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Genèse d?une fraude massive

19 décembre 2004, 00:00

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«La question qui nous préoccupe, n?est pas de savoir qui pourrait être à l?origine d?une si importante fraude au conseil des districts de Grand-Port-Savanne mais comment cette pratique a pu durer longtemps sans être démasquée ». Cet employé du conseil des districts de Grand-Port-Savanne, qui a exigé l?anonymat, résume parfaitement la situation qui prévaut après la mise à jour de cette importante fraude qui s?est déroulée depuis de nombreuses années. Un premier constat indique que la somme disparue entre juillet et novembre avoisine les Rs 1,7 million.

Cette découverte s?est faite de façon anodine. C?est en examinant la fiche de paie des employés prévue pour le 26 novembre que l?auditeur Satish Rhugooputh, qui depuis quelque temps assume la fonction le trésorier par intérim, découvre que des chèques ont déjà été échangés deux jours plus tôt. Ce fait inhabituel attire son attention. Ces chèques ne sont échangés que le jour de la paie, c?est-à-dire, le 26 novembre.

Un système de détournement de fonds est mis au jour. L?équipe vérifie toutes les transactions financières depuis juillet et c?est alors que l?on détecte le détournement de Rs 1,7 million entre juillet et novembre. Ce détournement concerne non seulement le paiement des salaires mais aussi le règlement des autres transactions financières.

Satish Rhugooputh découvre que c?est une pratique courante et veut comprendre comment ces chèques ont pu être échangés. Le processus est très simple : les chèques ne sont pas barrés. Selon les procédures bancaires, pour encaisser un chèque non barré, il suffit au porteur de présenter sa carte d?identité et d?apposer sa signature au dos du chèque. Dans les cas en question, les chèques ont tous été signés. Le numéro de la carte d?identité du bénéficiaire dont le nom paraît sur le chèque est écrit au verso du chèque.

Pas à sa première découverte

Il faut dire que Satish Rhugooputh n?en est pas à sa première découverte. C?est lui qui aurait été à l?origine de la découverte d?un trou de Rs 5 millions du Reserve Fund du conseil du Sud en juin 2003. Au fait, il n?y avait pas eu de fraude. L?argent avait été dûment dépensé mais cette dépense n?avait pas été consignée.

Après analyse, l?existence d?une fraude est officiellement confirmée. Le trésorier donne l?alerte à son supérieur, le Chief Executive et la Local Government Service Commission est informée. La responsabilité de toute cette fraude alléguée est attribuée à l?officier qui prépare les chèques et celui-ci est temporairement suspendu de sa fonction. Une déposition est consignée à la police de Rose-Belle.

Parmi les premiers à être interrogés : les employés au nom desquels les chèques ont été tirés. Un specimen de leur signature leur est demandé. Après interrogatoire, ils sont autorisés à s?en allermais ne sont pas pour autant sereins. Ils affirment être étrangers à cette pratique et indiquent qu?ils n?ont rien touché. « Ils craignent d?être accusés de complicité avec le cerveau de cette affaire et d?avoir touché une partie de cet argent. »

La tâche de la police ne s?annonce pas aisée. L?officier suspendu est-il le seul responsable ? Y a-t-il des complices ? Si oui, qui sont-ils ? Si non, comment une seule personne a-t-elle pu commettre un tel délit sans soulever le soupçon?

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