Publicité
Le redoutable « gramoxone » est de retour
Par
Partager cet article
Le redoutable « gramoxone » est de retour
Le gramoxone est de retour. Du moins en principe puisque les décideurs politiques l?ont annoncé haut et fort récemment.
Le Dangerous Drugs Board, nouvellement créé, se réunira pour la deuxième fois cette semaine. Un des items à l?agenda sera précisément la réintroduction du puissant désherbant.
Le paraquat, longtemps commercialisé à Maurice sous le nom commercial de gramoxone, a été banni du marché il y a trois ans. Il s?agit d?un poison « sûr » puisqu?il entraîne une mort certaine. De plus, à moins d?être complètement interdit, il est facilement accessible.
Un produit nuisible à l?environnement
Mais la dangerosité du paraquat ne se résume pas au fait qu?il ait été la substance utilisée dans beaucoup de cas de suicide. Cet herbicide représente un danger sérieux pour ceux qui entrent en contact avec lui. Il empoisonne à l?ingestion, à l?inspiration ou au contact avec la peau. Avec le temps, la personne développe des complications au foie, aux reins, au c?ur et aux poumons. L?empoisonnement peut aussi provoquer un rétrécissement de l??sophage et même le cancer de la peau. à ce jour, il n?existe aucun antidote pour inverser les effets secondaires du paraquat.
Ce produit est également très nuisible à l?environnement puisqu?il ne se dégrade pas facilement. Ses résidus peuvent s?accumuler dans le sol pendant 13 ans !
Pour toutes ses raisons, le paraquat est interdit en Europe et aux états-Unis. En revanche, il continue à être largement utilisé en Asie et en Amérique centrale. Maurice importe beaucoup ces produits chimiques d?Asie qui pratique des prix plus avantageux.
Après son interdiction sur le marché local, plusieurs désherbants alternatifs, moins dangereux du point de vue de la santé et de l?environnement ont été introduits avec succès sur le marché. Cependant, la communauté d?agriculteurs, plutôt conservatrice, continue à réclamer le paraquat. Les autorités ont capitulé.
La réintroduction du paraquat expose le pays à un autre danger : celui des produits génériques. Cette substance est actuellement commercialisée sous une bonne quarantaine de marques à travers le monde. Or, font remarquer les chimistes, un produit générique tend souvent à avoir des effets secondaires insoupçonnés.
Le marché des produits agrochimiques est dominé par les herbicides. L?industrie sucrière en est une grosse consommatrice. Cependant, ce marché se rétrécit. L?Institut de recherche de l?industrie sucrière encourage davantage une gestion intégrée des champs qui vise à minimiser la dépendance sur les produits chimiques. Par exemple, le recours au paillis, non seulement pour retenir l?humidité du sol mais aussi pour étouffer les mauvaises herbes, peut être envisagé.
Publicité
Publicité
Les plus récents