaient sur dix matches à plus de 100 points, leur compteur allait péniblement atteindre la barre des 70 grâce au garbage-time, les Wizards affichant au final un famélique 32%. Arenas et Antawn Jamison en souffrance, seul Jarvis Hayes a vaguement été à la hauteur avec 27 points. A la fête depuis le début de saison avec le meilleur départ de la franchise depuis 25 ans, l’absence de Larry Hugues risque de peser lourd et les prochaines semaines pourraient être bien moins fructueuses...

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