Publicité

Le raz-de-marée risque de bouleverser le tourisme

29 décembre 2004, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Le séisme sous-marin de dimanche pourrait apporter son lot de soucis aux voyagistes et compagnies aériennes en bouleversant les données et les prévisions pour l?Asie du Sud-Est et même ailleurs. Alors que la conjoncture s?améliorait en termes d?arrivées touristiques avec la fin de l?épisode Sras, l?Asie du Sud-Est se retrouve avec une catastrophe d?envergure sans précédent à gérer. Non seulement la reprise est compromise, mais les perspectives à moyen et long termes sont plus que jamais marquées par le doute. En effet, les divers acteurs du secteur sont en droit de se demander si les voyageurs tiendront davantage compte des risques de calamité naturelle avant de choisir leurs destinations. Ou s?il y aura une redistribution du trafic à l?échelle mondiale au profit des endroits jugés moins à risque ?

Les observateurs affichent toutefois une certaine prudence avant de prédire des tendances. Ils se basent pour cela sur des événements précédents. ?Il est aujourd?hui impossible de prédire si la zone Asie va de nouveau être désertée par les touristes?, expliquait à l?agence de presse Reuters hier une analyste basée à Paris.

Il n?en demeure pas moins que les conséquences de la catastrophe pour les industries touristiques nationales seront tout aussi difficiles à gérer que la crise elle-même. Il faut rétablir les infrastructures, mais surtout faire oublier le cauchemar. Pour l?immédiat, les hôteliers qui opèrent dans la région chiffrent les pertes encourues ? en termes de dégâts et d?annulations de réservations.

Malgré l?ampleur du drame, certaines multinationales de l?hôtellerie qui sont présentes dans la zone sinistrée ne seraient pas très touchées sur le plan financier. Le Club Méditerranée, qui possède trois villages dans les zones affectées, a indiqué dès lundi que ses assurances couvraient tant les dommages matériels que la perte d?exploitation résultant de la fermeture des sites. Il y a aussi le fait que les hôtels de la région sont souvent liés à des groupes internationaux par des contrats de management et ne sont pas détenus en pleine propriété. C?est le cas du groupe Accor engagé tant dans l?hôtellerie tout en assumant des activités de tour-opérateur en Asie du Sud-Est.

Alors que le nombre de victimes s?alourdit (Reuters évoquait plus de 36 900 hier après-midi), l?on dénombre de plus en plus de touristes ayant péri dans les vagues meurtrières. Car c?est la pleine saison touristique en Thaïlande, en Malaisie, au Sri Lanka et aux Maldives. Les stations balnéaires ont été parmi les sites les plus touchés. Selon Reuters, 200 touristes ont été tués au Sri Lanka, alors qu?environ un tiers des victimes en Thaïlande sont des vacanciers. La radio publique de Suède annonçait que plus de 1 600 vacanciers suédois qui s?étaient rendus dans le Sud-Est asiatique étaient portés manquants.

L?industrie touristique est une activité importante de l?Asie du Sud-Est. Plus de 19 millions de personnes (8,1 % de l?emploi total de la région) y sont employées. Les experts chiffrent les revenus générés par l?activité en 2004 à $103,8 milliards, soit 7,4 % du produit intérieur brut (PIB) total de la zone. Aux Maldives, le tourisme est de loin le principal contributeur à l?économie nationale. Le secteur représente 75 % du PIB et emploie près de 10 % de la main-d??uvre locale.

Publicité