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Le raz de bol
Port-Louis ne revêt pas, en cette fin d?année, les habits de fête auxquels on est en droit de s?attendre. Etals à tous les coins de rue, ordures et autres immondices qui jonchent le sol : la capitale se distingue, une fois de plus, par son insalubrité extrême.
Circuler à pied dans les rues de la capitale ressemble au parcours du combattant. Les marchands de rue, non contents d?accaparer la voie publique, déversent aussi tous leurs déchets dans les drains d?évacuation. Certains de ces conduits rappellent une fosse à purin, tant l?odeur est nauséabonde. Les services de voirie se disent dépassés. Ils ne peuvent même pas accéder à certains axes de la capitale, complètement obstrués par les étalages qui, en outre, menacent de s?effondrer à tout moment.
Une fois encore, il est plus aisé pour les autorités de dissimuler les installations tiers-mondistes des marchands de rue opérant à la gare Victoria derrière une haute barrière en tôle. L?objectif étant d?épargner cette vue pitoyable aux délégués à la conférence des Nations unies le mois prochain. Ces derniers admireront désormais une clôture vert tendre sur plusieurs centaines de mètres.
On se souviendra d?une initiative similaire l?année dernière, peu avant le coup d?envoi des Jeux des îles de l?océan Indien. Des habitations, situées à hauteur de l?arrêt d?autobus de Grande-Rivière-Nord-Ouest, avaient été dissimulées, durant les Jeux, derrière une barrière similaire.
La capitale n?est cependant pas la seule ville dans cet état. Les mairies ne s?indignent pas outre mesure de cette situation déplorable. Elles semblent désarmées devant le nombre croissant de marchands des rues. A l?instar de Vacoas, où les immondices, accumulées depuis des semaines, jonchent le sol en face du marché. Tous, y compris les autorités concernées, préfèrent sans doute détourner le regard, histoire de ne pas avoir à s?en occuper.
De nombreux citadins et, d?une manière générale les piétons, demandent des actions concrètes pour remédier à cette situation qui n?a que trop duré. Il ne suffit pas de cacher la misère de certains Mauriciens, encore faut-il que des efforts soient faits de part et d?autres pour trouver des solutions adéquates. L?une d?entre elles serait sans doute d?éviter de balancer ses ordures n?importe où?
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