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Une taxe chinoise sur les exportations
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Une taxe chinoise sur les exportations
Critiquée de toutes parts pour sa force de frappe dans l?exportation de textile et de vêtements à l?approche de la levée des quotas textiles au 1er janvier 2005, la Chine fait mine de calmer le jeu.
C?est le sens des déclarations faites par le porte-parole du ministère du Commerce chinois : parmi les huit mesures annoncées pour faciliter le passage à l?ère du zéro quota, figure l?imposition d?une taxe à l?exportation que le gouvernement veut mettre en place de manière volontaire.
Comme souvent en Chine, les décisions de ce type sont annoncées à la dernière minute. Même si la majorité des exportateurs disent avoir enregistré des commandes en hausse ces derniers mois et retardé leurs livraisons en prévision de 2005, l?attentisme reste de mise.
Favoriser une production à plus forte valeur ajoutée
En outre, la perspective de voir les états-Unis recourir à des mesures tarifaires de sauvegarde est toujours d?actualité. « Il y a eu aussi une rumeur comme quoi les pays occidentaux allaient imposer des normes de qualité comme SA8000. Cela coûte des centaines de milliers de dollars pour l?obtenir. Déjà sont apparus des intermédiaires qui proposent leur expertise pour passer la norme. Mais, finalement, c?était une fausse alerte », affirme Sherry Zhong, directrice d?une société d?import-export de Pudong à Shanghaï.
Les fonctionnaires chinois n?ont donné aucune indication sur la modalité de la nouvelle taxe, son montant, ni sur quel produit elle porterait. En principe, elle devrait être calculée sur le volume et non la valeur des produits exportés ? afin de favoriser une production à plus forte valeur ajoutée.
Jusqu?au 1er janvier, le régime des quotas se traduit en Chine par un surcoût pour les exportateurs chinois, qui doivent payer à des agents spécialisés un supplément par pièce exportée. Celui-ci fluctue selon la demande et la saison, mais il gonfle en moyenne le prix des articles de 10 % à 20 %.
C?était le cas pour les pulls, les chemises et les pantalons. Aussi, pour le bas de gamme, nombre de ces articles étaient fabriqués dans des pays libres de quotas mais aussi souvent de droits de douane. La levée des quotas laisse ainsi prévoir un transfert massif de la production en Chine pour le moyen-haut de gamme.
Les autres mesures annoncées par le gouvernement chinois portent sur l?amélioration de l?autodiscipline dans le secteur de l?information, autour des exportations, mais aussi des investissements. Les grandes entreprises d?État d?import-export ont récemment annoncé la création de bureaux à l?étranger afin d?être plus près des centres de décision.
Une concurrence impitoyable
Dans l?habillement, ce sont les petites sociétés du secteur privé, le plus souvent associées avec des étrangers, qui ont connu la plus forte croissance en Chine ces dernières années. En raison de la concurrence impitoyable, nombre d?usines cherchent à faire du volume en dépit de la rentabilité.
Les acheteurs occidentaux, qui agissent de moins en moins en direct, mais par l?intermédiaire d?agents basés sur place, chargés du suivi des commandes et du contrôle qualité, sont en position de force face aux entreprises chinoises. Pour faire la différence, les usines investissent plus dans le développement, afin de pouvoir proposer différentes options à leurs clients. « On ne peut plus se contenter de prendre les commandes, on doit être réactifs et il faut faire très vite de bons échantillons, sans quoi on perd la commande », dit la responsable d?une usine de Shanghaï à capitaux hongkongais.
2 004 Le Monde ? Brice Pedroletti Distribué par The New York Times Syndicate
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