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Un sprinteur des mers ?made in Mauritius?

29 décembre 2004, 00:00

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Est-ce un bolide, un sous-marin ou un bateau ? Cet engin longiligne, qui est né de la persévérance et de l?inventivité d?un Mauricien, Réginald de Baritault, s?appelle en fait un Wave Piercer et rassemble les atouts des trois objets cités ci-dessus pour passer à travers les vagues au lieu de les percuter. Deux entreprises mauriciennes, Diogène Marine et Taylor Smith, espèrent que ce bateau révolutionnaire se vendra dans le monde entier et ?contribuera à positionner Maurice sur la carte des chantiers navals de la région?. À en juger par les réactions suscitées dans des boat shows internationaux par un prototype de 6 mètres 50, ils sont sur la bonne voie. La construction du premier Wave Piercer, un modèle de 22 mètres, débutera à Maurice à la mi-février et prendra fin un an après.

Ce trimaran d?avant-garde atteindra les 35 n?uds, soit environ 65 kilomètres par heure dans des creux de trois à quatre mètres. Du jamais-vu dans le monde naval ! Pour accomplir un tel miracle, l?équipe de Réginald de Baritault utilisera des mélanges de matériaux utilisés dans l?aéronautique, tels que la fibre de verre, le carbone et le kevlar. ?Il y aura un transfert technologique entre le pays d?origine de cette science, la Nouvelle-Zélande et Maurice?, souligne de Baritault.

En sus de cet échange technologique, les deux professeurs néo-zélandais de construction navale, qui ont été chargés de bâtir le premier Wave Piercer, formeront les 15 à 20 Mauriciens qui travailleront sur le projet. Réginald de Baritault a même l?intention de mettre sur pied une école de formation au niveau du chantier naval.

Le ?projet presque fou de Réginald de Baritault?, comme le décrit le Chief Executive Officer (CEO) de Taylor Smith, Colin Taylor, débute il y a huit ans quand ce passionné de mer s?est mis à chercher un bateau rapide et confortable pour relier Maurice à la Réunion ? Selon les armateurs, en raison de la météo, une telle barque n?est pas faisable.

Après des années de réponses négatives, Réginald de Baritault approche un consultant britannique, Dag Pike, un designer néo-zélandais, Craig Loomes, et un ingénieur naval, André Moltschaniwskyj. Son idée leur plaît, et ils passent à la planche de dessin. Le père du Wave Piercer a attendu encore cinq ans pour trouver les fonds nécessaires à son prototype. Finalement, en 2002, son rêve devient réalité. Réginald de Baritault pense aujourd?hui que le Wave Piercer fera bonne figure dans le domaine des bateaux de plaisance.

<B>Relier New York</B>

Entre-temps, le gouvernement lui a alloué un terrain ?immense? près de Vieux-Grand-Port où il a l?intention de construire des barques de plus de 35 mètres de long car le hangar de Taylor-Smith ne pourra pas les accommoder. Les locaux devront être prêts d?ici 2007.

Le prochain ?pari fou? de Réginald de Baritault sera une course qui reliera New York à l?Angleterre et où participera un Wave Piercer de 38 mètres. Il pense que cela servira ?à prouver le concept globalement? et à promouvoir Maurice. ?Imaginez les départs de New York avec des gâteaux piments et du séga !? s?enthousiasme-t-il.

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