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?Je ne suis pas pour retarder la baisse du prix du sucre?

17 janvier 2005, 00:00

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● Vous êtes conscient qu?une baisse du prix du sucre aura un impact négatif pour les pays Afrique, Caraïbes et Pacifique (ACP). Le bloc réclame des programmes et des fonds d?ajustement. Qu?en pensez-vous ?

La baisse porte sur le prix garanti du sucre. Actuellement, l?Union européenne (UE) finance les importations de cette denrée au triple du prix sur le marché mondial. Ce sont des subventions artificielles. Elles permettent aux agriculteurs d?assurer un minimum de parité. Dans le même temps, ces subventions aident les pays en développement, producteurs de sucre. L?aide a souvent permis que ces pays développent une dynamique économique dans le secteur sucre, en amont et en aval.

Aujourd?hui, l?Organisation mondiale du commerce (OMC) nous oblige à revoir cette politique. Nous continuerons donc à offrir un prix garanti, ne représentant que le double du prix mondial. Le manque à gagner est évident tant pour les producteurs européens que pour le groupe ACP.

Il est exclu que j?accepte que l?UE entre dans la voie de la compensation pour nos pays partenaires. Par contre, nous avons une enveloppe relativement importante pour accompagner et amortir les effets négatifs de cette baisse. Un plan d?action sera proposé : souple, ouvert pour permettre aux Etats partenaires de décliner leurs propres réponses et ripostes économique et sociale. En somme, nous voulons accompagner efficacement et utilement ces mesures, qui entrent en vigueur en 2006.

● Qu?est-ce que l?UE propose dans ce document ?

Le plan d?action est assez large. Il préconise la diversification, le développement d?activités en amont et en aval, des projets complémentaires, la recherche, la valeur ajoutée des produits sucriers, l?énergie et le carburant (éthanol).

Nous avons délibérément établi un cadre d?accompagnement large pour être adaptable aux spécificités de différents pays. Le but étant que, pour un pays donné, la stratégie d?adaptation soit une approche intégrante. Nous encourageons les pays à combiner les efforts de renforcement de leurs secteurs économiques (sucre ou autre alternative) et les mesures pour mitiger les conséquences sociales.

Maurice s?intègre plus facilement que d?autres dans ce cadre d?accompagnement, dans la mesure où le pays a déjà entamé sa réforme. Le pays est bien placé pour réussir.

● La réduction du prix garanti est étendue sur deux ans, un laps de temps insuffisant pour les ACP. Une période plus longue ne serait-elle pas plus convenable ?

C?est au Conseil européen de décider si la baisse débute en 2006 ou 2008. Je ne suis pas de ceux qui croient que retarder la mise en ?uvre serait bénéfique aux pays concernés. Au plus vite ils intègrent les effets de cette réforme, profitent des moyens d?accompagnement de l?UE, le mieux ce sera. C?est de l?argent qui sera bien placé. Le calendrier, c?est 2006.

J?attends que le conseil décide. A sa demande, je lui donnerai mon avis. S?il y a vraiment des raisons pour retarder, je suis ouvert. Et je ne suis pas contre.

● Quel est le montant destiné à mettre en ?uvre le plan ?

Nous nous attelons à estimer les effets de la réforme pour les pays concernés et les agriculteurs européens. Le soutien aux pays du Protocole sucre correspond aux besoins avancés par ces Etats dans le cadre de la réforme.

Au-delà des mesures commerciales, nous proposerons une assistance à ces pays, dont l?utilisation devrait couvrir un large éventail de besoins, qu?ils devront définir eux-mêmes. Il n?y pas a pas d?intérêt à subdiviser le soutien de la commission en plusieurs programmes. La commission a prévu un budget significatif pour ces mesures, dans le cadre des perspectives financières de la communauté pour 2007-2013.

● Pourquoi avez-vous conclu que Maurice est un ?bon élève?, à l?issu de la réunion avec le gouvernement et les partenaires de l?industrie sucrière ?

Le pays est stable, disposant une bonne démocratie, jouant un rôle dans la stabilisation régionale, notamment aux Comores et au Zimbabwe. Très volontariste, Maurice respecte ses engagements, en faisant bon usage des moyens mis à sa disposition par l?Union européenne. Il y a eu beaucoup d?investissements dans l?éducation. Sur le plan sucre, Maurice a su prendre courageusement en main les difficultés de l?industrie.

Vous regardez l?avenir dans les yeux et non dans le rétroviseur. Dans les années à venir, le pays atteindrait un taux de croissance surprenant, étant donné cette politique. Vous pourrez espérer un taux de 7 à 8 %. Socialement, le développement sera très fort.

● L?UE est quand même divisée sur la mise en pratique de la réforme. Quels sont vos commentaires ?

Nous sommes obligés d?aller de l?avant, si l?UE ne veut pas être sanctionnée. Et je crois qu?elle ne peut se permettre d?être condamnée par l?OMC.

Maurice s?intègre plus facilement (...) dans ce cadre d?accompagnement, dans la mesure où le pays a déjà entamé sa réforme.

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