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Le coup de foudre
Elle est venue, elle a vu et elle a?été conquise. Myriame Hollingsworth a quitté son village natal, Bel-Air-Rivière-Sèche, pour Rodrigues au début des années 80. Et c?est le coup de foudre. Elle s?est bien établie et est propriétaire d?un commerce.
Les valises de Myriame contenaient des ciseaux et des produits pour les cheveux quand elle a foulé le sol rodriguais pour la première fois. En effet, elle est coiffeuse depuis 1976 et tenait un salon de coiffure à Maurice. Mais elle était toujours tentée d?aller voir ailleurs. Quand elle s?est renseignée auprès des habitués de Rodrigues, elle a appris qu?il n?y avait aucun salon pour dames dans l?île.
C?est ainsi que débute l?aventure rodriguaise. ?C?était une première dans l?île. Je tenais le seul salon de la capitale.? La transition se passe sans problème, avec bien sûr, le soutien de quelques proches.
Mais Myriame ne peut mettre tous ses talents au service de la gent féminine car les femmes ne travaillent pas. ?C?était rare qu?une femme vienne pour une coupe spéciale ou pour dépenser son argent dans des produits pour cheveux, mais le salon marchait tant bien que mal.?
Le travail au salon tombe peu à peu. Myriame est une battante et ne baisse pas les bras. Elle achète des chapeaux et des paniers qu?elle place dans un coin du salon.
Ce petit commerce marche très bien et au fil des mois, le salon-boutique est bien achalandé, avec des articles de toutes sortes. ?J?avais un choix à faire. J?ai fermé le salon pour me consacrer uniquement à ma boutique.? Mais Myriame n?abandonne pas complètement la coiffure. Elle continue faire les cheveux de ses amies pour des occasions spéciales et pour ne pas perdre la main. Les accessoires sont toujours là. D?ailleurs, elle est toujours bien coiffée. Ses habits sont toujours bien assortis avec des fleurs artificielles.
Les chapeaux de paille et les produits d?artisanat placés dans le magasin, le commerce marche très bien avec la venue des touristes. La boutique n?a pas changé en termes d?espace et de décoration, sauf les articles, en plus grand nombre. Et il y a plus de clients qu?autrefois.
?Il est vrai qu?à Maurice nous gagnions plus d?argent, mais nous dépensions plus aussi, alors qu?à Rodrigues, c?est le contraire. La vie est meilleure même si nous avons moins d?argent.? Myriam ne sait pas si elle restera toujours dans l?île.Tous ses proches sont à Maurice. ?Si je dois retourner, ce ne sera pas de sitôt.? Que fera-t-elle dans son pays natal : sera-t-elle commerçante ou coiffeuse ?
C?est un choix très facile, elle ouvrira un salon pour retrouver ses anciens clients qui n?arrêtent pas, selon ses proches, de demander après elle.
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