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Marchands de rue après la foire, le bazar
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Marchands de rue après la foire, le bazar
Ils exercent leur métier dans la rue, mais ils ne semblent pas particulièrement se soucier de préserver la salubrité de leur lieu de travail? Les marchands ambulants de la capitale se démarquent, cette année encore, par leur manque total de considération pour l?environnement. Les alentours de la gare Victoria, où opèrent une centaine d?entre eux en témoignent. Le lieu offre un triste visage, et les autorités ne semblent avoir du mal à trouver une solution rapide à ce problème qui prend, chaque année, un peu plus d?ampleur. Visite guidée d?un lendemain de fête?
Le soleil ne s?est levé que depuis trois heures. Les marchands ambulants transportant, qui des boîtes en carton, qui d?imposants paquets, convergent vers les étals. Ils rivalisent d?imagination pour la construction desdits étals. Car ?installations? serait un terme plus approprié pour ces planches de bois, posées en dangereux équilibre sur des socles de fer. Le tout fixé par quelques clous et des cordages qui menacent de céder à tout instant.
D?autres ont ramené de vieux lits en métal rouillé sur lesquels seront exposées les marchandises les plus variées. Et tout autour, jonchant le sol et exhalant une odeur nauséabonde, des détritus de toutes sortes. Des piétons, des Mauriciens pour la plupart, forcés d?emprunter cet itinéraire, détournent le regard pour ne pas avoir à poser les yeux sur ce capharnaüm. ?C?est une véritable honte que rien ne soit entrepris pour enlever ces étals. C?est un véritable dépotoir?, s?indigne un passant.
Soucieux uniquement de mener à bien leur petit commerce, les marchands de rue ne se gênent aucunement pour obstruer les entrées des bâtiments devant lesquels ils se sont installés. Ils jettent, pêle-mêle, des emballages usagés, des planches de bois ou des feuilles de tôle. Et tant pis si cela représente ainsi un danger potentiel pour le client. C?est au piéton de prendre ses précautions lorsqu?il circule entre ces installations !
Obstuctions
Un peu plus loin, la barrière érigée par les autorités pour dissimuler les étals de l?autoroute a vite montré ses limites. Des vendeurs de fruits et légumes ont trouvé là un emplacement idéal pour vaquer à leurs occupations tout en s?adossant à la palissade. Disposant leurs produits à même le sol, ces derniers hèlent les passants. Ce faisant, ils obstruent davantage l?étroit passage menant à l?arrêt d?autobus. Et pour corser le tout, des revendeurs de porcelaine n?ont pas trouvé mieux que d?entreposer une dizaine de boîtes en carton, bloquant ainsi totalement la voie. Les réprimandes des passants n?y feront rien. Ils se heurtent en effet à une indifférence totale.
Et si vous avez un petit creux, mieux vaut éviter d?acheter les aliments que proposent certains commerçants aux étals plus que douteux. Chiens et chats errants y trouvent refuge pendant la nuit et laissent, au petit matin, des matières fécales qui ne peuvent échapper aux yeux des consommateurs. Les produits frais, comme le poisson, sont aussi laissés à l?air libre, à la merci du soleil, des mouches et des bactéries. Ce manque flagrant d?hygiène et de civisme prend des proportions plus que préoccupantes qui devraient inciter les autorités concernées à sortir de leur léthargie et à prendre des mesures appropriées au plus vite.
REACTION
<B>Rajesh Bhagwan : ?Ils gagnent honnêtement leur vie?</B>
■ Les marchands opérant à la gare Victoria, ?font partie du secteur informel de l?emploi et gagnent leur vie honnêtement.? Ainsi s?exprime Rajesh Bhagwan, ministre de l?Environnement. Et d?ajouter qu?ils sont reconnus par le gouvernement. Selon le ministère de l?Environnement, la ?Street Vendors Association? ainsi que le secteur privé travaillent sur un projet de Rs 30 millions pour réhabiliter les alentours de la gare Victoria. ?Notre objectif est d?éliminer cet ?eyesore? et de rendre l?entrée de Port-Louis plus agréable?, assure Rajesh Bhagwan. Commentant la construction de la barrière, qui cache les marchands de la vue des automobilistes circulant sur l?autoroute, le ministre de l?Environnement affirme qu?elle a été érigée avec l?accord des marchands ambulants. ?Nous n?avons pas bâti cette barrière pour cacher la misère, mais pour protéger ces commerçants de la pollution et du vent?, laisse-t-il entendre.
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